BROMURE D’ARSENIC
AsBr’.
Le bromure d’arsenic est un corps solide, incolore, déliquescent, qui cristallise en prismes allongés: il entre en fusion vers -+- 20" et bout à 220". Il se décompose en acide arsénieux et en acide bromhydrique quand on le met en contact avec une grande quantité d’eau.
Le bromure d’arsenic dissout l’acide arsénieux ; on obtient un liquide visqueux et brun qui se sépare en deux couches : la première est de l’oxybromure d’arsenic AsO-lir, l’inférieure est une combinaison de cet oxybromure et d’acide arsénieux. Soumis à l’action de la chaleur, ces composés laissent dégager du bromure d’arsenic.
On connaît un oxybromure d’arsenic hydraté 2{AsO-Br)-|- 6 HO qui se dépose sous forme de cristaux nacrés par l’évaporation d’une dissolution de bromure d’arsenic dans une dissolution d’acide bromhydrique (Wallace).
M. Berthelot a mesuré la chaleur de formation du bromure d’arsenic; il a trouvé que ;
/ Brome gaz. -f- 59“', 1 As 4- Br" dégagent | Brome liq. -f- 47“',1 ( Brome sol. -|- 46“', 7.
M. Berthelot a conclu do ces chiffres que le bromure d'arsenic doit être décomposé par l’oxygène, car
AsBr"-l-50=:As0"-l- 3Br gaz. dégagerait 18“', 2.
II suffit en effet.de faire tomber quelques gouttes de ce composé dans un matràs de verre plein d’oxygène sec et dont le fond est chauffé au rouge sombre, pour voir apparaître le brome avec formation d’oxybromure. Le même essai, répété dans un matras plein d’acide carbonique, ne détermine aucune décomposition du bromure. (Berthelot, Essai de mécanique chimique, t. II, p. 491.)
On prépare le bromure d’arsenic en distillant du brome avec un excès d’arsenic pulvérisé, qu’on a eu soin d'ajouter peu à peu, car la combinaison se fait avec dégagement de chaleur et de lumière (Sérullas).
On peut encore l’obtenir en ajoutant de l’arsenic à une dissolution de brome dans le sulfure de carbone ; le bromure d’arsenic qui se forme se dissout dans le sulfure de carbone, qui l’abandonne en cristaux par son évaporation (Nicklès).
lODÜRE D’ARSEINIG
AsW
L’iodure d’arsenic est un corps solide qui se présente sous forme de lamelles brillantes, d’un rouge brique.
11 est inaltérable à l’air.
Ses cristaux dérivent d’une double pyramide à 6 faces, dont les sommets sont modifiés par une face terminale. Le plus souvent cette face prend un tel développement que le cristal affecte la forme d'une table hexagonale. Ces 2 pyramides se coupent par leur base sous un angle de 155'’,60'; elles forment avec la face terminale un angle de 120".
A côté de ces faces principales, on rencontre souvent des facettes secondaires paraissant appartenir à des formes liémiédriques , ces formes se développent facilement dans l’iodure d’arsenic lorsqu’on le fait cristalliser en présence d’un excès d’iode ; le produit perd cet excédent par l’abandon à l’air ; la forme cristalline ne se ressent pas de cette perte, la couleur seule est changée; de brune elle est devenue rouge. (Nickiès, Comptes rendus, t. XLVlll, p. 857.)
L’iodure d’arsenic est fusible et volatil sans décomposition.
11 est soluble dans le chloroforme, l’alcool, l'éther, la benzine, le sulfure de carbone, peu soluble dans l’acide chlorhydrique.
Il brûle à l’air, ou mieux dans un courant d’oxygène avec une belle flamme violette, en produisant de l’acide arsénieux et de l’iode libre.
Il se dissout dans l’eau bouillante. Cette solution aqueuse, qui est incolore et qui doit renfermer par conséquent de l’acide arsénieux et de l’acide iodhydrique, fournit de nouveau l’iodure d’arsenic par évaporation. Aussi obtient-on aisément cet iodure par voie humide en ajoutant de l’iodure de potassium à tme solution chlorhydrique chaude d’acide arsénieux. Le triiodure se dépose alors sous la forme d’une poudre cristalline jaune rouge : par le refroidissement, une autre portion se dépose en tables hexagonales foncées. Ce qui reste eu solution (environ 15 %) peut être enlevé par l’éther.
Le triiodure en solution éthérée absorbe le gaz ammoniac ; il se forme un précipité volumineux blanc, qui renferme 2Asr,9AzH".
■ Chauffé à 150" avec de l’alcool, l’iodure d’arsenic se décompose en donnant de l’iodure d’éthyle et de l’acide arsénieux (MM. Bamberger et Philipp).
L’acide sulfhydrique décompose la solution d’iodure d’arsenic en formant du Ins"!fure d’arsenic.
•M. Berthelet a déterminé la chaleur de formation d’iodure d’arsenic; il a trouve que:
f Igaz. -t-28“,8 Az-t-P dégagerait < Iliq. + 19",2 ( I sol. -1- 12",6.
ARSENIC
D’après ces chiffres, on voit que l’oxygène doit Jc'composer l’iodure d’arsenic, AsP +50 = AsO'> + 51. gaz dégagerait à froid + 48s5.
L’iodure d’arsenic cliauffé. dans l’oxygène s’enflamme en effet avec production d’iode et d’acide arsénieux (.M. Berthelet) .
On prépare l’iodure d’arsenic par voie sèche en distillant un mélange de 5 parties d’iode et de 1 partie d’arsenic.
On peut aussi l’obtenir par voie humide en faisant digérer 10 parties d’iode et 3 parties d’arsenic avec 100 parties d’eau ; la liqueur décantée et soumise à l’évaporation abandonne des cristaux rouges d’iodure d’arsenic hydraté.
Ces cristaux, chauffés jusqu’à ce qu’ils entrent en fusion, donnent de l’iodure d’arsenic anhydre (Plisson).
On peut encore dissoudre de l’acide arsénieux dans l’acide iodhydrique et évaporer la liqueur à sec; l’iodure d’arsenic cristallise sous forme d’écailles jaunes (M. Babcock).
Lorsqu’on fait passer un courant d’hydrogène arsénié dans un tube renfermant de l’iode, on obtient un dépôt jaune d’iodure d’arsenic, qui devient rouge lorsqu’on le chauffe dans un excès d’arséniure d’hydrogène (M. Husson) .
On peut le préparer plus facilement en faisant agir l’arsenic en poudre sur une dissolution d’iode dans le sulfure de carbone. L’iodure formé cristallise pai évaporation du liquide (Nicklès).
L’iodure d’arsenic est utilisé en médecine.
BIIODURE D’ARSENIC
AsD.
MM. Bamherger et Philipp ont signalé l’existence d’un biiodure d’arsenic, correspondant au biiodure de phosphore.
Lorsqu’on chauffe le triiodure d’arsenic en solution sulfocarbonique à 1 30“ avec de l’arsenic en poudre, on obtient par le refroidissement, à côté des tables de triiodure, des cristaux prismatiques de biiodure.
Pour préparer ce dernier, on chauffe en tubes scellés, à 250“, 1 partie d’arsenic avec 2 parties d’iode. Après 7 à 8 heures, on laisse refroidir et on chauffe de nouveau le tube à 150" dans une position verticale ; l’arsenic en excès se réunit alors à la partie inférieure. Le produit de la réaction, le biiodure est d’un rouge cerise foncé ; c’est une masse radiée parsemée de cavités que tapissent de longues aiguilles.
Il est très oxydable à l’air, soluble dans le sulfure de carbone, l’alcool, l'éther, le chloroforme ; ces solutions sont encore plus oxydables que le produit solide et renferment après oxydation du triiodure.
L’eau noircit les cristaux de biiodure, les alcalis encore plus rapidement : le biiodure se décompose dans ces conditions suivant l’équation :
5AsP=2AsP-hAs.
536 E^'CYCLOrÉDIE CHIMIQUE
Le biiodure cristallise dans le chloroforme en cristaux prismatiques minces creux, terminés en pointe, dont la mesure présente certaines difficultés (Deulsche chemisch Geselhchasft, l. XIV, p. 2645).
FLUORURE D’ARSENIC
AsFiX
Le fluorure d’arsenic est un liquide incolore, fumant à l’air, bouillant de Go” à CG”. Sa densité est égale à 2,75. Il se dissout dans l’alcool et dans l’éther.
Il attaque le verre en formant du fluorure de silicium et de l’acide arsénieux t d’après M. Mac Ivor, il ne l’attaquerait pas lorsqu’il est pur (Chemical News^ t. XXX, p. 169).
L’eau le décompose en acide arsénieux et acide fluorbydrique ou, suivant d’autres auteurs, en acide arsénieux et en une combinaison de fluorure d’arsenic et d’acide fluorhydrique, qui serait analogue à l’acide hydrofluosilicique.
Le fluorure d’arsenic se combine avec le gaz ammoniac, en donnant une masse amorphe, blanche, soluble dans l’alcool et l’éther, mais se décomposant en présence de l’eau en arsénite et fluorhydiate d’ammoniaque.
On prépare le fluorure d’arsenic en distillant dans un appareil de platine ou de plomb un mélange de 5 parties de spath fluor, 4 parties d’acide arsénieux et 10 parties d’acide sulfurique concentré.
On peut encore l’obtenir en distillant du chlorure d’arsenic avec de l’acide sulfurique et du fluorure de calcium.