Comptes rendus, t. XC, p
(le l'échantillon principal, au voisinage de la surface du sol, car on les a ramassés tout près de lui.
Les blocs recueillis pèsent respectivement 198, 78, 42, 15 kilogrammes, 4kii,5^ 2‘"‘,2 et 1 kilogramme. Un ingénieur des chemins de fer estime à 60 kilomètres la hauteur du bolide quand il apparut et à un nombre un peu moindre son altitude au moment de l’explosion.
Des enfants* qui gardaient des bestiaux sur la limite commune du comté d’Emmel et de celui de Dickson, à 8 ou 10 kilomètres au sud-ouest du point où les grosses météorites furent trouvées, assurèrent avoir vu et entendu, immédiatement après le passage du bolide, une grêle de pierres tomber dans l’eau qui submergeait une prairie voisine. On avait oublié ce récit quand, près d’un an après le phénomène, on trouva sur le sol, dénudé par l’incendie de la prairie desséchée, quelques petites météorites. L’attention fut tellement éveillée alors, que plusieurs centaines de personnes, hommes, femmes et enfants, s’appliquèrent à explorer la surface du sol jusqu’à 13 kilomètres de distance. 11 résulta de ce travail la découverte de plusieurs milliers de fragments, dont les plus petits sont à peine gros comme un pois, tandis que d’autres, beaucoup plus rares, pèsent jusqu’à uOO grammes. On estime à trois mille au moins le nombre de ces échantillons et leur poids total à 30 kilogrammes. Pour la forme et les dimensions, ils ressemblent beaucoup aux météorites de Pultusk, qui sont cependant un peu plus régulières; mais ils en diffèrent par leur nature essentiellement métallique, lis consistent en effet en fer nickelé, et les plus grands eux-mêmes ne possèdent que des quantités très faibles de minéraux pierreux. Un fait remarquable est que, malgré leur séjour de près d’un an au sein de l’eau, ils n’ont pas éprouvé le moindre commencement d’oxydation ; plusieurs même sont tout à fait brillants et ressemblent à des pépites de platine natif. Peut-être cette préservation est-elle due à l’existence d’un revêtement, d’ailleurs invisible à cause de sa minceur, de silicates en poudres.
Le passage rapide de la météorite à travers l’atmosphère en a désagrégé la surface : la substance pierreuse s’est pulvérisée complètement, tandis que les granules métalliques privés du ciment qui les retenait ensemble sont tombés successivement tout le long de la trajectoire du bolide, c’est-à-dire sur plusieurs kilomètres de distance. Grâce à cet éparpillement, nous pouvons maintenant reconnaître la vraie direction de cette trajectoire, orientée S.-O.-N.-E.
CHUTE D'AFIANELLO.
Le 16 février 1885*. à 2 h. 43 minutes de l’après-midi, une forte détonation se fit entendre sur beaucoup de points de la province de Brescia et meme des provinces voisines de Crémone, de Vérone, de Mantoue, de Plaisance et de Parme. La détonation fut épouvantable dans la commune d’Alfianello , arrondissement de Verolanuova, province de Brescia.
C’était une météorite qui éclatait à quelques centaines de mètres au-dessus d'Alfianello. Un paysan la vit tomber dans la direction de nord-est à sud-ouest, ou plus