Jlerg. und UuUenmdmi. Zcilung, année 1862, p
4. Proccedings of ihe Hogal Sucicly of Lundun, 9 octobre 1869,
Lo fer nickelé, disposé en forme d’éponge, a donné :
I II Moyenne
Fer . 89,975 90,878 90,426
Cuivre . traces traces traces
M. Maskelyne a cherché les rapports d’équivalents entre ces métaux, et il a trouvé que le fer est à l’ensemble du nickel et du cobalt comme 10 est à 1, Mais on ne saurait rien en conclure, car le métal est manifestement composé d’alliages distincts.
Le même chimiste a étudie la partie pierreuse. L’énorme proportion de silice signalée par Slromeyer dans le fer de Rittergrun, ainsi qu’on l’a dit plus haut, était bien faite pour fixer l’attention, et l’ancien auteur pensait l’expliquer en admettant dans la masse qu’il étudiait la présence d’un trisilicate de magnésie. C’est une question qui a préoccupé M. Maskelyne.
En traitant pendant quelques heures la météorite par une solution de bichlorure de mercure à 100", le fer et la troïlite se dissolvent et le magma pieri’eux reste inatlaqué ; il a perdu sa structure jirimitive et offre au triage des grains appartenant à trois esjièces distinctes : 1” un minéral verdâtre ou brunâtre, très fortement cristallin, consistant en cnstatite (hronzite) ; 2" des grains parfois incolores, plus souvent bruns et parfois presque noirs, d’un minéral cristallin mais n’offrant des faces cristallines que d’une manière tout à lait exceptionnelle (c’est une variété spéciale de silice, différente de la tridymite) ; 3" des grains cristallins de chromite.
La hronzite a été soumise à des analyses par M. Maskelyne, qui a trouvé (en moyenne) :
Silice . 56,051
Magnésie . 30,847
Protoxyde de fer . 13,439
ce qui correspond presque exactement à la formule de la hronzite. Sa densité est égale à 3,238 et sa dureté à 6.
M. Y. de Lang a soumis les grains à une étude cristallographique L
On a déjà vu que lo minéral associé avec la hronzite dans la météorite de Breitenbach consiste en silice libre. Elle possède une densité moindre que celle du cristal de roche et analogue à celle que possède le quartz après sa fusion. Elle est cristallisée dans des formes qui appartiennent au système orthorhombique. A ce minéral, qui est distinct par ses formes de la tridymite de M. de Rath, l’auteur propose de donner le nom iVusmanitet A’sman étant le terme sanscrit (correspondant au grec ütrfiuiv) pour désigner la foudre d’Indra,
1. Uerichl dcr Àkadcmic lUr ]]' isseiucUafL iu \\icit, volume 59, p. 848.
L’asmaiiite constitue environ le tiers du mélange des matériaux pierreux do la météorite. Les grains sont mêlés à ceux de la bronzite après qu’on s’est débarrassé du fer, de la troïlite et de la cbi’omite. Ils sont très petits, fort arrondis et presque entièrement cristallins; ils sont rarement pourvus de faces permettant un examen goniométrique. Parmi plusieurs milliers de ces grains examinés sous la loupe, il fut à peine possible d’en trouver une douzaine avec des caractères cristallographiques suffisants. Dans plusieurs, cependant, les axes optiques purent être distingués, quand on en fit l'examen dans le microscope polarisant, et par ce moyen les angles donnés par les plans appartenant aux zones, autrement trop incomplets pour un résultat définitif, furent comparés sur différents cristaux.
M. Maskelyne a analysé l asmanite de Breitenbach. Voici ses résultats :
I II
Acide silicique .
Oxyde de fer .
Chaux- .
Il est intéressant do noter que dès 1845, Partscb à la page 95 de son ouvrage intitulé : Die Meteoriten im k.k. llof-Mineralien Kabinetle, rapporte à la météorite de Steinbach un fragment étiqueté : Gediegenes, zalmicht imd zackicht gewachsenes Eisen mit kornichtem Quartz und gelblichtem Flusspath, c’est-àdire : fer natif dentelé et haché avec quartz en grains et fluorine jaune.
« Le caractère arrondi de l’asmanite, qui lui est commun avec son compagnon la bronzite, suggère à première vue, dit M. Maskelyne, l’idée qu’un écbauffement subit et intense que la masse a dû subir dans sa course rapide à travers l’atmo- S]>bère, a fondu, ou du moins ramolli, les surfaces des deux minéraux. La facile conductibilité de cette chaleur dans l’intérieur de la météorite, à laquelle les pierres aérolilhiques ordinaires opposent plus de résistance, vu leur faible conductibilité, doit, dam le cas de la syssidère où le fer forme une masse continue et spongieuse, être grandement facilitée par la conductibilité du métal. Cette vue est appuyée par la fragilité extraordinaire des surfaces de quelques-uns des échantillons arrondis les plus volumineux, qui souvent, par le contact le plus délicat, volent en fragments, une sorte de croûte très fragile les enveloppant de toutes parts. La portion interne est bien moins fragile et quelquefois présente une surface cristalline irrégulière avec un clivage assez net. Et pourtant il semble difficile de concilier cette expl cation des formes arrondies avec l'intégrité cristalline des grains entiers que le microscope polarisant rend évidente. »
LOGRONITE. (Stan. Meun.)
Roche formée de minéraux lithoïdes très dominants, renfermant des grenailles très grosses et très abondantes de fer ; le tout étant traversé par un fin réseau
métallique. La partie pierreuse est très cristalline et dans beaucoup de régions constituée par des lamelles fort brillantes. La partie métallique est également très cristalline. La roche prend très bien le poli. — Densité: 5,64 (Domeyko). — Composition minéralogique : Les grains de fer paraissent formés surtout de kamacite et de tænite. On y trouve de la schreibersite. La pierre résulte du mélange d’un minéral voisin du péridot avec un silicate plus acide analogue au pyroxène.
Chutes principales.
1842, 4 juillet, Barea, Logrono, Espagne.
1856, — Hainhoiz, Padorborn,Minden, Westphalie.
1860, — Newton G", Arkansas, États-Unis.
1862, — Sierra de Chaco, ravin de Vaca Muerta, Atacama, Bolivie.
1879, 10 mai, Estherville, Emmet G°, low'a, États-Unis.
1880, février, Yeramine, Téhéran, Perse.
1877, — Passe de Janacera, Atacama, Bolivie.
La logronite a été généralement considérée comme une sporadosidère, parce qu’on y trouve des grenailles métalliques, souvent très grosses, évidemment disséminées dans la roche. Mais on va voir que la logronite contient d’une manière essentielle un réseau de fer continu.
A première vue, le type logronite admet trois sous-types répondant à : f Barea;
1” < Sierra de Ghaco;
( Janacera.
2" Estherville.
SNew'ton G° ; llainholz;
Yeramine.
Ges trois sous-types sont caractérisés surtout par la grosseur de leurs éléments constituants, ce qui modifie leur aspect; mais je me suis attaché, sans succès, à trouver entre eux des différences de constitution. D’ailleurs, certains échantillons de Sierra de Ghaco peuvent servir d'intermédiaire entre ces trois formes.
Barea (Logrono). — Nous commençons notre énumération par la météorite de Barea, parce que c’est la plus anciennement connue du type. Ghose digne de remarque, sa chute sur le sol a eu de nombreux témoins, et c’était la première fois pour une syssidère. L’événement a eu lieu le 4 juillet 1842 dans le village de Barea, province de Logrono (Espagne).
L’identité de cette météorite, dont le poids total était de 2'‘,2H«'', avec celle de la Sierra de Ghaco, est absolue, autant du moins que m’a permis d’en juger le peu de substance dont j’ai disposé. Je crois inutile de faire ici une description spéciale des deux petits échantillons conservés au Muséum.
160 ENCYCLOPÉDIE CIllMIQUE,
Sierra de Chaco. — La portion métallique do la météorite de la Sierra de Chaco se divise, à première vue, en deux sortes d'éléments * :
l’ig'. 41. — Lo^ronite découverle en 1862 dans la sierra de Chaco (Bolivie). Surface polie: Grandeur naturelle.
1“ Les uns sont en grains relativement volumineux et tout à fait arrondis. On y reconnaît la présence des deux fers nickelés que nous avons décrits plus haut sous les noms de kamacite et de tænite. Dans quelques points apparaît le sulfure de fer nickélifère, dit pyrrhotine, qui se présente en petits grains ronds résultant visiblement de la section de rognons cylindroïdes, pareils, sauf pour la taille, aux canons sulfurés des fers météoriques.
2“ Les autres éléments métalliques sont beaucoup plus petits, allongés et réunis entre eux sous une forme, vasculaire. Ils constituent comme le ciment qui relie les divers matériaux composant la brèche polygénique qui nous occupe. D’ailleurs, si leur structure les distingue des grains précédemment décrits, leur composition les en rapproche beaucoup. La kamacite et la tænite en sont les éléments minéralogi- ([ues les plus importants. La pyrrhotine leur est associée en quantité considérable et constitue, par places, le réseau presque seule. Sa nuance jaune de laiton est un peu différente de la nuance la plus commune de ce minéral et indique peut-être le mélange avec un peu de millérite ou sulfure de nickel.
L’analyse chimique indique très nettement la présence du phosphore qui est probablement contenu à l’état de schreibersite ou phosphure double de fer et de nickel avec magnésium.
1 Stanisla.'i Meunier. Comptes rendu.i, lAXX, p. 1007,2 déc. 1872.
nombres assez cliflerents de ceux que M. Domeyko adonnés pour l’ensemble des grenailles métalliques de la météorite.
M. Domeyko ‘ a décrit avec soin diverses particularités de forme du fer nickelé de la Sierra de Chaco. Il a séparé « une lame de plus de d centimètre carré de ce fer de la surface d’un aérolithe, et une petite lame excessivement mince qui s’est trouvée engagée entre les lames de la substance vitreuse » (péridot).
Son analy.se lui a fourni :
I It lit
Fer.- . 88,9 88,2 8M
iXickel . d],l dl,8 11,2
ItHU lÔÔ^ d00,0
Les grenaille.s allongées de 1er nickelé .sont en certains points mélangées à du fer oxydulé, comme M. Domeyko l’avait déjà remarqué.
M. Domeyko distingue dans la partie lithoïde deux matières distinctes :
La masse principale lithoide dont il a fait l’analyse élémentaire, laquelle n’a conduit à aucune formule à cause de sa nature complexe et qu’il considère comme résultant de la réunion d’un trisilicate. de fer et de magnésie, inattaquable aux acides, et d’un silico-aluminate attaquable;
La substance silicatée vitreuse, lamellaire, oii il a trouvé tous les caractères l>hysiques de la composition chimique du péridot olivine.
J’ai repris l’étude de cette substance, et voici les résultats auxquels je suis ar
La partie lithoïde de la météorite de Sierra de Chaco comprend quatre sortes |)rincipales de fragments. Tous sont de formes essentiellement irrégulières, arrondies, ou au moins émoussées :
f“ Les plus volumineux, et en même temps les plus nombreux, sont noirâtres et très cristallins. Ils sont susceptibles d’un très beau poli qui révèle leur nature complexe et leur structure très remarquable. On constate nettement qu’ils consistent dans le mélange de deux substances, différant entre elles par la couleur et par le poli. L’une d’elles constitue comme des îlots souvent très découpés au milieu de l’autre, qui n’occupe pas une surface plus grande que la première. Pour bien distinguer les deux substances l’une de l’autre, il est bon d’observer l’échantillon sous une incidence très grande, sous un jour rasant. Dans toutes les deux on aperçoit de très petites grenailles métalliques, mais dans l’une, le fer est en petits filaments, tandis que dans l’autre il se présente en grains sphéroïdaux extrêmement fins. L’analyse chimique d’un fragment de ce premier genre m’a montré qu’il était formé par l’association du péridot ferrifère avec un pyi’oxène contenant de la chaux.
2“ La roche qui constitue la deuxième sorte de fragments est grenue et partiel -