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Action de V ammoniaque sur le chlorure de soufre. — Sulfure d’azote. — I. Combinaisons du sulfure d'azote avec le bichlorure de soufre. — Cette action a été étudiée pour la première fois par Soubeyran en 1857. Ce clilmiste a pu de cette façon mettre en évidence un composé nouveau, le sulfure d'azote, auquel il a attribué la formule AzS"’. Fordos etCélis, qui ont repris plus tard l’étude de ce composé, ont montré que sa véritable formule était AzS^ ; ils ont fait connaître en même temps quelques combinaisons du sulfure d’azote avec des chlorures de soufre.
Pour obtenir du sulfure d’azote, d’après la méthode de ces deux chimistes, on fait arriver du gaz ammoniac dans du clilorure de soufre dissous dans 8 à 10 fois son volume de sulfure de carbone. Dès le début de l’opération, on constate la formation d’une certaine quantité de soufre, de sulfure d’azote et de chlorhydrate d’ammoniaque. Le sulfure d’azote prenant naissance, avec du soufre, en présence du chlorure de soufre en excès, forme avec ces deux corps différentes combinaisons colorées en jaune ou en rouge; aussi la liqueur se fonce-t-elle de plus en plus. Mais toutes ces combinaisons sont facilement détruites par l’ammoniaque en excès. Il convient d’arrêter l’opération lorsque la couleur de la liqueur est redevenue d’un jaune orangé; un trop grand excès d’ammoniaque décomposerait le sulfure d’azote. Gomme le sulfure d’azote est moins soluble que le soufre dans le sulfure de carbone, c’est lui qui cristallise le premier.
Quel que soit l’état de chloruration du chlorure de soufre employé, le résultat lilial est toujours le même, sauf la quantité de soufre mise en liberté (Fordos et Gélis) ;
3S‘CP-+- 8AzlF= 2AzS^-F 8S -j- GAzlPCl.
Le sulfure d’azote forme des cristaux transparents, d’un jaune doré, appartenant au prisme rhomboidal (Nicklès). 11 détone par le choc, ou spontanément à la température de 160“. Insoluble dans l’eau, peu soluble dans l’éther, il se dissout bien dans le sulfure de carbone. 1000 parties de sulfure de carbone dissolvent 15 parties de sulfure d’azote. Cette dissolution s’altère rapidement en donnant du soufre et du sulfure de cyanogène. L’air humide ainsi que les dissolutions alcalines le décomposent rapidement.
Le sulfure d’azote forme des combinaisons qu’on peut obtenir à l’état cristallisé, soit avec le protochlorure de soufre S'CF, soit avec le bichlorure S’CD. Ces dernières seulement ont été bien étudiées par Fordos et Gélis. Ce sont les seules que nous décrirons.
Elles sont au nombre de trois. Elles prennent naissance soit par le mélange de leurs composants préalablement dissous dans'le sulfure de carbone, soit par l’action de l’ammoniaque sur le chlorure de soufre.
La première a pour formule S-Cl^,.^zS^; elle se forme en présence d’un excès de cldorure de soufre, et elle cristallise facilement. Exposés à, l’air, ces cristaux abandonnent une partie de leur chlorure de soufre, pour former la combinaison
S2CP,2AzS^
Si on chauffe alors le mélange des deux substances dans un tube ferme, la première se sublime sous forme de longues aiguilles d’un jaune orangé.
La deuxième combinai-son a pour formule S^Cl^,2AzS^; elle s’obtient en cristaux rouge cochenille, en grande quantité dans la préparation du sulfure d’azute. Elle est altérable à l’air. A 100“, elle se transforme dans la combinaison suivante.
La troisième combinaison S^Cl*,5AzS- s’obtient directement en présence d’un excès de sulfure d’azote; en présence de l’eau, elle se décompose et donne un corps d’un très beau bleu.
L’alcool potassé se comporte d'une façon analogue en donnant une couleur améthyste passagère.
Indépendamment des combinaisons décrites ci-dessus, Soubeyran a fait connaître deux combinaisons du bichlorure de soufre S^CP avec l’ammoniaque.
Ces combinaisons se formeraient directement par l’action des deux corps en prenant soin d’éviter toute élévation de température, et en n’agissant que sur peu de matière à la fois. Suivant que l’un ou l’autre des deux corps est en excès, on obtiendrait le composé S*CP,2AzH‘’, ou bien le composé S-CP,4Azir.
Fordos et Gélis, en analysant avec soin l’action de l’ammoniaque sur le chlorure de soufre plus ou moins chargé de chlore, ont montré que ces composés n’existent pas.
IL Combinaison du bichionire de soufre avec le chlorure d'arsenic. — Cette combinaison a été obtenue par Henry Rose en faisant passer un courant de chloi e sur de l’orpiment As-S®; on obtient ainsi un liquide brun dont la composition répond à la formule As^CP-f- oS^CP. {Ann. de Chim. et de Phys., t. LXX, p. 278 et suivantes.)
III. Combinaisons du bichlorure de soufre avec les carbures d'hydrogène. — Guthrie a obtenu avec l’éthylène le composé qui a pour formule C*H*,S^CP, et avec l’amylène celui qui a pour formule C“’IP*’,S^CP. La description de ces composés sera faite avec celle des carbures d’hydrogène qui s’y rattachent.
TÉTACHLORURE DE SOUFRE.
En combinais^ S^CP.
1. Combinaisons du [tétrachlorure de soufre avec les chlorures d'étain, de titane et d'antimoine. — H. Rose a constaté que lorsqu’on mélange avec précaution les bichlorures d’étain et de titane avec le chlorure de soufre, si ou refroidit
ensuite ce mélange on obtient des combinaisons cristallisées qui se détruisent d’ailleurs facilement lorsque la température s’élève.
La difficulté de les séparer du chlorure de soufre dont elles sont imprégnées a déterminé II. Rose à adopter un autre mode de préparation. 11 est parvenu à les obtenir en faisant passer un courant de chlore sec sur les sulfures correspondants.
Le sulfure est disposé dans une boule en verre à laquelle se trouve soudé un large tube effilé à ses deux extrémités ; ce tube est en communication par son extrémité libre avec un tube desséchant pour éviter l’accès de l’air liumidc. Pendant qu’on fait passer le courant de chlore, il suffit de chauffer légèrement la boule : la combinaison se forme et distille dans le tube. A la fin de l’opération, on chasse le chlore par un courant d’air, et on ferme le tube à ses deux extrémités effilées.
'1“ Sulfure d'étain. — Le composé formé par l’action du chlore sur le sulfure d’étain a pour formule Sn®Cl',2S-GP; il forme de gros cristaux jaunes, répandant à l’air dos fumées plus intenses que celles du chlorure d’étain ; l’eau le décompose en produisant une dissolution laiteuse due au soufre; cette dissolution contient en outre les acides sulfurique, chlorhydrique et byposulfureux, lequel ne tarde pas à se décomposer en soufre et acide sulfureux. Do plus l’acide sulfhydrique en précipite du bisulfure d'étain, ce qui a fuit admettre à Rose que l’étain se trouve dans la combinaison à l’état de bichlorure SnCP.
Ces cristaux sont intégralement dissous par l’acide azotique de concentration moyenne et le soufre y est transformé en acide sulfuri([ue. On peut aisément doser, par les procédés ordinaires, les éléments contenus dans cette dissolution.
2“ Sulfure de titane. — La combinaison obtenue au moyen de ce sulfure a pour formule Ti-Cl‘-|- 2S^CP; elle est solide, amorphe, d’un jaune clair.
Au contact de l’air, do l’eau et de l’acide azotique, elle se comporte comme la combinaison précédemment étudiée, mais elle est moins stable qu’elle sous l’action de la chaleur.
Portée, en effet, à une température un peu élevée, elle dégage du chlorure de soufre, et il reste une combinaison plus riche en chlorure de titane.
5“ Sulfiü'e d'antimoine. — Ce sulfure est attaqué par le chlore, sous l’influence d’une douce chaleur et transformé par le chlore en excès en une masse blanche pulvérulente, non cristalline. Le composé ainsi formé a pour formule
2SbCP,5S-’Cl*.
Il est aisément décomposé par la chalem’ en chlore, chlorure de soufre et chlorure d’antimoine. Aussi cst-il difficile d’obtenir la combinaison débarrassée de ce dernier chlorure.
On a vu ci-dessus que le sulfure d’arsenic donne un composé contenant le bichlorure S^CP et non le tétrachlorure comme les sulfures précédents. [Ann. de Chim. et de Phys., t. LXX, p. 278 et suiv.)
IL Combinaison du tétrachlorure de soufre S^Cl* avec le chlorure d’iode ICP. — Cette combinaison, qui a pour formule .S2CP,1CP-, a été étudiée par '\\éher(Pogg. Ann., t. CXXYlll, j). 450). Pour l’obtenir, il suffit de faire passer un courant de
chlore dans une dissolution d’iode dans le sulfure de carbone Jusqu’à ce que la liqueur soit devenue d’un rouge de vin ; pour purifier les cristaux qui se déposent par l’évaporation du sulfure de carbone, on les dispose dans un long tube effilé où l’on fait circuler du chlore jusqu’à ce que les cristaux n’adhèrent plus aux parois.
On obtient ainsi des prismes d’un rouge oi’angé ressemblant à ceux de chromate de potasse. Chauffés dans un tube ouvert, ils se décomposent en dégageant du chlore, du chlorure d’iode et du chlorure de soufre; dans un tube fermé, ils fondent, et donnent un liquide brun.
L’eau les décompose violemment avec dépôt de soufre; l’acide azotique les dissout intégralement.
111. Combinaison du tétrachlorure de soufre S-C1’‘ avec le chlorure d’aluminium. — Cette combinaison a été également étudiée par Weber ; pour l’obtenir, on chauffe d’abord modérément un mélange de chlorure d’aluminium et de protochlorure de soufre, et on fait passer dans la masse rouge ainsi obtenue un courant de chlore à une température un peu plus élevée. Il se produit ainsi une huile jaune qui finit par cristalliser. Les cristaux ainsi obtenus ont pour composition