Silliman’s American journal, 2' série, t. XIX, mai 18S
10 pouces de distance, il trouva que la lumière du charbon avait 5/10 de pouce celle de la chaux 4/10 de pouce et celle de l’acier 2/10 de pouce seulement.
Cela fait, il les observa d’abord à 200 yards, puis à 1/4 de mille et enfin à 1/2 mille; dans chaque cas, il en mesura le diamètre apparent.
Le charbon donna 1/2 diamètre, 3 diamètres et enfin 3 diamètres 1/2 de Lune.
La lumière Drummond, 1/3 de diamètre, 2 diamètres et encore 2 diamètres de la lune.
Enfin l’acier, 1/4 de diamètre de la Lune à 200 yards et 1 diamètre à 1/4 de mille comme à 1 /2 mille.
Or, si du diamètre apparent à 1/2 mille, par exemple, on concluait le volume, on trouverait :
Pour le charbon ; 80 pieds au lieu de 3/10 de pouce.
Pour la chaux : 50 pieds au lieu de 4/10 de pouce.
Pour l’acier : 25 pieds au lieu de 2/10 de pouce.
L’application de ces résultats à l’observation des bolides se fait d’elle-même, et le faible volume de pierre que fournit ordinairement chaque chute conduit également à faire admettre que le foyer lumineux n’est pas aussi considérable qu’il le paraît.
Trajectoire des bolides. — Les bolides ne sont pas immobiles : ils parcourent avec vitesse une très grande étendue du ciel. La trajectoire qu’ils décrivent est très peu inclinée sur l’horizon, au point de paraître même quelquefois sensiblement horizontale. C’est, entre autres, ce qui a été parfaitement constaté pour le bolide (l’Orgueil.
Cette trajectoire est du reste dirigée d’une manière très variable relativement aus points cardinaux : ainsi le bolide d’Orgueil se mouvait sensiblement du nord-ouest au sud-est; celui de Charsonville, Loiret (25 novembre 1820), du sud au nord; celui de Weston, Connecticut (14 décembre 1807), de l’est à l’ouest; celui de l’Aigle, Orne (26 avril 1803), du sud-est au nord-ouest; celui de Bénarès, Indes (19 décembre 1798), de l’ouest à l’est; celui de BarboUan, Gers (24 juillet 1790), du sud au nord, etc.; celui de Knyahinya, du nord-est au sud-ouest (fig. 121).
Vitesse des bolides. — La vitesse avec laquelle les bolides décrivent leur trajectoire a pu être mesurée dans quelques cas, et alors on a trouvé qu’elle est eu disproportion complète avec les vitesses que peuvent prendre les corps terrestres ;
En effet, tandis que
Les meilleures locomotives font . 30
Les hirondelles de . 50 à 40
L’ouragan . . 45
Les boulets de canon de . 500 à 400
on trouve que
Les bolides font de
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De pareilles vitesses sont tout à fait de l’ordre de vitesse planétaire. Rappelons
MÈTRES P.vn SECONDE
Mercure parcourl . 48 920
Vénus . 35 780
La Terre . 50 430
Mars . 24 650
Ce fait suffirait pour faire pressentir que les bolides n'ont pas une origine terrestre.
Hauteur des bolides. — On conçoit que leur hauteur ne soit pas très facile à mesurer. Cependant on y est parvenu plusieurs fois, et les résultats obtenus doivent
être pris en haute considération, puisqu’ils fourniront peut-être, en outre de renseignements sur les bolides eux-mêmes, quelques données positives sur la hauteur de notre atmosphère.
Le nombre trouvé est en moyenne égal à 65 kilomètres.
M. le colonel Laussedat a fait usage, au sujet du bolide du 14 mai 1864 (Orgueil), d’une méthode ingénieuse pour évaluer d’une manière approchée la hauteur d’un bolide*. Voici sommairement en quoi elle consiste: On sait qu’en général les directions des points de la trajectoire apparente d’un corps qui traverse rapidement l’espace sont rapportées, par les observateurs, aux constellations les plus connues ou aux planètes qui se trouvent au-dessus de l’horizon. M. Laussedat pense que la précision de ce genre de déterminatien ne dépasse guère 1 degré, surtout quand les observations sont faites à l’improviste. Cela étant, au moyen d’un globe céleste de 20 à 25 centimètres de diamètre disposé d’après la latitude du lieu et l’heure de l’observation, l’auteur détermine l’azimut et la hauteur apparente de chacun des points du ciel qui ont servi de repères. Cette opération est répétée pour les différentes stations d’où le phénomène a été observé. Les résultats en sont ensuite rapportés sur une carte géographique à grande échelle, sur laquelle les stations sont elles-mêmes marquées d’après leur longitude et d’après leur latitude. On exécute alors, sur le dessin ainsi préparé et par la méthode ordinaire des projections cotées, toutes les constructions nécessaires. Les différents problèmes relatifs au mouvement des corps dont on a obtenu la trajectoire, d’une part en projection horizontale, et d’autre part eu projection verticale par les cotes de quelques-uns de ces points, se résolvent ensuite avec ta plus grande facilité. Cette méthode, purement graphique, a encore le très grand avantage que chacun des observateurs peut, en la retournant, apprécier le degré d’exactitude de la trajectoire et indiquer, au besoin, les rectifications qu’il pourrait y avoir lieu de lui faire subir. On peut en effet déduire, inversement, du tracé de sa trajectoire sa perspective sur la sphère céleste pour une station quelconque, et reconnaître les écarts plus ou moins considérables de cette perspective comparée à celle qui a été observée.
Cette méthode a montré que le bolide d’Orgueil était, durant sa trajectoire, à des hauteurs qui ont varié de 90 kilomètres à 45 kilomètres.
I. Comptes rendus de l’Académie des sciences, t. LVIII, p. 1100-1864.
m ENCYCLOPÉDIE CHIMIQUE.
Grâce à leur éclat et à leur hauteur, les bolides sont vus eu général sur une très grande étendue de pays. Celui qui vient d’être cité a été vu de Gisors (Eure) par Adolphe Brongniart, à une distance de 600 kilomètres A De même, le bolide du 30 mai 1866, qui a éclaté dans l’Aube, arépandu sa lumière à 85 kilomètres à la ronde®.
Traînées des bolides. — En progressant à travers l’atmosphère, le globe laisse derrière lui un sillage en forme de queue qui, dans certains cas, est doué d’un éclat remarquable. Des traînées de ce genre ont présenté le curieux caractère de per-
Fig. 12‘2. — Traînée du bolide de Slavetic (Croatie), 22 niai 1868. sister pendant plusieurs minutes et même pendant un temps beaucoup plus long.
Fig. 123. — Explosion du bolide de Knyahinya. D’après llaidinger.
Ces traînées sont douées de colorations diverses et leur forme varie, non. seulc-