Reindel, J. für prakt. Chem., LXXYI
CYANOGÈNE. 361
nure de potassium et de cyanure de mercure. Quelquefois on trouve aussi, dans le dépôt d’oxyde de fer, du mercure métallique.
L’acide chromique et les chromâtes lui font subir la même transformation. Lorsqu’on emploie le permanganate de potasse comme oxydant, il se forme, en même temps que du ferricyanure, une petite quantité d’azotate de potasse.
Lorsqu’on traite le ferrocyanure de potassium par un mélange de chlorate de potasse et d’acide sulfurique ou d'acide chlorhydrique, on obtient un composé décrit récemment par Staedeler et Bong et dont nous nous occuperons plus loin (voir Perferricyanure de potassium).
4. Action du soufre. — Quand on chauffe un mélange de ferrocyanure de potassium et de soufre un peu au-dessus du point de fusion de ce corps, ils se combinent en donnant un mélange de sulfocyanate de fer et de potasse,
PFeC3-+ 3S^= SKCyS^H- FeCyS^
Suivant la température à laquelle le mélange a été porté, on peut à la fin trouver, outre ces deux corps, soit du cyanure ferreux quand la température a été trop basse, soit du sulfure ferreux dans le cas contraire. On est averti que la température est trop élevée par le dégagement d’azote et de sulfure de carbone qui accompagne la formation du sulfure de fer dans la décomposition du sulfocyanate de fer. On trouve encore, dans la masse solide qui résulte de cette action, du mellon. Sa présence est une cause de destruction du sulfocyanate de potasse formé simultanément : il s’empare d’une portion du potassium de ce sulfocyanate.
.b. Action du chlore, du brome, de l’iode et du cyanogène. — Le chlore transforme le ferrocyanure de potassium en ferricyanure, en s’emparant d’un équivalent de métal :
2K^FeCyH Cl =K-Fe^Cy'-+- KCl.
Cette réaction a lieu que l’on emploie le ferrocyanure à l’état solide ou ù l’état de dissolution.
Lorsqu’on emploie le chlore en excès, le ferricyanure de ])Otassium est décomposé à son tour; il se produit des matières vertes (cyanure vert de Pelouze). Même, lorsqu’on s’airête quand la transfoi’mation du ferrocyanure en ferricyanure est totale, on a encore, dans ce cas, du cyanure vert insoluble, mais qui ne se dépose que très lentement et qu’il est difficile de séparer des cristaux de ferricyanure. C’est une des principales difficultés de la prépai’ation du ferricyanure de potassium.
Le brome agit de même que le chlore sur le ferrocyanure ; mais la transformation s’effectue sans qu’il se forme de composés analogues aux composés chlorés qui accompagnent Faction principale dans la réaction précédente et qui proviennent de Faction simultanée du chlore sur l’eau. Aussi cette réaction a-t-elle pu servir à mesurer la chaleur de formation du ferricyanure de potassium (voir plus loin).
L’iode n’agit pas exactement de même : lorsqu’on ajoute de l’iode à une dissolution de ferrocyanure de potassium, il se forme d’abord du ferricyanure de potassium; la liqueur donne en effet un précipité avec les sels ferreux. Si l’on ajoute alors une plus grande quantité d’iode, on obtient une solution rouge foncée. Un équiva-
E^•CYCLOPÉDIE CHIMIQUE.
lent dè ferrocyanure de potassium peut ainsi dissoudre environ un équivalent d’iode. Cette solution rouge foncée contient un excès d’iode libre en dissolution, en même temps que du ferrocyanure non transformé : la liqueur précipite encore en bleu par les sels ferriques. Si l’on abandonne la liqueur à l’évaporation spontanée, l’iode en excès se volatilise et il reste une masse blanchâtre dont la nature est mal connue ; d’après Preuss c’est un iodoferricyanure de potassium ayant pour composition Kl,K^Fe®Cy®. La solution de ce corps donne, avec les solutions des sels métalliques, divers précipités.
On obtient un précipité blanc devenant jaune avec les sels de bismuth,
blanc zinc,
blanc plomb,
brun foncé cuivre,
blanc rougeâtre argent,
blanc devenant vert bichlorure de mercure.
Le cyanogène se dissout aliondamment dans le ferrocyanure de potassium qui se colore en brun foncé; il ne se forme pas de ferricyanure de potassium. (Gmelin, Schw., XXXIV, 339.)
6. Action de l'eau. — L’eau décompose vers 280“ le ferrocyanure de potassium en formiate de potasse, carbonate d’ammoniaque et oxyde de fer (Reynoso)
7. Action des acides. Acide sulfurique^. — Lorsqu’on chauffe du ferrocyanure de potassium au contact d’un excès d’acide sulfurique concentré (9 parties de cet acide pour une de cyanure jaune), il se dégage de l’oxyde de carbone à peu près pur ; il se forme en même temps du sulfate de potasse, du sulfate d’ammoniaque et du sulfate ferreux. Au début, lorsqu’on verse l’acide sur le ferrocyanure, la masse s’échauffe et il se forme un peu d’acide cyanhydrique qui se dégage ; puis, en chauffant, l’oxyde de carbone se produit à son tour, il est sensiblement pur ; il ne contient pas de vapeurs prussiques ; il passe cependant un peu d’acide formique à la distillation. A la fin de l’expérience, lorsqu’on élève davantage la température, il passe simultanément un peu d’acide sulfureux provenant de ce qu’une portion du sulfate ferreux donne du sulfate ferrique en s’oxydant aux dépens de l’acide sulfurique qui est transformé en acide sulfureux.
La réaction principale peut s’exprimer par la formule suivante :
K*FeCf>4- 6(110,80“) = 6 c 6 + 3(AzlPO,SO^')-l- 2(KO,SO=)+ FeO,SO“ + 3110.
Suivant Dobereiner*, le résidu blanc qui reste dans la cornue se compose de sulfate d’ammoniaque, de sulfate de potasse et de cyanure de fer. Thomson a obtenu de l’acide sulfureux et, en même temps, un gaz combustible formé de 3 volumes d’oxyde de carbone pour 1 d’hydrogène. D’après Merk“, le liquide qui distille