Poggenâorff s Annalen, t C, p
et, par son contact, lui communique des pôles qu’elle garde indéfiniment. L’acide chlorhydrique froid est sans action sur elle, mais le même acide opère à chaud une dissolution d’ailleurs fort lente. Malgré de nombreuses recherches, je n’ai jamais l'encontre de forme cristalline un peu nette.
Cn phosphure de fer contenu dans la météorite de Deesa m’a donné :
Fer . ' . 60,00
Nickc . 26,75
Phosphore . 10,29
RHABDITE
Les aiguilles brillantes de rhabdite, isolées du fer de Braunau (fig. 14), analysées par M. Fischer, ont donné :
Fig. 14. — Aiguilles de rhabdite dans la braunitc lonibée le 14 juillet 1847 à liraunau, en Bohême. Grandeur uaturcllc.
Fer . 56,430
Nickel . 25,015
Phosphore . 11,722
Chrome . 2,850
Carbone. . . 1,156
IWAGNÉTITE
L’oxyde salin de fer connu sous le nom de magnétite 'se rencontre dans un grand nombre de météorites pierreuses, et par exemple, comme l’a reconnu Wœhier, dans la charbonneuse de Cold Bokkeweld.
D’après M. Tschermak, la pierre de Shergotty contient de la magnétite dans la proportion de 4.57 p. 100 L
L’écorce des fers météoriques est surtout composée de magnétite.
Voici comment j’ai opéré pour l’isoler ;
Après avoir, à l’aide d’une scie, séparé de la masse métcoiiquc les portions qui portent la croûte, on les abandonne pendant un temps suffisant dans une solution concentrée de bicldorure de mercure. Tout ce qui était métallique se dissout et il ne reste plus que les oxydes, au nombre desquels compte la croûte.
Celle-ci est encore, toutefois, mêlée de matières étrangères. On y rencontre ordinairement des produits de son altération sous l’inflnence des agents atmosphériques et surtout de la limonite. De la schreibersite, de la troïlite et des grains lithoïdes peuvent aussi se trouver en mélange avec elle et leur séparation est difficile.
L’acide chlorhydrique très faible enlève la limonite et la troïlite; les grains lithoïdes restent comme résidu à la suite du triage à Taimant ; enfin on se débarrasse de presque toute la schreibersite par la lévigation.
D’ailleurs, on peut simplifier beaucoup l’ensemble des opérations en choisissant des régions de la croûte qui paraissent déjà à peu près pures. Elles se détachent souvent avec facilité des parties métalliques sous-jacentes.
M. Pugh^ a publié l’analyse de la croûte du fer de Toluca. Or, il résulte clairement pour moi de l’inspection des chiffres qu’il a obtenus qu’ils lui ont été fournis, non par un minéral pur, mais par le mélange de plusieurs substances. Comme c’est précisément la croûte de ce fer qu’il m’a été donné de pouvoir'analyser, je rappellerai que M. Pugh a trouvé :
Fer métallique . . . -18,717
Protoxyde de fer . 19,509
Sesquioxyde de fer . 52,750
Protoxyde de nickel et de cobalt. 5,751
Chaux . traces
.Silicate . 10,205
Eau . 15,270
Chlore . traces
Il est évident que le fer métallique, les silicates et l’eau ne sont pas des éléments essentiels et doivent être considérés comme des impuretés.
t. Akad. %u 'Wien, séance du 22 lévrier 1872.
2. Dïe Meteoriten in Sanimlunr/en, par le Dr Biicliner, p. 142.
Ayant purifié autant que possible, par la méthode indiquée précédemment, un peu de la croûte du fer de Toluca, j’en ai mesuré la densité que j’ai trouvée égale à 4,89.
Je l’ai dissoute à l’abri du contact de l’air dans de l’acide cblorhydrique, puis j’ai traité le liquide fortement acidulé par une dissolution titrée de bichromate pur de potasse suivant la méthode indiquée par Penny. Le protoxyde de fer ainsi déterminé et le sesquioxyde de chrome étant séparé par le filtre, le peroxyde total a été préeipité par le succinate d’ammoniaque et a donné par différence le peroxyde réel, existant dans le minéral. Le nickel et le cobalt ont été cherchés dans le liquide sans que l’excès de bichromate de potasse ait eu d’inconvénient.
Ainsi traitée la croûte du fer de Toluca m’a donné :
Sesquioxyde de fer . 68,93
Protoxyde de fer. . 28,12
Protoxyde de nickel . 2,00
Protoxyde de cobalt . traces
Ces nombres satisfont tout à fait à la formule Fe20%(Fe,Ni)0
qui ne diffère de celle de la magnétite que par la substitution d’un peu de nickel à une quantité correspondante du fer du protoxyde.
Une remarque très importante est que si dans l’analyse de Pugh on ne considère que le sesquioxyde de fer, le protoxyde de fer et les protoxydes de nickel et de cobalt, ou arrive à des nombres très rapprochés de ceux que demande la formule précédente.
Dans certaines météorites, les produits ocracés sont fort abondants; mais ils doivent être considérés comme les résultats d’une altération à la surface de la terre. Le fer de Sainte-Catherine est particulièrement riche en oxydes de fer, liinonite et gœthite, auxquels il convient d’attribuer cette origine.
CHROMITE
C’est à l’état de fer chromé que Laugier a, dès 1806, reconnu la présence du chrome dans les météorites. !
Quelques-unes le renferment en proportion très notable, comme la pierre du Chassigny* et la météorite du désert d’Atacama^ où il se trouve en petits grains disséminés.
D’après M. Shepard', le fer de Stmecafalls contient des cristaux octaédriques très brillants de chromite.