DÉCOUVERTE DES FERS DE LA SIERRA DE CHACO (BOLIVIE
Dans une lettre à .M. Domeyko, M. Garcia disait à la date du 17 août 1861 :
« On les trouve (les météorites) en très grande abondance à 10 lieues au sud-est de la mine d’argent de la Isla, près des mines de cuivre de Taltal. Le terrain où on les rencontre est une vaste plaine du désert, au milieu de laquelle on voit surgir quelques collines qui ne présentent pas à leur surface de crêtes saillante^ ni d’affleurements de filons. C'est sur cette plaine que ferme un des plateaux élevés du Désert qu’on volt un grand nombre de blocs d’aérolithes, disposés sans ordre m direction déterminée. Les plus gros d’entre eux se trouvent un peu enfoncés dans la terre et on a remarqué que du côté de l’est, à une certaine distance de ces gros morceaux, la surface du terrain présente quelques concavités vides. »
« Tous les renseignements réunis jusqu’à présent, dit M. Domeyko*, s’accordent à établir que les morceaux d’aérolithes de diverses forme et grandeur qu’on y
t. Annales des mines, 2“ série, t. V, p. 435 (1864).
voit disséminés sur- un espace peu étendu, s’y trouvent en telle abondance qu’on peut en ramasser facilement plus de 20 quintaux. Il doit en être ainsi, ajoute-t-il, puisque les échantillons qui, malgré la distance et les grandes difficultés qu’oiî éprouve à voyager dans ce grand désert dépourvu d’eau, ont été apportés jusqu’à présent — les échantillons que je possède, que j’ai vus et que je sais au pouvoir des amateurs de collections — ont au. moins un quintal métrique de poids et leur nombre est très considérable. »
Les fragments disséminés sur le sol sont en général très fortement oxydés à la surface, a En admettant que la présence de la matière hydroxydée brune soit due à une influence des agents atmosphériques postérieure à la chute de l’aérolithe, il est facile de concevoir que l’action de ces agents ayant dii se propager par des jointures et des filons de séparation dans l’intérieur de la masse, cette même matière hydroxydée sert maintenant à signaler par ses couleurs la véritahle structure de séparation de la masse entière, structure qui est tout à fait indépendante de celle d’agrégation et de la structure minéralogique des divers éléments qui composent ce corps. Or, en observant bien la distribution des parties ocracées dans l’intérieur de ces fragments, on y découvre des filons de séparation à surfaces courbes, irrégulières, et en frappant fortement avec un marteau sur les gros morceaux rongés par l'hydrate, j'ai réussi à en détacher des noyaux et rognons durs qui avaient des formes tout à fait pareilles à celles des gros blocs d'aérolithes qu'on considère comme aérolithes entiers. Ces rognons ont aussi la même surface, un peu inégale, noirâtre, et les arêtes aussi arrondies que celles des blocs entiers non fracturés, tandis que l’intérieur des cavités que laissent ces rognons est tapissé d’un enduit brun peroxydé. Ce fait donne lieu de supposer que tous ces blocs si nombreux qui se trouvent dispersés à la surface du terrain et qu’on prend pour autant d’aérolithes entiers ne sont que des noyaux d’une seule masse météoritique, laquelle peut-être étant tombée sur un rocher dur voisin de l’endroit, s’est brisée en morceaux de différente dureté et présentait divers degrés de résistance. Cette hypothèse paraît expliquer le gisement des gros blocs à la superficie du terrain sans qu’ils y soient enterrés comme ils auraient dû l’être à cause de leur poids. C’est aussi aux mêmes circonstances qu’on doit peut-être attribuer l’absence de la croûte qu’on a trouvée à la face de presque tous les aérolithes isolés qu’on connaît jusqu’à présent et qui manque à l’aérolithe de la sierra de Chaco. »