Analyse spectrale des corps célestes
MÉTÉOrilTES.
aucun signe d’absorption lunaire. On doit donc conclure que notre satellite ne possède pas d’atmosphère.
En résumé, la constitution des diverses parties de l’univers physique, autant que nous pouvons en juger dès à présent, n’est pas aussi variée qu’on aurait pu le croire à priori : elle tend à reproduire un même plan général sur des échelles différentes. Certes les nébuleuses et notre globe, diffèrent beaucoup sous le rapport de la constitution, et pourtant nous avons la preuve que de mêmes forces s’y exercent et qu’un certain nombre d’éléments leur sont communs. Les étoiles, ou du moins les plus brillantes, offrent avec le Soleil, malgré l'énorme distance qui les en sépare, des traits de ressemblance tels qu’il est bien probable qu’elles ont une constitution tout à fait analogue à la sienne. De même les nébuleuses irrésolubles sont formées de gaz fort analogues à ceux qui constituent les comètes et les éloiles filantes, gaz qui font aussi partie de notre planète, ne serait-ce que pour y avoir été apportés par ces derniers météores.
Cette unité de constitution dispose l’esprit à les regarder comme issus d’une même origine. Voyons si l’étude des phénomènes qu’ils présentent fortifiera ou infirmera cette première conclusion.
Les phénomènes dont les astres ont été, ou dont ils continuent d’être le théâtre, n’ont pu être étudiés encore que d’une manière très incomplète. Dans la plupart des cas, nous ne voyons en effet des corps célestes que la partie la plus extérieure. Par conséquent, les forces qui s’exercent dans ces corps ne nous donnent prise sur elles que par un petit nombre de leurs manifestations. Cependant, et par exception, les météorites nous procurent des renseignements sur des régions habituellement cachées à nos regards ; de sorte qu’en somme, malgré la nouveauté de ces études, l’ensemble des faits acquis présente déjà beaucoup d’intérêt.
Parmi les actions géologiques, la plus manifeste sur les astres est due à un foyer de chaleur situé dans les profondeurs de ces astres. Cette chaleur interne a produit des éruptions, des soulèvements, des actions métamorphiques qu’on peut étudier en divers points de l’espace céleste ; et comme on observe en ces localités différentes des effets inégalement avancés de son action, la comparaison entre ces effets permettra sans doute de déterminer plus tard, avec beaucoup de précision, les lois qui en régissent la cause.
Les phénomènes éruptifs s’observent de toutes parts ; mais e’est sur le Soleil qu’ils ont le plus de développement, et tout le monde connaît les belles études dont ils ont été récemment l'objet de la part de MM. Janssen*, Lockyer®, lîespighi’, Secchi*, Zollner», etc. Le résultat capital de ces recherches est que les protubérances, c’està-dire ces singuliers appendices lumineux observés pendant les dernières éclipses totales, et sur la nature desquels on ne savait absolument rien, sont de tumultueuses éruptions de substances, violemment expulsées par les régions profondes de l’astre. On dirait une matière gazeuse, lancée verticalement dans un espace
1. Comptes rendus, t. LXVIII, p. 93, 181. 245. 512. 514. 713 et 715.