SO
HCl
100,00 iTë^
Donc la formule S^O’Cl.HO correspond à 4 volumes.
OXYTÉTRACHLORURE DE SOUFRE.
S*0'>Gl‘ = 2o4.
Ce composé a été découvert par Millon; il avait tout d’abord été décrit par ce chimiste, ainsi que par Marchand, comme étant un chlorure de soufre cristallisé résultant de l’action du chlore humide sur le soufre ou sur le chlorure de soufre.
Préparation. — I. Pour préparer ce composé, d’après le procédé de Millon, on introduit dans un ballon de 4 à 5 litres de capacité, rempli de chlore humide, 20 à 50 grammes de chlorure de soufre saturé de chlore et 2 ou 5 grammes d’eau. Après agitation, on abandonne le ballon pendant 5 heures environ dans un mélange réfrigérant. Un y fait ensuite arriver de nouveau du chlore humide; on agite et on refroidit comme précédemment. On recommence cette suite d’opérations jusqu’à ce que le chlorure de soufre soit entièrement transformé en cristaux. — On soumet enfin cette masse cristallisée à l’action d’un courant de chlore sec pendant 10 à 12 heures, et on la chauffe ensuite doucement jusqu’à ce que les cristaux viennent se déposer sur les parties supérieures du ballon.
11. Michaelis a foit connaître un procédé de préparation beaucoup plus commode que le précédent et basé sur la réaction du chlorure de soufre saturé de chlore à basse température sur l’acide chlorbydrosulfurique.
En admettant avec lui l’existence du chlorure de soufre S*CP, la réaction peut être représentée par l’équation
S^CP + Smi,II0 = SWCP + HCl.
Dans un ballon spacieux, on introduit 155 parties de chlorure de soufre ordinaire S*CP, et 255 parties d’acide chlorhydrosulfurique. Le ballon ayant été refroidi à — 18“ environ, au moyen d’un mélange de neige et de sel marin, on y fait arriver un courant de chlore sec par un tube très large à .son extrémité, afin d’éviter les obstructions. La réaction se révèle par un abondant dégagement de gaz; au bout de quelque temps, le tube qui amène le chlore, ainsi que les parois du ballon, se recouvrent d’une matière solide ; celle-ci envahit rapidement tout le liquide contenu dans le ballon ; il est indispensable de briser sans cesse la croûte qui se forme à la surface de ce liquide, afin que le chlore puisse pénétrer dans toutes ses parties.
Quand la partie liquide a complètement disparu, on éloigne le mélange réfrigé-
IRC, ENCYCLOPÉDIE CHIMIQUE.
rant, mais on continue à faire passer le courant de chlore en secouant sans cesse le ballon. A mesure que le chlorure de soufre en excès se volatilise, la masse, qui était rouge au début, devient de plus en plus blanche. Enfin, tout en continuant à secouer le ballon, on chasse le chlore par un courant d’acide carbonique, et on enferme la matière ainsi obtenue dans des flacons bouchés à l’émeri. Le rendement est de 95 pour 100 environ.
Propriétés. — L’oxytétrachlorure de soufre ainsi obtenu forme une masse cristalline blanche, qui, lorsqu’elle retient un peu de chlore, ressemble au pcrchlorure de phosphore. Il exhale une odeur caractéristique très irritante ; sa vapeur agit surtout très vivement sur les yeux.
L’eau le décompose avec violence; il se forme simultanément de l’acide sulfureux, de l’acide sulfurique et de l’acide chlorhydrique avec dépôt de soufre. Si l’eau a été préalablement refroidie à 0“, la réaction perd toute violence, et elle n’est pas accompagnée d’un dépôt de soufre; elle est donc représentée par l’équation
S‘0'CH -h 4IF0^ = SW,H®0^ -+- + 4HC1.
Dans un flacon mal bouché, ou sous une cloche contenant de l’air humide, l’oxylétrachlorure de soufre se transforme peu à peu avec dégagement de chlore en un liquide jaune composé de chlorure de pyrosulfuryle et de chlorure de thionyle. On peut admettre que la réaction s’accomplit suivant l’équation
S'O'-’CD -h IPO^ = 2S^0*C1 -h2HG1 ;
mais que la combinaison hypothétique S^O'Cl se décompose en partie suivant l’équation
4S^0'‘C1 =2S20»Gl-t-S®0*CP -f 2SO* et en partie suivant l’équation
smi==2so-^+ci.
A la température de 57», l’oxytétrachlorure de soufre entre en fusion, en même temps qu’une partie se sublime et se condense sous forme de fines aiguilles blanches.
Ghauffé pendant longtemps vers 60“, ce composé se détruit : il dégage du chlore et de l’acide sulfureux et donne en même temps naissance au chlorure de pyrosulfiirylc ainsi qu’au chlorure de thionyle :