Turner, Edinb. J. ofSe., t. V, p
CYANOGÈNE. 445
férentes, selon les circonstances mêmes de la cristallisation. On obtient des cristaux présentant l’aspect de la ligure 96 ou 97 par un refroidissement rapide, une évaporation lente donne au contraire des cristaux ayant la forme des figures 98 ou 99.
Propriétés physiques. — Le cyanure de mercure est anhydre. Il se dissout dans 8 parties d’eau froide, il est plus soluble dans l’eau bouillante. Il est insoluble dans l’alcool absolu.
Propriétés chimiques. — 1. Lorsqu’on chanft’e le cyanure de mercure, il se décompose, quand il est absolument sec, en cyanogène et mercure. En même temps une portion du cyanogène se transforme en un produit polymère, le paracyanogène. Mais il est difficile de bien sécher ce corps, à cause de l’eau d’interposition que ce corps contient entre les cristaux. Le mieux est, une fois qu’on l’a finement pulvérisé et chauffé d’abord doucement, de le chauffer plus fortement de façon à le décomposer en partie; on ne recueille les gaz qui se dégagent qu’après cette décomposition partielle. Lorsque le cyanure de mercure est humide, outre le cyanogène et le mercure, il donne de l’acide carbonique, de l’ammoniaque et de l’acide cyanhydrique.
2. Lorsqu’on traite une dissolution de cyanure de mercure par du chlorure de chaux, la liqueur ne tarde pas à émettre des fumées blanches et des gaz abondants : acide carbonique, azote et de petites quantités de cyanogène. On n’a pas retrouvé dans la liqueur d’acide cyanique ou cyanurique (Liebig)‘.
3. Lorsqu’on distille du cyanure de mercure avec le cinquième de son poids de soufre, la masse fond et dégage de l’azote, du cyanogène, de la vapeur de sulfure de carbone, et il se forme aussi du sulfure de mercure. En même temps, il s’est formé du sulfocyanate de mercure blanc jaunâtre qui se sublime, si l’on élève la température, mais en se décomposant, en partie, en cyanogène et sulfure de mercure.
4. Le phosphore chauffé avec du cyanure de mercure donne un sublimé blanc, doué d’une odeur piquante et que l’eau décompose en acide phosphorique et acide cyanhydrique. C’est, peut-être, un cyanure de phosphore ; mais la préparation de ce corps, souvent accompagnée de violentes explosions, est très pénible et son étude n’a pas été poussée plus loin (Cenedella. J. Pharm., 21, p. 683.)
5. Le chlore sec ne décompose pas le cyanure de mercure dans l’obscurité ; mais, lorsqu’on l’expose au soleil, il le décompose; on reconnaît, en même temps, à l’odeur, la présence du chlorure de cyanogène. Au bout de dix jours, on voit le protochlorure de mercure qui s’est formé et un liquide jaune huileux (huile chlorocyanique). En présence de cyanure de mercure humide, le chlore, dans l’obscurité, donne du' chlorure mercurique et du chlorure de cyanogène. Au soleil, le cyanure de mercure humide s’échauffe, en présence du chlore; sa température s’élève à 30»
l. Liebig, Pogg., t. XV, p. 571.
ou 40'’; il se forme du sel ammoniac, du chlorure mercurique et une trace d’acide carbonique; si la quantité d’eau est plus considérable, il se forme du chlorure de cyanogène et une huile chlorocyanique. Enfin, avec une solution chaude de cyanure de mercure, on obtient, suivant Bonis, en la traitant par un excès de chlore, au soleil, du chlorure mercurique, de l’acide chlorhydrique, du sel ammoniac, du chlorure de cyanogène et un liquide huileux jaune ayant pour formule C“Az*Cl“ (*).
Le hrome se comporte d’une façon analogue ; à une température peu élevée, il décompose le cyanure de mercure avec un grand dégagement de chaleur en donnant du bromure mercurique et du bromure de cyanogène*.
L’iode donne aussi de l’iodure de mercure et de l’iodure de cyanogène quand on le broie à froid avec du cyanure de mercure.
6. — L’eatt à 280“ décompose le cyanure de mercure en mercure et carbonate d’ammoniaque.
7. — Lorsqu’on traite du cyanure de mercure en poudre par de l’acide sulfurique étendu et de la limaille de fer, on obtient, en agitant souvent, de l’acide chlorhydrique, du mercure métallique et du sulfate ferreux.
8. — L’acide sulfuriqtie concentré décompose à chaud le cyanure de mercure en donnant du sulfate de mercure et de l’acide cyanhydrique. Ce même acide étendu d’eau ne décompose pas le cyanure de mercure. L’acide chlorhydrique, l’acide bromhydrique, l’acide iodhydrique et l’acide sulfhydrique le décomposent en donnant de l’acide cyanhydrique et le sel de mercure correspondant; et même, avec un excès d’acide chlorhydrique, l’acide cyanhydrique produit peut lui-même être décomposé ; l’on obtient dans ce cas du chlorure de mercure, du chlorhydrate d’ammoniaque et de l’acide formique. Le cyanure de mercure sec et l’acide iodliydrique gazeux, chauffés à 280“, donnenfclu formène et de l’ammoniaque®.