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BROMURE DE SOUFRE

S‘Br2=224.

Ce bromure de soufre qui correspond au chlorure de soufre S'‘C1^ par sa composition comme par ses propriétés, est la seule combinaison de brome et de soufre dont on puisse garantir l’existence.

On l’obtient en dissolvant 64 parties de soufre dans 160 parties de brome. L’union des deux corps est accompagnée d’un faible dégagement de chaleur que l’on peut rendre plus sensible par l’agitation.

Le bromure de soufre ainsi obtenu est' un liquide rouge très foncé et transparent ; d’après une remarque de Micbaelis, il ne contracte, comme le mercure, aucune adhérence avec le verre ; son odeur rappelle celle du chlorure de soufre. Sa densité est 2,629. (Ilannay.)

Le bromure de soufre ne peut pas être distillé sans éprouver une décomposition partielle.

D’après Muir, la distillation commence à 60°, mais le thermomètre s’élève rapidement à 190». Entre 190 et 220», on distille environ la moitié du liquide; le résidu est constitué par une masse brune et visqueuse.

La fraction qui a distillé entre 190» et 200», convenablement rectifiée, contient t0,û9 pour 100 de brome; celle dont le point d’ébullition est entre 180» et 185» a donné à l’analyse 19,71 à 20,10 pour 100 de soufre. Or, la formule S‘Br^ exige '/l,o8 de brome et 28,62 de soufre. Il en résulte donc que le point d’ébullition du bromure de soufre est voisin de 200“ (Muir). Micbaelis le place entre 210» et 220».

ENCYCLOPÉDIE CIIIMIOCE.

Sous l’aclion de la chaleur, le bromure de soufre dissout une forte proportion de soufre, et l’abandonne par refroidissement à l’état cristallisé. Mis au contact de l’eau, il tombe d’abord au fond, puis se décompose lentement en acide sulfureux, soufre et acide brombydrique ; si l’eau est chaude, la tlécomposition est faite très lapidement ; elle peut même être accompagnée d’une petite explosion.

Exposé en couche mince au contact de l’air, il se décompose aussi avec lenteur et fournit alors de très beaux cristaux de soufre solubles dans 1-e sulfure de carbone.

L’ammoniaque décompose le bromure de soufre ; cette réaction, accompagnée d’un grand dégagement de chaleur, donne naissance à de l’aüote, du soufre et du bromure d’ammonium. .

Une dissolution de bromure de soufre dans le sulfure de carbone, à laquelle on ajoute de l’ammoniaque, s’écbauffe suffisamment pour être portée à l’ébullition ; si la dissolution contient du phosphore, elle s’enflamme au contact de l’ammoniaque. C’est à une telle dissolution cpie Guyot a donné le nom de nouveau feu lorrain.

Le bromure de soufre est décomposé par le phosphore ordinaire, avec production de bromure de phosphore et de soufre ; sous l’action de la chaleur cette décomposition se fait avec explosion.

Le phosphore amorphe est au contraire sans action sur le bromure de soufre.

La proportion de brome qui peut se combiner avec le soufre ne peut surpasser celle qui répond à la formule S*Br^. En effet, si l’on fait passer un courant d’acide carbonique dans du bromure de soul're contenant du brome en excès, et jiorté aux températures de 15“, 50“ ou 90“, le résidu a toujours pour composition S‘BrL Si l’on répète la même opération, en refroidissant te bromure de soufre additionné de brome au moyen d’un mélange réfrigérant, on n’obtient aucun produit de composition constante (Muir).

Chaleur de formation. — M. Ogier a trouvé par synthèse directe (pie .

S- sol. H- Br liq. = SMlr liq. dégage . 1,0 cal.

S® sol. -1- Br gaz. = S^Br liq. dégage . 5,0 cal.

On sait que le bromure de soufre ne peut être distillé sans altération.

L’addition d’un deuxième équivalent de brome au bromure de soufre a nettement dégagé une très petite quantité de chaleur, soit 0,25 cal., tandis que le troisième équivalent n’a produit aucune variation thermique.

S’il existe un second bromure, il est donc formé avec un dégagement de chaleur très iietit, à partir du premier, comme pour le chlorure.

lODURES DE SOUFRE.

L’iode et le soufre se mélangent aisément par la fusion en toutes proportions, et leur union dégage de la chaleur ; abandonnées au refroidissenumt, ces masses fondues se solidifient en prenant une structure cristalline, rayonnée, semblable au sulfure d’antimoine naturel ; elles perdent de l’iode au contact de l’air (d après Gay-Lussac, elles fondent, à 60“). Si leur refroidissement estasses lent, elles se

divisent quelniiofois en plusieurs parties de densité différente et d’inégale richesse en iode. L’alcool leur enlève, en très peu de temps, la totalité de l’iode qu’elles contiennent. — La fusion de l’iode et du soufre ne semble donc pas permettre d’obtenir une combinaison définie de ces deux éléments.

lodure, S*P. — Guthrie a obtenu cette combinaison par l’action de l’iodure d’éthyle sur le chlorure de soufre S‘GP :

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