Caille, Alpes-Maritimes
POINT DE VUE MÉTÉOROLOGiaUE PHÉNOMÈNES ACCOMPAGNANT LA CHUTE DES MÉTÉORITES.
Les météorites diffèrent essentiellement et sous plusieurs rapports des autres corps tombant de l’atmosphère. Les circonstances remarquables dont s’entoure constamment leur chute suffiraient pour les en distinguer d’une manière complète si l’on ne trouvait ailleurs, comme ou l’a vu déjà, bien d’autres caractères distinctifs.
Il est, en effet, très digne d’attention que les circonstances qui accompagnent la chute des méte'orites soient toujours les rnêmes. Nous pouvons les décrire d’une manière générale, et la description s’appliquera presque sans changement à chaque chute prise en particulier.
g 1. — Bolides.
La première phase du phénomène consiste dans l’arrivée, dans les hautes régions de l’atmosphère, d’un globe de feu ou bolide (fig. 120).
Dans certains cas, ce météore n’a pas été aperçu, mais on peut croire que sa présence était simplement dissimulée soit par l’interposition d’une couche de nuages, soit par le voisinage du soleil qui en éteignait l’éclat. Dans les conditions favorables, c’est-à-dire par de belles nuits, l’éclat des globes de feu est souvent remarquable. Ainsi, il n’est pas rare que la lumière de la Lune dans son plein soit complètement effacée par la leur. C’est, pour citer quelques exemples entre mille, ce qui a eu lieu le 24 juillet 1790 lors du bolide de Barbotan (Gers), le 19 décembre 1798 pour celui de Bénarès (Inde), le 14 mai 1864 pour celui d’Orgueil (Tarnet-Garonne), etc.
Coideur des bolides. — Loin de présenter tous rigoureusement la même couleur, les bolides varient sous ce rapport à peu près comme les étoiles filantes.
Ainsi, le bolide de Barbotan, que nous venons de citer, était d’un blanc mat et blafard; celui de Saint-Mesmin, Aube (30 mai 1866), était rougeâtre; celui d’Orgueil, déjà mentionné, d’abord rouge, passa au blanc.
Grosseur des bolides. — Divers observateurs ont estimé la grosseur des bolides et, comme il serait facile de le prévoir, ces estimations ont été très diverses, même pour un même météore.
KNGYCLOPÉDIE CHIMIQUE.
En effet, il s’agit là d’une simple apparence, dépourvue de tout point de repère et variable naturellement avec la situation d’où on l’observe.
Il y a néanmoins de l’intérêt à citer quelques évaluations extrêmes. En général,
Fig. 120. — Le bolide de Knyahinya .m moment de son entrée dans l’atmosphère.
U’après Haidinger. ,
comme pour Barbotan, le diamètre apparent du globe paraît plus grand que celti de la Lune; quelquefois cependant, comme à Weston (Connecticut), 14 déc. 1807, il ne semblait avoir que la moitié ou les deux tiers de celui de notre satellite. On en voit de beaucoup plus petits, mais d’ordinaire ils s’éteignent sans donner lieu aux phénomènes que présentent les bolides d’où dérivent les météorites.
D’ailleurs, l’éclat du météore dispose l’observateur à se faire illusion quant à sa dimension véritable, par suite du phénomène bien connu de l’irradiatiOn. Il est possible que les bolides soient en réalité beaucoup plus petits qu’ils ne paraissent, et c’est ce qui ressortira pleinement des expériences suivantes, exécutées par Lawrence Smith*.
Opérant par une belle nuit éclairée par la pleine lune qui devait servir de terme de comparaison, Smith fit choix, de trois centres lumineux très intenses, savoir : les rayons du charbon d’une lanterne électrique, le bâton de chaux de la lampe oxhydrique du Drummond et enfin l’extrémité incandescente d’un fil d’acier brûlant dans l’oxygène pur. Évaluant le diamètre de ces sources lumineuses à