‹ Encyclopédie chimique. Tome II.- Métalloïdes. 2e section (volume 2)Chapitre 36 sur 197 · HISTORIQUE · texte numérisé non relu

HISTORIQUE

Jusqu’à Paracelse, le fluide élastique dégagé des substances en combustion ou en fermentation a été généralement désigné sous le nom de spiritus silvestre. Paracelse le considérait comme semblable à l’air lui-même ; Van Helmont (1577-1644), qui l’appelle simplement ga$^, ou gas silvestre, le définit comme un esprit différent de Pair respirable ; il le considère tantôt comme de l’eau réduite en vapeur, tantôt comme une combinaison d’un acide très-subtil avec un alcali très volatil : il a d’ailleurs signalé avec soin, à diverses reprises, de nombreux modes de production de cet acide si répandu ; par exemple, les fermentations, la putréfiiction, l’explosion de la poudre, les combustions, les effervescences des

1. Voir, pour celle partie historique, le Traité rie chimie élémentaire de Lavoisier (Précis historique sur les émanations des fluides élastiques).

2. r.’est à Van Helmont, parait-il, qu'on doit l’introduction du mot çaz- dans la chimie. Ce mot viendr.ait du hollandais ghoast, esprit; en an;;lais, ghost, et en allemand, geist. L’épithète silvestre, signifie probablement sauvage, c'est-à-dire incoercible. Van Helmont confond d’ailleurs sous la même désignation divers gaz, notamment l'acide sulfureux.

acides avec certaines terres : il lui attribue avec justesse les effets produits dans la célèbre Grotte du chien, les accidents causes par la combustion du charbon, les asphyxies observées près des cuves en fermentation, etc.

L’acide carbonique a reçu encoi’e beaucoup d’autres noms ; Boyle l’appelait air artificiel. On l’a nommé aussi air fixe ou air fixé, acide méphitique ou gaz méphitique (Macquer), acide aérien (Bergmann), acide crayeux (Bucquet). Ses pro- ])riétés furent étudiées successivement par un grand nombre de savants, tels que Ilales, Black, Priestley, Bergmann. Jusqu’à l’époque de Lavoisier, on n’a point connu la nature et la composition de ce gaz. Ainsi Priestley, Cavendish, Bergmann, Scheele semblent croire qu’il est constitué par une combinaison d’air vital et de phlogistique. Fourcroy a pensé que l’acide carbonique pourrait être un composé de gaz inflammable et d’air pur ; mais il reconnaît ensuite que les expériences de Lavoisier ne laissent aucun doute sur la véritable nature de ce gaz. Lavoisier a résolu cette question, en faisant brûler dans des cloches pleines d’oxygène sur le mercure une quantité déterminée de charbon privé d’hydrogène par la calcination. L’inflammation du charbon était produite par l’intermédiaire d’un morceau d’amadou portant un fragment de phosphore qu’on enflammait à l’aide d’un fer rouge, passé à travers le mercure. Introduisant dans la cloche une solution alcaline, Lavoisier absorbait le gaz carbonique et mesurait le résidu d’oxygène pur : il a trouvé ainsi que 28 parties de charbon exigent pour brûler 72 parties d’oxygène, rapport peu éloigné de la vérité, et il a constaté que l’acide aériforme produit a une pesanteur justement égale à la somme du poids d’oxygène et de charbon qui ont servi à le former.

La découverte de l’acide carbonique et de sa composition a eu, dans l’histoire de la chimie, une importance considérable.

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