CHUTE DE LA BÉCASSE (INDRE
Le 51 janvier 1879, vers midi et demi, une météorite tomba dans la commune de Dun-le-Poëlier (Indre), dans la localité dite la Bécasse.
Une détonation formidable, dont on a comparé le bruit à celui d’une décharge d’artillerie ou d’une explosion de mine, et qui a été entendue sur une distance de
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plus do 20 kilomètres, fut suivie d’un roulement semblable à celui du tonnerre qui se répercuta pendant plusieurs minutes et frappa de stupeur les personnes qui l’entendirent. Vers ce moment, un ouvrier qui travaillait dans un champ, ayant vu la terre jaillir sous forme de nombreuses éclaboussures, alla avertir le sieur Auchapt, cultivateur, et l’on retira alors du sol une pierre qui s’y était enfoncée jusqu’à une profondeur de 0"',30.
D’après la forme du trou, cette sorte de projectile est arrivée sur le sol à peu près verticalement. Certaines circonstances paraissent indiquer que la trajectoire du bolide était dirigée du sud-est au nord-nord-ouest. Ainsi, lors de la détonation le bruit a été entendu avec intensité tout près d’Issoudun, c’est-à-dire à 30 kilomètres du point du lieu de la chute, tandis qu’aux abords de ce dernier point le bruit était beaucoup moins fort*.
La détonation avait été elle-même précédée, dit-on, d’un bruit semblable à celui d’un train de chemin de fer, se mouvant à une certaine distance. On n’a pas remarqué, ou plutôt on n’a pas signalé, dans les récits qui nous sont parvenus, le phénomène lumineux qui a certainement accompagné la chute.
On n’a recueilli qu’une seule météorite. •
CHUTE D’ESTHERVILLE (lOWA).
La région où les météorites d’Estberville sont tombées a été visitée par Lawrence Smith®. Elle est exactement située sur la frontière commune des États d’Iowa et de Minnesota (par 45'’50' de latitude nord et 94'’30' de longitude ouest). Elle fait partie de ce territoire si remarquable où, dans l’espace d’un seul mois, se sont succédé les trois chutes de Rochester (Indiana), do Cynthiana (Kentucky) et de Warrenton (Missouri).
On a constaté le 10 mai 1879 les phénomènes ordinaires qui accompagnent les chutes météorif[ues, mais avec une intensité tout à fait exceptionnelle. Le choc des pierres sur le sol fut si fort que deux personnes l’entendirent nettement à 200 et 500 mètres de distance.
Évidemment il s’est produit deux explosions successives. La première eut lieu à une certaine hauteur dans l’atmosphère, d’où résultèrent plusieurs grands fragments trouvés en divers points, sur une surface de 6 kilomètres carrés, le plus volumineux occupant la situation la plus orientale. Une seconde explosion arriva au moment où le bolide allait toucher terre, et c’est d’elle que dérivent les petits éclats trouvés auprès du plus gros bloc.
La plus grosse masse gisait à 2"’, 50 au-dessous de la surface du sol. La seconde grosse masse était entrée à 2“,50 de profondeur dans une argile bleue, à 3 kilomètres environ de la première. La troisième ne fut découverte que le 25 février 1 880, après plus de neuf mois de séjour dans le sol. Celle-ci est tombée à 6 kilomètres environ de la pimmière. Il y a quelques fragments plus petits, sans doute détacliés
1 . Le bruit aurait été entendu jusqu’aux environs do Tours, vers l’ouest, et do Saint-Florentin vas l’est, localités distantes l’une de l’autre de )iliis de 160 Itiloin.