‹ Encyclopédie chimique. Tome II.- Métalloïdes. 2e appendiceChapitre 241 sur 280 · Comptes rendus, t. LXI, p · texte numérisé non relu

Comptes rendus, t. LXI, p

4. Sitiungsbericht der AUademie der Wissenschaften z-u [Vieil, t. L\Iir, 8 oct. 1869.

ENCYCLOPÉDIE CHIMIQUE, satisfaisante. Fidèles aux idées de Mayer ‘ et de Joule divers savants attribuent l’incandescence des bolides à la destruction de leur force vive au moment où ils traversent l’air. Toutefois il ne faut pas appliquer trop rapidement le calcul à des questions aussi compliquées : il conduit à des conséquences évidemment erronées. C’est ainsi que relativement au bolide d’Orvinio, M. Ferrari arrive à trouver que la destruction de sa force vive a dû développer une température égale à 1 936 951 centigrades! Or, si telle était en effet l’origine de la température développée, celleci devrait se produiie également dans toute la masse du corps cosmique et la matière des météorites, extraordinairement sensible, comme on l’a vu, à l’action de la chaleur, conserverait nécessairement les traces de cet énorme échauffement. L’étude directe des météorites nous a montré, au contraire, que réchauffement subi dans l’air est exclusivement superficiel ; ceci dit, sans chercher pour le moment comment le fait peut se concilier avec la théorie mécanique de la chaleur.

C’est à réchauffement atmosphérique qu’il faut reporter la production de l'écorce noire qui recouvre les météorites, et les faits dont l’ensemble constitue lej)/e7amorphisme météoritique'^ paraissent susceptibles, entre autres applications, de jeter quelque lumière sur ce sujet. La constance de cette croûte rend particulièrement intéressante l’étude de ses caractères d’où l’on peut espérer de tirer des données positives quant à la partie météorologique du phénomène de la chute des pierres.

Pour le moment, je n’ai absolument en vue que les pierres grises susceptibles de métamorphisme, c’est-à-dire celles qui se rangent dans les types désignés sous les noms d’aumalite, de chantonnite, de lucéite, de montréjite, etc. La plupart des échantillons que j’ai étudiés proviennent de la chute si abondante de Pultusk en Pologne (50 janvier 1868), et sont constitués par la chantonnite. D’autres types de pierres présentent également une croûte noire, plus ou moins analogue à celle qui m’a occupé, mais j’en fais ici complètement abstraction.

Mes expériences, dont il suffira de donner un très rapide résumé, sont les unes analytiques et les autres synthétiques.

En premier lieu, j'ai isolé une petite quantité de la croûte noire de Pultujk pour chercher à déterminer sa composition immédiate qualitative. Plusieurs essais, parfaitenient concordants quoique portant sur des points d’aspect un peu différent, y ont démontré l’existence de grenailles métalliques, de péridot, de pyroxène et d’une matière colorante noire attaquable. Sa densité est tout à fait comparable à celle de l’intérieur de la pierre (3,57). En un mot, cette croûte présente la composition et les caractères physiques de la tadjérite, c’est-à-dire de la roche métamorphique tombée en 1867 aux environs de Sétif, en Algérie.

Cette même écorce noire, soumise à l’examen microscopique, loin d’être vitreuse, s’est montrée cristalline, au même degré que la chantonnite qu’elle recouvre et que la tadjérite qu’elle reproduit. Dans quelques points on trouve des filaments vitrifiés extrêmement déliés qui tendent à former comme un réseau et souvent même une couche continue, certainement fondue, mais d’une minceur extraordinaire. Ces fiiaments et cette couche externe sont tout à fait incolores et amorphes ; leur origine

1 Dynamik der Ilimmel.

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