‹ Encyclopédie chimique. Tome II.- Métalloïdes. 2e appendiceChapitre 240 sur 280 · Comptes rendus, etc., t. LVIII, p · texte numérisé non relu

Comptes rendus, etc., t. LVIII, p

ment à chaque apparition, mais encore pendant la durée d’un même phénomène. D’ordinaire, c’est une simple queue plus ou moins allongée et grossièrement triangulaire (fîg. 120), ou globuleuse (fig. 122), mais parfois c’est une nébulosité d’une forme très compliquée.

Le bolide apparu à Boulogne-sur-Mer, le 20 juin 1866, était suivi, d’après quelques témoins, d’une bande lumineuse parsemée de nœuds plus brillants et contournés en hélice à la manière d’un gigantesque tire-bouchon.

Explosion des bolides. — Après avoir parcouru une trajectoire plus ou moins étendue, le globe fait explosion et on le voit, tout à coup, se diviser en plusieurs éclats qui se précipitent dans diverses directions (fig. 123). 11 faut souvent plusieurs minutes pour que le bruit parvienne aux spectateurs : il est alors formidable.

Si l’on réfléchit que ce bruit se produit dans des régions de l’atmosphère où l’air, extrêmement raréfié, se prête très mal à la propagation du son, on reste convaincu qu’il doit prodigieusement dépasser en intensité les divers bruits, même les plus forts, qui viennent habituellement frapper nos oreilles.

En général, l’explosion peut èlie entendue sur une grande étendue de pays. Ainsi, celle de l’Aigle a retenti à plus de 120 kilomètres, celle de Saint-Mesmin à plus de 8a kilomètres, celle d’Orgueil à plus de 560, etc.

11 est bien rare que l’explosion soit simple ; en général, elle se compose d’un nombre plus ou moins grand de détonations qui font penser à des décharges successives de batteries d’artillerie. Le nombre trois se reproduit d’une manière très remarquable. 11 fut entre autres constaté lors des bolides de Gharsonville (23 novembre 1820), de Saint-Mesmin (30 mai 1866), d’Orgueil (14 mai 1864), etc.

Ces détonations sont habituellement accompagnées ou suivies d’un roulement simulant un feu de peloton parfois très prolongé et qui subit des renforcements et des affaiblissements successifs. Ce roulement a été souvent comparé à celui d’une voiture pesamment chargée.

Cause de l'incandescence et du bruit des bolides. — A première vue, il est évident que la cause des diverses manifestations lumineuses et sonores des bolides réside dans réchauffement qu’ils subissent en pénétrant dans l’air avec la formidable vitesse que nous connaissons. Tout d’abord, on pensa que cet échauffeinent était dû à leur frottement contre l’air. Mais l’explication fut bientôt abandonnée. Régnault*, et à sa suite M. Govi, de Turin ont en effet montré que le frottement des gaz contre les bolides, même dans les conditions les plus favorables, ne développe pas de chaleur sensible.

Delaunay^ adopta l’idée déjà émise par Haidinger*, que réchauffement résulte de la compression que le bolide fait subir aux particules d’air et, suivant cette idée, il donna de toutes les circonstances du phénomène une interprétation très

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