‹ Encyclopédie chimique. Tome II.- Métalloïdes. 2e section (volume 2)Chapitre 96 sur 197 · CHLORURE DE CYANOGÈNE SOUDE · texte numérisé non relu

CHLORURE DE CYANOGÈNE SOUDE

GfGlL

Le chlorure de cyanogène solide a été observé pour la première lois par Serullas en 1827, mais il le considérait comme une combinaison du précédent avec un excès de chlore. Liebig reprit cette étude et montra qu’il avait la même composition centésimale que le cyanure liquide GyGl. Le chlorure de cyanogène solide Gy®GP, polymère du précédent, s’obtient lorsqu’on emploie un excès de chlore dans la préparation du chlorure GyGl. Alors au bout de quelques jours le liquide laisse déposer des cristaux qui ont la même composition que le chlorure GyGl. L’action delà lumière favorise cette polymérisation. On a été conduit à donner à ce composé la formule Gy^Gl®, d’abord à cause de sa densité de vapeur qui est trois fois plus considérable que celle du chlorure gazeux, et ensuite à cause de la décomposition de ce corps sous l’influence de l’eau et des alcalis en acide chlorhydrique et acide cyanurique dont la composition est Gy®0®,3H0 (voir amides) ;

Gy^Gl^* 4-3HW = Gy»0%3H0-f-5HG1.

On comprend que la présence d’un alcali pouvant s’unir aux produits de cette décomposition la rende plus rapide, c’est là une question de thermochimie, et l’expérience la vérifie parfaitement.

On peut aussi effectuer le passage inverse de l’acide cyanurique en chlorure de cyanogène solide, en le chlorurant au moyen d’un corps fréquemment usité pour cet usage en chimie organique, le perchlorure de phosphore. Ge corps cède une partie de son chlore en absorbant de l’oxygène et passant à l’état d’oxychlorure. On a :

Gf 0’,3H0 + 3PhGl® = 3PhGl’0^ 4- 3HG1 + Gy’GP.

Un procédé de préparation avantageux est justement fondé sur cette réaction

CyANOGÈNE. 513

On met dans une cornue munie d’un ballon réfrigérant de l’acide cyanurique, bien sec, intimement mélangé avec six fois son poids environ de perchlorure de phosphore. On chauffe doucement; ce qui passe à la distillation consiste principalement en oxychlorure de phosphore et chlorure de cyanogène solide, qui est dissous dans l’oxychlorure. En traitant le liquide par l’eau, on décompose l’oxychlorure de phosphore, et il se précipite du chlorure de cyanogène solide, que l’on lave à l’eau et que l’on fait cristalliser dans l’éther. Ce procédé réussit parfaitement, surtout en employant une quantité un peu notable d’acide cyanurique ; il donne un produit tout à fait pur. On peut aussi effectuer la même décomposition en tubes scellés chauffés vers 150 ou 200", puis ouvrir les tubes et traiter leur contenu par l’eau; mais ce procédé est moins commode.

On a aussi employé pour cette préparation la décomposition du sulfocyanate de potasse par le chlore. Le sulfocyanate de potasse, aussi sec que possible, est placé dans une cornue tubulée, légèrement chauffée et traversée par un courant de chlore sec. Il se forme dans cette action du chlorure de cyanogène solide et du chlorure de soufre qui distille, en entraînant une partie du chlorure de cyanogène, tandis que l’autre tapisse les parois de l’appareil. On recueille ces cristaux et l’on évapore le liquide distillé dans un courant de chlore, qui entraîne le chlorure de soufre. On obtient ainsi une nouvelle quantité de cristaux de chlorure de cyanogène solide, mouillés d’un liquide jaune ayant un point d’ébullition assez élevé. On réunit alors tous les cristaux et ou les distille dans un courant de chlore. Il ne reste à la fin, dans la cornue, que le liquide jaune qui bout à une plus haute température. C’est le procédé de Liebig.

On peut aussi exposer au soleil un mélange de chlore en excès et de cyanure de mercure ; le liquide qui se forme ainsi, conservé en tubes scellés, donne bientôt des cristaux de cyanogène solide.

Propriétés physiques. — Les cristaux que l’on obtient par un de ces procédés sont de petites aiguilles de densité 1,52, fondant à 140" en un liquide transparent, qui bout à 190". Sa densité de vapeur d’après Bineau‘ est 6,35 ; elle correspond à quatre volumes. Son odeur est piquante et rappelle à la fois celle du chlore et de la souris ; elle provoque facilement le larmoiement. Il est très vénéneux ; à la dose de 5 centigrammes, il tue les lapins.

Ce corps se dissout peu dans l’eau ; sa solution aqueuse s’altère d’ailleurs rapidement : il se forme de l’acide chlorhydrique et de l’acide cyanurique. 11 est beaucoup plus soluble dans l’alcool et dans l’éther ; c’est principalement ce dernier composé que l’on emploie pour obtenir de beaux cristaux; l’eau le précipite de ses solutions alcooliques ou éthérées. La solution alcoolique se conserve quand elle est faite avec de l’alcool absolu.

Les alcalis décomposent le chlorure de cyanogène de la même façon que l’eau : on obtient un chlorure et un cyanurate. L’ammoniaque, en solution alcoolique, agit comme les alcalis fixes. En solution aqueuse, elle donne de la chlorocyanuramide Cy"(AzH^)^Cl.

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