ACIDES DES CHAMBRES
Densité . 1 ,552 (50“,2 Baumé)
Sélénium par litre . 54“’8',2
:) pour 1000 grammes 22'"e^3
Lorsqu’on fait usage d’acide sulfurique sélénifère pour l’affinage de l’argent, on obtient des lingots qui se prêtent mal à la composition d’alliages industriels, notamment à celle des alliages à 930 millièmes.
M. Debray a montré que ces lingots d’affinage, ordinairement au titre de 998 à 999, contiennent du séléniure d’argent qu’on peut mettre en liberté en dissolvant par exemple 150 grammes d’argent dans l’acide nitrique étendu à 10 ou 15“ B. qui est presque sans action sur ce séléniure. (C. B., t. LXXXII, p. ll.?0.)
4. Acide chlorhydrique. — Lorsque l’on emploie de l’acide sulfurique chargé de sélénium, dans la fabrication de l’acide chlorhydrique, ce métalloïde, volatil au ronge, est entraîné avec, les vapeurs chlorhydriques pendant la calcination du sulfate dans les moufles, et se dépose dans les premières bonbonnes de condensation. 11 y forme à la longue une espèce de vase, de couleur rouge-brique qui devient noire à la dessiccation. M. Kienlen {loc. cit.), qui a signalé ces dépôts comme une source industrielle importante, y a trouvé de 41 à 45 pour 100 de sélénium, mêlé à des déchets de toute nature, notamment à des matières goudronneuses provenant du mastic au goudron servant à luter les bonbonnes.
Voici le procédé recommandé par ce chimiste pour l’extraction du sélénium de CCS dépôts. Les boucs délayées dans l’eau sont traitées à froid par le chlore dans une série de gros flacons de Woolf. Le sélénium est converti en bichlorure qui, en présence de l’eau, donne de l’acide sélénieux transformé partiellement par le chlore en acide sélénique :
Se’-Cl‘-4-4llü=2SeO^-f-4HCl .
SeO^ -d- 2HO -1- Cl = SeO'LHO + HCl
Les liqueurs, fortement colorées en noir, sont fdtrées sur une chausse en feutre, puis portées à l’ébullition en présence d’un grand excès d’acide chlorhydrique; l’acide sélénique est transformé en acide sélénieux avec dégagement de chlore. On ramène ensuite au volume primitif et on précipite le sélénium dans de grandes terrines en grès par le sulfite acide de sodium ajouté jusqu’à ce que la liqueur répande une forte odeur d’acide sulfureux. Le sélénium se précipite en gros flocons d’un magnifique rouge cramoisi qui s’agglomèrent en une masse poisseuse à reflets bronzés. On porte à l’ébullition par barbotage de vapeur; le précipité se réunit rapidement au fond de la terrine et se contracte sous la forme d’une masse gris d’acier, d’aspect spongieux. Il ne reste plus qu’à laver le sélénium obtenu, à le dessécher, à le fondre de préférence à feu nu dans un têt à rôtir en grès et à lo couler dans l’eau ou dans des formes en verre.
5. Traitement de lazorgite. — Jusque dans ces dernières années, le sélénium coûtait 1000 francs le kilogramme ; aujourd’hui le kilogramme revient à 40 francs seulement, grâce à la découverte d’un minéral d’une richesse extraordinaire en sélénium, la zorgite, qui nous vient de la République Argentine, et dont voici la composition :
Sélénium . 50,80
Cuivre . 15,00
Plomb . 41,00
Fer . 6,00
Argent . 1,66
Argile et quartz . 4,60
C'est avec ce minerai que M. Billaudot a pu préparer tout le sélénium qu i a présenté à l’Exposition internationale d’électricité, en 1881, sous forme de plaques coulées dont quelques-unes avaient 3 centimètres d’épaisseur et pesaient jusqu a 12S600.
SÉLÉNIUM. ' m
Voici la méthode qu’il emploie pour e.xtraire le sélénium de la zorgite.
Le minerai, finement pulvérisé, est traité par de l’eau régale formée de cinq parties d’acide chlorhydrique concentré et d’une partie d’acide nitrique à 36“ B. Après avoir évaporé la liqueur jusqu’à consistance sirupeuse, pour éliminer les acides chlorhydrique et nitrique, on reprend le résidu par l’eau, et on se débarrasse de la presque totalité du chlorure de plomb par filtration. La liqueur filtrée, contenant tout l’acide sélénieux, est soumise à l’action d’un courant d’acide sulfureux qui en précipite tout le sélénium sous forme d’une poudre rouge marron. Cette poudre, lavée d’abord à l’eau pour lui enlever le chlorure de cuivre, est portée ensuite à l’ébullition avec de l’acide chlorhydrique pur pour la débarrasser des dernières traces de chlorure de plomb ; finalement elle est lavée à l’eau pure, et fondue dans un creuset de plombagine.
Le sélénium qu’on trouve dans le commerce appartient ordinairement à la modification vitreuse; pour l’obtenir en assez grande masse, il est essentiel de refroidir brusquement le sélénium fondu. M. Billaudot coule, pour cela, le sélénium fondu dans une filière en cuivre plongée dans l’eau, et sans attendre la solidification, il fait arriver un courant d’eau sur la surface du liquide. Par ce brusque refroidissement, la masse se transforme intégralement en sélénium vitreux.
Purification du sélénium. ■ — Le sélénium du commerce peut renfermer du soufre ou du tellure ; pour séparer ces trois éléments, on fond le mélange avec sept ou huit parties de cyanure de potassium dans un matras traversé par un courant d’hydrogène. La masse ainsi traitée est portée à l’ébullition avec de l’eau. Si l’on y fait passer un courant d’air, le tellure se précipite. On sursature ensuite la liqueur par l’acide chlorhydrique ; au bout de vingt-quatre heures, tout le sélénium qui avait été transformé en séléniocyanate est déposé. Le soufre reste en dissolution.