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COMBINAISON DES DEUX SULEMES INFÉRIEURS SOLIDES DE PHOSPHORE

pyS,PhS.

Berzélius a décrit, non seulement deux états isomériques solides des sulfures inférieurs PIPS et PhS, mais encore leur combinaison (Ph^S,PhS). 11 en cite l’analyse, ce qu’il ne fait pas pour les corps précédents.

Propriétés. — « La combinaison (Ph2S,PhS) est une masse couleur rouge de minium. Elle n’a ni odeur, ni saveur et ne s’altère point à Pair. Soumise à la distillation sèche, elle se transforme en une combinaison liquide correspondante. Elle s’enflamme bien au-dessous de 100° et brûle avec une flamme brillante comme celle du phosphore, en répandant une épaisse fumée. » Elle se dissout dans le protosulfure de phosphore bouillant, et donne ainsi une solution rouge ; après la distillation du protosulfure (?), elle reste sous forme d’un gâteau rouge foncé, un peu mou et susceptible d’être rayé par l’ongle.

t. C’est par erreur que dans la dernière édition du Traité de chimie générale de MM. Pelouze et Fremy, on a indiqué le protosuU'ure isomérique comme étant range. {Traité de chimie générale, 3“ édition, année 1805, t. I, p. 060.)

Préparation. — La combinaison (PliS,Ph®S) a été obtenue par Cerzélius en faisant réagir le protosulfurc liquide PIiS sur le sulfure de zinc préparé par voie buraide; il opérait avec les mêmes précautions que pour produire le protosulfurc isomérique solide avec le sulfure de manganèse.

Dans cette expérience, « il suffit d’avoir un tube à deux boules parce que la combinaison s’opère sans qu’il se dégj^age beaucoup de chaleur. Le sulfure de zinc devient d’abord jaune, puis quand on continue à le chauffer jusqu’à ce que la première boule ne renferme plus de protosulfure condensé liquide, il prend une belle couleur rouge, semblable à celle du minium. Le produit de la distillation -contient moins de phosphore que le protosulfure, et dépose des cristaux qui n’ont point été examinés, mais qui consistent probablement en pentasulfure. La combinaison ainsi obtenue est rouge dans toute sa masse, et donne une poudre d’un beau rouge de minium. Si l’on chauffe cette combinaison très peu au delà du degré où elle a pris naissance, elle prend dans le vase distillatoire une couleur blanche, tandis qu’un sulfure de phosphore liquide passe à la distillation.

« Lorsqu’on traite cette combinaison par l’acide chlorhydrique concentré, le sulfure de zinc se dissout avec dégagement de gaz hydrogène sulfuré, et il reste à la fin une masse rouge. Si la matière soumise à l’action de l’acide a été employée à l’état de fragments, cette masse conserve la forme des fragments ; du reste, elle est très légère, se soulève fréquemment et s’attache aux parois du verre, d’où il est difficile de la faire retomber dans le liquide. Après avoir été lavée, elle peut être desséchée au moyen de l’acide sulfurique ou simplement à l’air. Elle est composée de sous-sulfure et de protosulfure de phosphore. Dans la première réaction qu’exerce ce dernier sur le sulfure de zinc, il se forme un sulfosel double de zinc et de protosulfure de phosphore; ce sulfosel se transforme, sous l’influence prolongée d’une douce chaleur et par l’action du protosulfure, en une combinaison de 1 équivalent de sulfure double de zinc et de protosulfure de phosphore avec 1 équivalent de sulfure de zinc saturé par 1 équivalent de sous-sulfure de phosphore. De là vient que le produit de la distillation jouit de la propriété de donner des cristaux de pentasulfure de phosphore. »

DISCUSSION SUR LA NATURE YÉRITARLE DES SULFURES INFÉRIEURS LIQUIDES DE PHOSPHORE

Dans ces derniers temps, on s’est demandé quelle est la véritable nature des sulfures inférieurs liquides de phosphore Ph*S et PhS et si ces corps sont des combinaisons chimiques véritables.

Nous résumerons les expériences faites récemment en Allemagne pour résoudre cette question : elles sont dues principalement à M. Schulze {Journal fûr praklisc le Chemie, tome XXII, page 115, année 1880).

Pliénomcncs lhermitlues dans l’action du pliospliorc snr le soufre. —

M. Ramme avait constaté qu’en fondant sous l’eau du phosphore et du soufre il n’y a aucune élévation de température appréciable ; il en concluait que les sulfures inférieurs de phosphore sont de simples mélanges {Berichte der deutschen chemischen Gesellschaft, tome XII, pages 9-40 et 13^0).

M. Schulze a répété la mèm(i expérience en prenant du soufre soluble qui, comme nous l’avons vu plus haut d’après lui, agit seul à froid sur le phosphore : 100 grammes de phosphore en grains furent mêlés à 30 grammes de soufre soluble clans un cylindre qui était plongé jusqu’au bord dans une sorte de calorimètre à eau. La combinaison eut lieu rapidement, mais sans élévation de température appréciable ; il y eut au contraire un faible abaissement de température de 0'’,5 environ (Journal für praktische Chemie, année 1880, tome XXII, page 118).

E.ssai de séparation par refroidissement. — 1. — Le SOUS-Sulfure Pll-S ne se solidifie pas à une température déterminée en une masse homogène ; il laisse déposer déjà à 8“ ou 9” des cristaux de phosphore qui se rcdissolvent si l’on rechauffe vers 15®.

Dans les analyses faites à ce sujet, M. Schulze a trouvé :

Liquide primitif. . . . 79,5 p. 100 de phosphore et 20,5 p. 100 de soufre (PyS). Partie cristallisée à 9°. 98,0 p. 100 — 1,8 P- 100 de soufre.

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