‹ Encyclopédie chimique. Tome II.- Métalloïdes. 2e appendiceChapitre 232 sur 280 · Ibid., t. LXIV, p · texte numérisé non relu

Ibid., t. LXIV, p

pluies d’astéroïdes de novembre se meut autour de la Terre dans le sens inverse (lu mouvement des planètes, qui iftarclient, comme on sait, d’Occident en Orient. Cette matière est donc douée d’un mouvement rétrograde.

Or les corps célestes de notre système étant tous animés de mouvements directs, il y a lieu de penser que la substance des étoiles filantes de novembre est étrangère à ce système et est venue du dehors. Ainsi, nous connaissons les comètes dont le mouvement est rétrograde, mais nous savons qu’elles viennent de points excessivement éloignés dans l’espace.

Ceci posé. Le Verrier est allé plus loin, et non content d’avoir reconnu que l’essaim de matière cosmique est entré dans le système solaire après la (tonstitutioii de celui-ci, il cherche encore à préciser l’époque de son introduction.

Voici par quels ingénieux raisonnements l’auteur a poursuivi la solution de cette belle question.

Aux diverses époques des apparitions constatées d’étoiles filantes, la Terre n’était pas rigoureusement à la même distance du Soleil, le rayon de l’orbite terrestre éprouvait des variations, notamment en raison de l’action de la Lune et du mouvement progressif du périhélie de la Terre. 11 en résulte que l’essaim de matière cosmique est fort large ; et comme ses particules sont imlépendante.s les unes des autres, il n’est pas douteux que leurs diverses vitesses ne tendent à le répandre peu à peu le long de l’anneau dont elles n’occupent encore qu’un nombre très limité de degrés. Pour peu donc que le phénomène fût ancien, cosmiquement parlant, l’essaim se serait complètement répandu en un anneau continu, et s’il n’en est pas ainsi, il faut que le travail de la dislocation n’ait commencé qu’il y a pou de siècles.

De plus, l’essaim n’a pu être introduit dans le système solaire et jeté dans son orbite actuelle que par une cause perturbatrice énergique, ainsi que cela a eu lieu pour les comètes périodiques, notamment pour celle de 1770. D’un autre côté, les comètes ainsi troublées jusqu’au point d’acquérir une petite distance périhélie, retournent nécessairement jusqu'à l’astre dont elles ont subi l’action ; ainsi la comète que nous venons de citer est retournée jusqu’à Jupiter.

Sous tous ces rapports on ne peut qu’être frappé de cette circonstance que l’essaim de novembre s’étend jusqu’à üranus et fort peu au delà, d’autant plus que ces orbites se coupent, à fort peu près, en un point situé, après le passage de l’essaim, à son aphélie et au-dessus du plan de l’écliptique. Nous sommes donc engagés à recherclier si üranus et l’essaim ont pu se trouver simultanément en ce point, c’està-dire dans le voisinage du nœud de l’orbite. El, sans entrer dans le détail de la démonstration de Le Verrier, nous dirons, d’après lui, que rien de pareil n’a pu avoir lieu avant l’an 126 de notre ère, et qu’au commencement de eelte année l’essaim a dû s’approcher d'Uranus. C’est donc de celte époque que daterait le phénomène de novembre.

En admettant cette manière de voir, il faut donc reconnaître en résumé que l'essaim des astéroïdes de novembre nous est venu des profondeurs de l’espace et que dans l’intervalle de chacune des périodes il retourne vers les planètes supérieures. Gela posé, M. Le Verrier montre par le calcul que, la période des retours étant de 55 ans, comme on l’a déterminé à l’aide des observations, et la distance périhélie étant de 0,989 du rayon de l’orbite terrestre, on trouve pour les éléments de l'orbite des astéroïdes de novembre :

Durée de la révolution . 55“”®, 25

Demi grand axe . 10 54

Excentricité . 0 904

Distance périhélie . 0 984

Inclinaison de l’orbite . 14“ 41'

Longitude du nœud descendant . 51 18

Sens du mouvement . rétrograde

Or, comme l’a reconnu M. Peters^ ces éléments sont très voisins de ceux delà première comète de 1866 découvei-te à Marseille par M. Tempel. En effet, les éléments de cette comète sont :

Durée de la révolution . 55”“®, 18

Demi grand axe . 10 52

Excentricité . 0 905

Distance périhélie . 0 977

Inclinaison de l’orbite . 17“ 18'

Longitude du nœud descendant . 51 26

Sens du mouvement . rétrograde

Comme on voit, la ressemblance est frappante. Faut-il en conclure à l’identité? C’est l’avis de plusieurs astronomes des plus autorisés, tels que MM. Le Verrier, Schiaparelli, Peters, John Herscliel, etc.

D’ailleurs, l’analogie que nous venons de signaler n’est pas unique. Dans le mémoire cité plus haut, M. Schiaparelli montre que l’essaim d’astéroïdes du mois d’août, dont la période est de 108 ans, est de même identique à la grande comète de 1862. 11 est très probable qu’on retrouvera des faits de même genre pour les autres essaims d’étoiles filantes.

Tout le monde sera d’accord pour reconnaître l’immense importance de ces faits. 11 en résulte, relativement à l’origine des étoiles filantes, une très grande simplification, puisque la question, au lieu de constituer un problème spécial, se confond dans celle qui a trait à l’origine des comètes.

Malheureusement pour les météorites, l’élément principal d’identification manque absolument; le phénomène ne laissant, au moins jusqu’ici, pressentir aucune périodicité dans ses manifestations.

Pour de savants physiciens, parmi lesquels il faut citer le docteur Mayer*, M. Waterston et M. William Thomson, la lumière zodiacale est due à un courant très serré de météorites, décrivant autour du Soleil soit une trajectoire rectiligne, soit une hélice qui s’arrête au moment de leur chute à la surface de l’astre.

Cette manière de voir, qui a été défendue avec le plus grand talent, ne parait pas toutefois devoir être adoptée sans une discussion complète.

Gomme le fait très justement remarquer un de nos plus savants astronomes, .M. Faye, on a négligé de soumettre cette ingénieuse hypothèse au contrôle de nos sens. Or, les données de l’observation paraissent en contradiction avec les exi-

t. Astronomischc Nachrichteii, u* 1620.

Page 1