‹ Encyclopédie chimique. Tome II.- Métalloïdes. 2e sectionChapitre 145 sur 166 · LAPIN · texte numérisé non relu

LAPIN

de 1700 grammes ayant pris durant 15 j.

des doses croissantes d’acide arsénieux de O^sOOo à Os'.Oô.

Mort le 15' jour.

CHIEN GRIFFON ayant pris pendant

32 jours

des doses croissantes d’AsO* de fl6^003 à Os'.OO. Tué par une saignée artérielle à blanc.

Anneau très faible.

Anneau faible.

Anneau énorme.

indosable.

Fort anneau.

100 f de cerveau.. ..

100 E'' de moelle .

On voit, par ces nombres, que c’est surtout dans la substance nerveuse que se concentre le poison. Pour le premier de ces animaux, la quantité d’arsenic retirée de 100 grammes de muscles frais étant égale à 1, celle de 100 de foie égale 10,8, celle de 100 de cerveau égale 56,5, celle de 100 de moelle égale 57,3.

Les résultats sont plus frappants peut-être dans les empoisonnements aigus. On les obtenait en injectant sous la peau de l’animal des doses connues d’arsénite de soude. Un bouledogue de 11 kilogrammes ayant ainsi reçu 08%15 d’acide arsénieux, mourut en 17 heures. L’anneau arsenical du cerveau était très fort, moindre pour la moelle, à peine sensible pour le foie et les muscles. Un chien griffon du même poids, ayant reçu en injection dans le tissu cellulaire 0s%10 d’acide arsénieux à l’état d’arsénite, est mort en 17 heures et demie. L’anneau du cerveau a pesé pour 100 grammes de parties fraîches, Os^OOlH. L’anneau provenant de 200 grammes de son foie, quoique bien visible, n’était pas dosable ; celui des muscles était presque invisible.

Ainsi, d’après ces expériences, l’arsenic se localiserait tout spécialement dans le tissu nerveux des animaux empoisonnés, et dans les empoisonnements aigus, qui sont les plus fréquents, l’expert légiste devrait rechercher le métalloïde surtout dans le cerveau des victimes, le foie, quand les accidents sont très-rapides, pouvant quelquefois n’en point contenir.

C’est par l’action des centres nerveux sur les organes périphériques que s’expliqueraient, chez les individus soumis aux arsenicaux, l’atrophie et la paralysie musculaires, ainsi que les aberrations de sensibilité que l’on observe surtout sur les extrémités des sujets soumis à l’action de ce poison.

La localisation de l’arsenic dans le tissu nerveux pourrait s’expliquer peut-être par la substitution de ce métalloïde au phosphore dans les lécithines cérébrales.

ARSENIC

(D. Scolosuboff. Sur la localisation de l’arsenic dans les divers tissus des animaux empoisonnés, Bulletin de la Société chimique, tome XXIV, page 124.)

D’après les expériences de M.M. Mayençon et Bergeret, l’arsenic s’élimine en totalité par les urines, mais l'élimination dure assez longtemps. Les eaux sulfureuses paraissent en bâter l’expulsion {Compt. rend., t. LXXIX, p. 118).

Les plantes peuvent absorber sans inconvénient pour elles une certaine quantité d’arsenic (provenant des surperphospliates préparés avec de l’acide sulfurique arsenical). Le fait a été démontré par les expériences de M. Davj [Philosophical Magazine et Journal of Science, t. XVIII, p. 108).

Ce chimiste pense que, par l’emploi continuel de légumes ne contenant même que de très petites parcelles d’arsenic, le poison peut s’accumuler graduellement en quantité assez notable dans l’organisation pour finir par exercer une influence fatale sur la santé de l’homme et de l’animal ; car, dit-il, l’arsenic est un poison s’accumulant.

Cette dernière assertion est loin d’être démontrée ; il peut bien arriver, comme l’a reconnu M. Flandrin, que l’expulsion de ce poison hors de l’organisme soit parfois moins rapide que son absorption, comme par exemple lorsque les organes de sécrétion sont dans un état maladif, mais de pareilles circonstances sont exceptionnelles. On n’a aucune preuve que l’acide arsénieux, donné en doses infinitésimales, puisse s’accumuler dans l’organisation humaine de manière à produire des effets pernicieux. On possède au contraire de nombreuses preuves de l’élimination rapide de petites quantités d'arsenic hors de l’organisme par la voie des excréments (Taylor, Sur les poisons, 1859). .4ux faits rapportés plus haut, qui semblent démontrer l’élimination rapide de l’arsenic, nous ajouterons le suivant : Bunsen a visité les sources de Reichenstern, eu Silésie; les eaux de cette source contiennent de l’arsenic en dissolution et cependant les indigènes se servent de cette eau dans leurs usages domestiques et la boivent sans en ressentir aucun mal. Enfin on sait combien est fréquent aujourd’hui l’usage de la solution de l’owler.

On emploie comme contre-poison de l’acide arsénieux le sexquioxyde de fer hydraté ou la magnésie faiblement calcinée, qui forment avec cet acide des composés insolubles.

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