Etard, Comptes rendus, t. LXXXVIII, p
CYANOGÈNE. 533
8. — Chauffé avec de la potasse, le cyanure de potassium se transforme d’abord en ammoniaque et formiate de potasse ; mais si l’on élève la température jusqu’au rouge, il se dégage de l’hydrogène et du carbonate de potasse.
9. — Le cyanure de potassium donne avec Vhijposulfite de soude du sulfocyanate de soude; c’est sur cette propriété que se trouve basée une méthode destinée à distinguer le cyanure de potassium du fcrrocyanure de potassium, dans les cas d’empoisonnement
Le cyanure de potassium dissout un certain nombre d’autres cyanures en formant des sels doubles, qui seront étudiés plus loin. La formation de ces sels doubles a même lieu quelquefois aux dépens du métal libre, avec dégagement d’hydrogène. Par exemple, le zinc se dissout dans le cyanure de potassium,
2KCy -H Zn + HO = KGy,ZnCy + H + KO.
Le cyanure de potassium, en solution aqueuse, dissout l’iodure d’azote sans dégagement de gaz. Si l’on évapore la liqueur dans le vide, il se dépose des aiguilles cristallines ayant l’odeur de l’iodoforme.
Les principales impuretés du cyanure de potassium que l’on trouve, dans le commerce sont : le carbonate de potasse, le sulfure de potassium, le sulfocyanate de potasse, le cyanate de potasse, le formiate de potasse, le fcrrocyanure de potassium, et enfin le sulfate et le chlorure de potassium. Voici comment on peut reconnaître la présence de ces impuretés.
Carbonate de potasse. — On le sépare du cyanure de potassium par l’alcool à 80" et l’on peut alors constater sur la masse restée insoluble, les caractères des carbonates, entre autres l’effervescence par les acides.
Sulfure de potassium. — Les sels de plomb donnent un précipité noir si l’essai contient du sulfure de potassium ; s’il n’en contient pas le précipité est blanc.
Sulfocyanate de potasse. — On élimine l’acide cyanhydrique avec de l’acide chlorhydrique et l’on constate si l’on obtient avec les sels ferriques la coloration rouge sang qui caractérise les sulfocyanatcs.
Cyanate de potasse. — On traite le cyanure par de l’alcool à 80" et l’on examine si la solution fait effervescence avec les acides.
Formiate de potasse. — Lorsqu’on fond le cyanure de potassium et qu’il noircit, c’est en général un indice de la présence de ce corps; mais on reconnaît la présence avec plus de certitude en déplaçant l’acide cyanhydrique par un courant d’acide carbonique, évaporant la solution à sec, puis l’eprenant la masse par l’acide sulfurique. L’acide formique distille alors et l’on peut le reconnaître par ses réactifs ordinaires (réduction des sels d’argent et de mercure).