EXTRACTION DU SÉLÉNIUM
1 . Séléniures naturels. — Le sélénium peut être extrait des séléniures métalliques par le procédé suivant, dù à AViihler.
Le minéral l’éduit en poudre est traité par de l’acide chlorhydrique étendu pour enlever les carbonates terreux. On mêle la poudre lavée, puis séchée, avec son poids de flux noir (crème de tartre carbonisée). Le mélange est introduit dans un creuset, et recouvert d’une couche de poudre de charbon. Le creuset, garni de son couvercle, est exposé pendant une heure à une chaleur modérée. La masse refroidie est rapidement pulvérisée, puis portée sur un filtre sec et traitée par de l’eau bouillante, privée d’air. Elle cède à l’eau de lavage du séléniure de potassium, qui la colore en rouge brun. Si l’on fait ensuite passer un courant d’air dans cette dissolution, tout le sélénium se précipite en flocons rouges. Le sélénium ainsi mis en liberté est lavé, desséché et distillé dans une cornue sur un bain de sable. Il reste d'ordinaire dans la cornue un peu de séléniure métallique qui a été entraîné par le liquide alcalin.
Aujourd’hui, à l’exception de la zorgite, on ne traite jamais directement les séléninres naturels pour en isoler le sélénium; on retire ce métalloïde de certains produits secondaires de l’industrie chimique où il s’accumule.
SKI,ÉNIUM.
2. Boues des chambres de plomb. — Dans les nombreuses fabriques d'acide sulfurique où l'on brûle des pyrites sélénifères, le sélénium se trouve en notable proportion dans les dépôts des chambres de plomb. C’est là que Berzclius l’a découvert et isolé pour la première fois.
Le procédé suivi par Berzélius pour extraire le sélénium est très-long; on le remplace avantageusement par la méthode suivante, due à Wôhler.
On mêle le dépôt de sélénium, lavé et desséché, avec une partie de nitre et une demi-partie de carbonate de potasse, et on projette le mélange par petites portions dans un creuset porté au rouge ; le soufre est alors transformé en acide sulfurique, et le sélénium en acide sélénique.
On dissout dans l’eau le résidu de la calcination ; la dissolution filtrée est portée à l’ébullition avec un excès d’acide chlorhydrique, jusqu’au moment où elle est réduite à un petit volume; en y faisant ensuite passer un courant d’acide sulfureux, tout le sélénium se précipite sous forme d’une matière rouge floconneuse.
3. Acide sulfurique. — Le sélénium se trouve également dans l’acide sulfurique du commerce; sa présence est due à la réduction, par l’acide sulfureux, de l’acide sélénieux provenant du grillage des pyrites ; une partie se dissout dans l’acide sulfurique, une autre partie reste en suspension dans la masse et est quelquefois assez forte pour lui communiquer une teinte rouge sanguinolente.
Pour reconnaître la présence du sélénium dans un acide sulfurique, il suffit d’étendre cet acide de trois fois son volume d’eau et de l’abandonner à un long repos dans un endroit chaud. On peut même doser le sélénium par ce procédé, à la condition d’opérer sur de grandes quantités de matière; lorsque le dépôt est terminé, on décante la liqueur claire avec un siphon ; le sélénium déposé est recueilli sur un filtre taré ; on le lave, on le sèche à 100 degrés, et on le pèse.
Voici, d’après M. Kicnlen (Bull. Soc. chim., t. XXXYH, p. 441), les résultats de tels dosages dans l’acide sulfurique du commerce.