‹ Encyclopédie chimique. Tome II.- Métalloïdes. 2e sectionChapitre 146 sur 166 · CARACTÈRES ANALYTIQUES · texte numérisé non relu

CARACTÈRES ANALYTIQUES

L’acide arsénieux est volatil sans décomposition. Lorsqu’on le chauffe dans un tube fermé par un bout, il se sublime et forme contre les parties froides un enduit blanc, cristallin.

Mêlé avec du charbon et un peu de carbonate de soude, ou mieux, avec du cyanure de potassium, et chauffé dans un petit tube fermé par un bout, il donne un sublimé noir d’arsenic.

Lorsqu’on chauffe l’acide arsénieux au chalumeau dans la flamme intérieure et sur le charbon, surtout après l’addition d’un peu de carbonate de soude, il se développe une odeur d’ail très prononcée.

L’hydrogène sulfuré donne avec les solutions d’acide arsénieux un précipité jaune de sulfure d’arsenic, .\sS=, soluble dans la potasse, l’ammoniaque, les sulfures alcalins et insoluble dans l’acide chlorhydrique.

Les solutions d’acide arsénieux sont précipitées en jaune par l’azotate d’argent ammoniacal et en vert jaunfitre par le sulfate de cuivre ammoniacal; ces précipités sont de l’arsénite d’argent et de l’arsénite de cuivre.

Une lame de zinc réduit la solution d’acide arsénieux dans l’acide chlorhydrique

Si l’on calcine dans un petit tube un mélange d’acide arsénieux et d’acétate de potasse, il se forme du cacodyle, dont l’odeur caractéristique permet de reconnaître les moindres traces de ce corps.

Introduit dans un appareil producteur d’hydrogène, l’acide arsénieux se change en hydrogène arsénié.

Thénard a déterminé la composition de l’acide arsénieux en brûlant un poids connu d’arsenic dans un excès d’oxygène .

MM. Pelouze et Dumas ont obtenu un résultat plus exact en utilisant la décomposition par l’eau du clilorure d’arsenic :

• AsCU + 5I10 = As0^ + 3HCl.

Partant d’un poids déterminé de chlorure d’arsenic, ils ont dosé le chlore à l’état de chlorure d’argent et ont déduit l’arsenic par différence.

Or les arséniates et les phosphates étant isomorphes et d’autre part l’acide arsénieux et l’acide phosphoreux fixant, pour se transformer en acides arséniqueet phosphorique, la même proportion d’oxygène, soit les 2/5 de celle qu’ils renferment, on a été conduit à donner à l’acide arsénieux la formule AsO^, correspondant à celle de l’acide phosphoreux.

L’analyse précédente ayant montré que c’est le poids 75 d’arsenic qui est uni à 3 X 35,5 de chlore dans le composé, on en conclut que 75 est l’équivalent de l’arsenic et que 75 -h 3 X8 = 99 est l’équivalent de l’acide arsénieux.

En s’appuyant sur cette comjiosition de l’acide arsénieux, on a pu déterminer l’équivalent en volume de l’arsenic. En effet, si l’on retranche de la densité de

l’acide arsénieux . 13,850

le triple de la densité de l’oxygène . 3,318

on obtient le nombre . 10,532

qui est à fort peu près la densité de vapeur de l’arsenic.

PRÉPARATION

On obtient industriellement l’acide arsénieux comme produit accessoire dans le grillage des minerais de nickel et de cobalt, et comme produit principal dans le grillage du fer arsenical.

Ces opérations s’exécutent dans des fours à réverbère qui communiquent avec des chambres où l’acide arsénieux vient se condenser.

Les minerais arsénifères réduits en poudre sont grillés dans un grand nioufle (fig. 136) en argile réfractaire, placé dans une position légèrement inclinée au centre d’un fourneau à réverbère. Ce moufle est entouré par la flamme du foyer, les produits de la combustion se dégagent par la cheminée d. Les métaux con

ARSENIC

tenus dans les minerais sont oxydés par le courant d’air qui traverse le moufle; l’arsenic se transforme en acide arsénieux, et les vapeurs de cet acide vont se reii-

Eig. 150.

dre par le conduit c, d'abord dans une grande chambre au niveau du four et placée derrière lui, puis de là dans une série de chambres de condensation (fig. 157) disposées en étages, où elles se déposent en poudre fine.

Les gaz et les vapeurs parcourent les chambres dans le sons indiqué par les flèches, et s’échappent dans l’atmosphère par la cheminée.

L’acide arsénieux ainsi obtenu est désigné sous le nom de fleurs d'arsenic. Dans cet état, il n’est pas pur ; il contient des substances étrangères entraînées mécaniquement. Avant d’être livré au commerce, il est raffiné et converti en masses compactes et vitreuses, ce qui en facilite le transport.

Pour purifier l’acide arsénieux, on le sublime de nouveau dans des vases de fonte a (Gg. 158) placés sur un fourneau, et surmontés de cylindres courts en fonte

Fig. 158.

OU en tôle c, c, faisant l’office de condenseurs. Ces condenseurs sont recouverts de cliapiteaux d munis de tubes de dégorgement e, qui viennent aboutir dans une caisse de condensation en bois g.

Lorsque le chauffage est bien conduit, la condensation des vapeurs se fait en grande partie sur les parois des cylindres c, où elles se prennent en masses d'un aspect vitreux.

Après cette purification, l’acide arsénieux ne contient ordinairement comme impureté que de l’oxyde d'antimoine.

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