‹ Encyclopédie chimique. Tome II.- Métalloïdes. 2e section (volume 2)Chapitre 125 sur 197 · CYANURE DE ZINC · texte numérisé non relu

CYANURE DE ZINC

Le cyanure de zinc est un compose blanc amorphe que l’on prépare soit en précipitant un sel de zinc par du cyanure de potassium, soit de l’acétate de zinc par l’acide cyanhydrique. La précipitation par le cyanure de potassium donne un produit auquel il est difficile d’enlever une petite quantité de potassium qu’il renferme. En outre, si l’on emploie le sulfate de zinc, il faut avoir bien soin qu’il soit exempt de sulfate de fer. Le cyanure de potassium doit être exempt, en outre, de carbonate de potasse qui donnerait avec le sel de zinc un précipité de carbonate de zinc; c’est encore une condition qui n’est réalisée que lorsqu’on opère avec des précautions spéciales. Le procédé de l’acétate et de l'acide cyanhydrique donne un produit plus pur ; mais le zinc n’est pas complètement précipité, par suite d’un équilibre qui s’établit entre l’acide acétique mis en liberté et l’acide cyanhydrique employé. On peut bien, il est vrai, neutraliser au fur et à mesure l’acide par un alcali, mais alors le lavage du cyanure de zinc est plus difficile. On peut aussi remplacer l’acétate de zinc par un mélange de sulfate de zinc et d’acétate de potasse ; il y a encore ici à faire la même remarque relativement au lavage du précipité; on peut obtenir le cyanure de zinc cristallisé, en superposant dans un vase, par ordre de densités, une solution concentrée d’acétate de zinc, une couche d'eau, et une dissolution d’acide cyanhydrique; par la diffusion de ces deux corps à travers la couche d’eau, il se forme peu à peu du cyanure de zinc qui est cristallisé. Les cristaux atteignent en général un millimètre de longueur et quelquefois même davantage. Cela tient à la solubilité du cyanure de zinc, qui, bien qu’insoluble dans l’eau, se dissout un peu dans les dissolutions même étendues de sels de zinc

CYANOGÈNE.

(4 grammes par litre dans une solution concentrée d’acétate de zinc et 2 grammes par litre environ dans une solution concentrée de sulfate de zinc) (Joannis). Ces cristaux appartiennent au système du prisme orthorhombique. Ils présentent les faces m et b' ; on a trouvé pour les angles :

mm = 91'’,42' mb' = 145“,44'

Fig. 76.

Le cyanure cristallisé, ainsi obtenu, est beaucoup plus difficilement soluble dans les acides que le cyanure amorphe.

On a indiqué aussi, comme préparation, de laisser en contact pendant quelque temps de l’oxyde de zinc et de l’acide cyanhydrique^ Cette action est lente, et après deux ou trois jours, si l’on analyse le produit resté insoluble, on trouve qu’il contient de l’oxyde de zinc inaltéré. On a trouvé dans une expérience sensiblement la composition 3ZnCy,ZnO (Joannis), mais ce n’est probablement qu’un mélange; si l’on cherche en effet la chaleur de formation de ce corps, depuis l’oxyde de zinc et le cyanure de zinc, on trouve qu’elle est sensiblement nulle ; or, d’après les analogies, le cadmium qui forme un véritable cyanure basique donne pour cette formation une quantité de chaleur considérable +11°,0.

Le cyanure de zinc est anhydre, blanc de neige. Lorsqu’on chauffe en vase clos du cyanure de zinc bien sec, il se forme une matière noire qui, suivant les uns (Sehindler), est constituée par un mélange de zinc métallique et de charbon, tandis que c’est suivant les autres (Rammels^erg) du paracyanure de zinc.

Le cyanure de zinc bien sec, abandonné à lui-même, ne se décompose pas. Il se dissout dans l’acide acétique, mais pas en totalité ; il se forme un équilibre entre les deux acides acétique et cyanhydrique. Lorsqu’on fait bouillir du cyanure de zinc et de la potasse, une partie du cyanogène se porte sur le potassium en donnant du cyanure de potassium, et il se forme de l’oxyde de zinc; les deux oxydes se combinent alors, ainsi que les deux cyanures, et l’on a :

2ZnGy H- 2K0ZnCy. = KO,ZnO + KCy,ZnCy.

Le cyanure de zinc se dissout dans un certain nombre de cyanures en donnant des sels doubles étudiés un peu plus loin.

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