Les alcalis sont sans action sur le cyanure de mercure
10. — Quand on chauffe du cyanure de mercure avec du sel ammoniac et de l’eau, il se décompose en cyanhydrate d’ammoniaque et en une combinaison de bichlorure de mercure et de sel ammoniac. On a utilisé cette propriété dans la préparation de l’acide cyanhydrique par le cyanure de mercure et l’acide chlorhydrique; au mélange on ajoute du chlorhydrate d’ammoniaque qui s’unit au bichlorure de mercure formé, au lieu que celui-ci ne s’unisse à une portion du cyanure de mercure non décomposé qu’il préserverait ensuite d’une décomposition ultérieure.
Le protochlorure d’étain décompose le cyanure de mercure en acide cyanhydrique et mercure métallique ; il se transforme simultanément en bichlorure et en bioxyde (Poggiale) ® ;
2HgCy -t- 2SnCl -I- 2HO = 2Hg + 2HCy -F SnCl* -t- SiiO*.
CYANOGÈNE. 447
Le trisulfure de potassium décompose le cyanure de mercure en sulfure de mercure et sulfocyanate de potasse (Duflos)*. Cette réaction a été utilisée pour mesurer la chaleur de formation du sulfocyanate de potasse (Joannis)^ Elle n’est pas instantanée et paraît plus compliquée que celle qu’indique la formule suivante, généralement donnée :
HgCy-h KS^ = HgS-I-KSCyS.
Lorsqu’on mélange en proportions équivalentes du cyanure de mercure et du trisulfure de potassium, il se précipite, immédiatement, du sulfure de mercure noir, et la liqueur qui surnage est incolore. Cependant le mélange des deux liqueurs continue à dégager de la chaleur, pendant trois quarts d’heure environ, et la chaleur dégagée au premier moment, quand le sulfure de mercure se précipite, n’est que la moitié de la chaleur totale. En outre, la liqueur a une faible odeur d’acide cyanhydrique ; elle contient à la fin du sulfocyanate de potasse, mais il paraît résulter d’une action secondaire qui n’est pas connue. Avec le cyanure de potassium, qui ne donne pas de sulfure insoluble, le dégagement de chaleur dure aussi longtemps, et la liqueur, orangée à cause de la présence du trisulfure de potassium, ne perd sa coloration que peu à peu. 11 résulte en outre de mesures comparatives faites à divers intervalles sur les quantités de sulfocyanate formé, soit en mesurant par un procédé volumétrique le sulfocyanate formé, soit en les calculant d’après la chaleur dégagée, que ces deux quantités ne sont pas égales, ce qui montre qu’à la réaction indiquée plus haut il vient s’en ajouter une autre d’une nature différente. Le deuxième membre de la formule cle cette réaction n’exprime donc que l’état final produit au bout de trois quarts d’heure.
Données tbermique.s . — La chaleur de formation du cyanure de mercure a été déterminée par M. Berthelet, en traitant l’oxyde de mercure par l’acide cyanhydrique. Cette réaction dégage -|- 15‘^,48. La chaleur de dissolution du cyanure de mercure est de —1®,50. On peut déduire de là les nombres suivants :
„ „ Il ( solide -j- d 1*^,7
Hghq. + Cygaz.=HgGyj^j.^^^^^^^Q2
T, n T, n ( solide -f 19,4
C® diamant-l-Az -f HgCy = HgCy solide — 25^^,6.
Le cyanure de mercure se combine avec un grand nombre de composé.s.
Cyanures basiques de mercure. — On connaît deux oxycyanures de mercure avant pour formule HgGy,HgO et 3IIgCy,HgO.
Oxycyanure, HgCyiHgO. — 11 a été découvert par Proust^. Il l’obtenait en faisant bouillir une solution concentrée de cyanure de mercure avec de l’oxyde de mercure en excès. Le liquide filtré était ensuite refroidi et il se déposait de petites