I. M. Hittorf admettait comme
Phosphore ordinaire.
Phosphore rouge de ( Phosphore rouge crist
irtant des divers états allotropiques :
aids limite de vapeur de phosphore par litre :
Variation de la limite avec la température. — La limite de la transformation augmente rapidement avec la température, comme dans la plupart des phénomènes de dissociation.
C’est ce qui résulte des expériences faites en 1865 par M. Hittorf, pourvu qu’elles soient convenablement interprétées*. C’est ce que montrent plus en détail les déterminations faites en 1875 par M.M. Troost et Ilautefeuille*'.
Voici les nombres qu’ils ont obtenus et qui confirment les déterminations antérieures. Nous y mettons en regard les tensions de transformation qui forment lu limite définitive du phénomène et les tensions de vaporisation du phosphore ordinaire données par MM. Troost et Hautefeuille d’après l’étude de ce qui se passe Mans les premiers moments de l’expérience ;
Tensions de vapeur
Tensions maxima
empératures.
de phosphore ordinaire
d’abord produites par
limitant la transformation
la vaporisation
allotropique.
du phosphore ordinairi
degrés.
atm.
atm.
La courbe ci-après représente ces résultats.
1. M. Hittorf, Annales de Poggendorff, t. CSXVI, anuée 1863, et M. G. Leinoinc, Annales de Chimie et de Physique, aunée 1871, 4'> série, t. XXIV, p. 129, et année 1872, t. XXVIl, p. 343.
2. Comptes rendus de l'Académie des Sciences, 25 et 27 janvier 1875, Annales scientifiques de l'École normale, aimée 1873, et Annales de Chimie et de Physique, année 1874, t. II, p. 143. Les tensions données par MM. Troost et Hautefeuille, en 1873, correspondent pour 440“ à 5e', 7 de phosphore par litre : j’avais trouvé, en 1871. de 3e',6 à 3*',7 {Annales de Chimie et de Physique, année 1871, t. XXIV). .4. 350“ ils ont trouvé lv',4 par litre ; en interprétant certaines expériences de M. Hittorf, j’avais annoncé 1«',2 {Annales die Chimie et de Physique, année 1872, 1. XXVII, p. 343).
EKCYCLOPÉDIE CHIMIQUE.
On voit par analogie que vers 260“, la transformation doit être à peu près complète.
11 est presque inutile de faire remarquer que' lorsque la quantité de phosphore ordinaire dont on part est au-dessous de la limite, il n’y a pas de phosphore rouge formé ; c’est ainsi qu’un liquide se vaporise tout entier quand il n’est pas en quantité suffisante pour établir la force élastique maximum de sa vapeur. Par exemple, à la température de 440°, je n’ai pas observé la moindre formation de phosphore rouge en chauffant pendant huit heures ls'',42 de phosphore ordinaire dans un hallon'de 500°°, 2, soit 28°,8o pour un litre.
Vitesse «le la transformation. — La vitesse de la transformation est un coté de l’expérience dont on ne peut faire abstraction, car dans la transformation du phosphore, la limite n’est point atteinte instantanément, comme elle l’est dans la plupart des phénomènes de dissociation. La vitesse de la réaction varie à la fois avec la température et avec la quantité de matière employée.
I. — A mesure que la température augmente, la transformation devient plus rapide, c’est-à-dire qu’on met de moins en moins de temps ])Our atteindre la limite. Supposons, par exemple, qu’on parte de 20 grammes de phosphore par litre; vers 500°, l’équilibre se produira au bout d’une demi-heure environ; vers 440°, il faudra quelques heures; vers 260°, il faudrait plusieurs jours. Ainsi aux températures généralement employées pour fabriquer le phosphore, c’est-à-dire entre 260° et 500°, la transformation du phosphore ordmaire est sensiblement complète, mais elle demande un temps considérable. A des températures de 400° à 500°, elle est très rapide, mais incom plète, puisque la limite de la transformation augmente avec la température.
Dans les comparaisons qui vont suivre, nous nous occuperons seulement e a
température de 440“ pour laquelle les déterminations de M. G. Lemoine permettent de suivre presque complètement la marche du phénomène.
11. — La vitesse de la transformation dépend de la quantité de phosphore dont on part. Supposons, pour rendre les expériences comparables, qu’on parte de quantités de phosphore ordinaire assez faibles pour qu’au début la totalité passe à l’étot de vapeur. On trouve que la transformation est très-rapide dès qu’il s’agit do quantités un peu considérables; au contraire, pour de petites quantités elles progressent avec une telle lenteur qu’il devient très difficile de constater la limite. Voici, par exemple, pour la température de 440“ les quantités de phosphore ordinaire persistant au bout d’un certain nombre d’heures lorsqu’on part de différentes quantités de phosphore
ordinaire pour un espace
d’un litre :
phosphore ordinaire
Quantités de phosphore ordinaire persistant à 4i0°, au
bout de :
introduit par litre.
5 min. 45 min. 2 h.
41 lieures.
2»'', 9 (M. Lemoine). .
2gr^9 - - -
5gr,5
5gr,0 - - —
24 ,0 (M. Hittorf) . .
lo,5 11,! 7,0
.30 ,0 (M. Lemoine). .
La limite commune est 3e‘',6.
COURBE REPRÉSENTANT LES POIDS DU PHOSPilORE ORDINAIRE PERSISTANT AU BOUT DE DIFFÉRENTS TE3IPS POUR UN MÊME POIDS P DE PlfOSPIlORB ORDINAIRE INTRODUIT.
2 a iS 24
Échelles : 2 1/2 millimètres pour 1 heure et 2 1/2 millimètres pour 1 gramme.
Fig. 100.
32 heures
On peut se rendre compte de ces mêmes différences en calculant, d’après les données précédentes, la quantité moyenne de phosphore rouge produit en une heure :
Phosphore ordinaire produit par litre.
Phosphore ronge formé en une heure à 440“ Temps ;
De 0 à 2 heures. De 2 à 8 heures. De 8 à 52 heures
o0s^0 12s^50 0er,2û5 0«%015
Les expériences faites en partant du phosphore rouge conduisent, comme on le verra tout à l’heure, à des résultats analogues : lorsqu’on part de 90, 100 et surtout 1 000 grammes par litre, on arrive très- vite à la quantité maximum de phosphore ordinaire qui peut se produire dans l’espace où la vapeur se répand.
Ces faits se comprennent facilement, si l’on réfléchit que dans cette transformation, chaque particule doit agir en quelque sorte pour son compte, indépendamment de ce qui se passe pour les autres. Considérons, par exemple, le changement du phosphore rouge en phosphore ordinaire ; il a lieu avec absorption de chaleur, et cette quantité de chaleur ne laisse pas que d’être considérable. Pour que la transformation se produise, il faut donc que les particules de phosphore rouge absoi’bent et utilisent la chaleur que la source fait circuler autour d’elles. Dès lors, pour obtenir en très peu de temps une quantité de phosphore ordinaire très notable, il faut prendre une masse considérable.
Lorsqu’on part du phosphore rouge pour le changer en phosphore ordinaire dans un espace vide et limité porté tout entier à la même température, une circonstance particulière vient compliquer le phénomène. Si l’on chauffe longtemps des quantités un peu fortes de phosphore rouge, la quantité de phosphore ordinaire d’abord formé diminne : il y a comme nne rétrogradation. Cette diminution ne se produit que jusqu’à une certaine limite, qui est la limite véritable et définitive du phénomène, car elle est la même que celle qu’on obtient en prenant le phosphore ordinaire comme point de départ.
Ce fait, observé par M. G. Lemoine, est mis en évidence par les résultats suivants de ses déterminations, toutes faites à la température de 440“ :
phosphore rouge Quantités de phosphore ordinair
par litre. 50 min.
'lg^8 —
3 produit par litre 32 h. 59 h.
au bout de :
47 h. 80 heures.
COURBE REPBÉSESTAKT LES POIDS DE PHOSPHORE ORDIKAIBE PRODUIT AU BOUT DE DIFFÉRESTS TEMPS
18',8 de phosphore i-ouge par litre.
4!', 9 de phosphore rouge par litre.
16p de phosphore rouge par litre.
305' de phosphore rouge par litre,
litre. 1^
îs : 2 1)2 millimètres pour 1 heure et 2 millimètres pourl gramme
Fig. 101.
On peut donner de ce phénomène l’interprétation que j’ai présentée en 1871 [Annales de Chimie et de Physique, année 1871, 4' série, t. XXIV). Il est le fait même, la conséquence nécessaire de la réaction que nous étudions. L’expérience montre que la limite observée dans la transformation du phosphore rouge en phosphore ordinaire provient certainement de l’existence simultanée de deux actions inverses: l’une accompagne et limite nécessairement l’autre. Le maximum d’abord atteint correspondrait à un équilibre définitif s’il n’était rendu instable par une circonstance spéciale, par un véritable changement d’état des surfaces. Le phosphore ordinaire, se condensant entre les particules de phosphore rouge et se changeant luimême en cet état allotropique, cimente ces particules entre elles. Le phosphore rouge, ainsi aggloméré, se prête moins facilement tant à l’absorption de la chaleur qu’à l’émission du phosphore ordinaire. Les circonstances propres à constituer un équilibre mobile ayant changé, la limite du phénomène change également jusqu’à ce que le phosphore rouge de nouvelle formation soit en quantité suffisante : elle devient à peu près la même que dans le cas où l’on part du phosphore ordinaire, car dans ce cas le phosphore rouge formé est tout de suite extrêmement compacte.
Cette explication est démontrée tout d’abord par le changement d’aspect de la matière. On part du phosphore rouge à l’état de poudre mobile : il passe à l’état de masse compacte : ce sont des grumeaux ou un culot très-difficiles à désagréger par le sulfure de carbone lorsque le temps de chauffe a été très-considérable ou lorsqu’on est parti de très fortes quantités de phosphore rouge (100 grammes et surtout 1000 grammes par litre chauffés pendant huit heures). Il est clair que le phosphore ordinaire doit se dégager moins facilement de cette masse dure et compacte que de la poudre mobile primitivement introduite. De même, lorsqu’on chauffe longtemps du phosphore rouge à raison de 16 grammes et surtout de 50 grammes par litre, on constate nettement qu’une certaine portion de la substance a pris une autre teinte plus pâle : ce phosphore rouge, insoluble dans le sulfure de carbone, est du phosphore rouge de seconde formation*.
1. Le phosphore rouge du commerce contient lui-même une certaine quantité de cette variété plus pâle, avec toutes les transitions. On le reconnaît lorsqu’on le traite par l’eau et qu’on soumet
296 K^■CYaOPÉDIE CHIMIQUE.
La même explication est démontrée encore par ce fait que la limite provisoire qui se produit d’abord ne croît pas indéfiniment avec la quantité de matière employée ; elle s’établit d’autant plus vite qu’on part de masses plus grandes, comme le montrent les déterminations réunies ci-dessus. C’est que cette limite provisoire tient à la transformation du phosphore ordinaire en phosphore rouge ; or le phosphore ordinaire qui se produit tout d’abord aux dépens du phosphore rouge primitif, atteint une tension donnée d’autant plus rapidement qu’on part de masses plus grandes.
MM. Troost et llautefeuille ont cherché à rattacher cette particularité à l’existence des différentes variétés qu’ils admettent pour le phosphore rouge suivant la température de sa préparation. Voici comment ils s’expriment à cet égard [Annales de Chimie et de Physique, année 1874, t. Il, p. 155) :
« Le phosphore rouge, chauffé à une température inférieure à celle où il a été produit, émet des vapeurs avec d’autant plus de lenteur qu’il a été préparé à une température plus élevée, et la tension de vapeur émise croît lentement pour atteindre, sans jamais la dépasser, la tension de ü'ansformation,
« Si, au contraire, le phosphore rouge a été préparé à une température inférieure à celle à laquelle on le soumet ensuite, il se produit un phénomène analogue à celui qu’on observe avec le phosphore ordinaire. La vapeur émise acquiert rapidement une tension supérieure à la tension de transformation correspondant à la nouvelle température; puis cette tension décroît, comme dans le cas du phosphore blanc, pour prendre finalement une valeur minimum qui est celle de la tension de transformation. Chaque variété de phosphore rouge présente donc, lorsqu’on la chauffe à une température supérieure à celle à laquelle elle a été produite, une espèce de tension maximum toujours inférieure à celle du phosphore blanc.
« Ce phénomène général, qui tient à ce que les diverses variétés de phosphore rouge contiennent d’autant plus de chaleur latente qu’elles ont été préparées à plus basse température, comprend celui qu’a observé M. Lemoine en chauffant à 440° du phosphore rouge du commerce et qu’il désigne sous le nom de perturbation en cherchant à l’expliquer par l’hypothèse d’un empâtement particulier qui se produirait à la longue. »
Ces distinctions entre les variétés de phosphore rouge ne suffisent pas, suivant nous, pour rendre compte des faits observés. L’influence qui domine incontestablement ici est le changement que le phosphore rouge subit dans son état de division à mesure que la transformation s’effectue. On l’avait pris à l’état de poudre mobile ; pour peu que l’expérience soit prolongée, on le retrouve à l’état de masses compactes qui peuvent même acquérir une extrême dureté : c’est ce qu’on voit surtout dans la fabrication industrielle, opérée vers 260°. La production d’un premier maximum instable se retrouverait ainsi en éliminant l’influence de la température
le mélange à des décantations successives. Lorsqu’on chauffe du phosphore rouge en présence du cuivre, sa teinte devient au contraire d’un brun plus foncé. C’est que le cuivre absorbe les vapeurs de phosphore ordinaire à mesure qu’elles se produisent et les empêche ainsi de donner heu a
11 n’y a pas à s’étonner de ce que le phosphore ordinaire se condense sur le phosphore non sur les parois. En effet, ces paiois du ballon sont rigoureusement à la température de i i tandis que le phosphore rouge, qui est à l’intérieur du ballon et qui a une masse plus ou moi considérable, doit avoir une température très-légèrement inférieure.
à laquelle a été préparé le ])hosphore rouge, c’est-à-dire en partant du phosphore rouge obtenu à ÂiQo, puis pulvérisé de nouveau, et en le chauffant de nouveau à cette même température ^
Fornialloii «lu pliospliore rouge sur la paroi eliaiide «runc enceinte dont les températures sont dirrérentes. — Les déterminations numériques précédentes donnent l’interprétation d’un fait curieux observé par MM. Troost et Hautefeuille : c’est la formation de phosphore dans certaines conditions déterminées, sur la paroi chaude d’une enceinte dont les différentes parties sont portées à des températures différentes ; il y a contradiction apparente avec le principe classique de Watt, d’après lequel la condensation d’une vapeur se fait toujours sur la paroi froide d’une enceinte.
Cette question avait déjà été soulevée par M. Hittorf dans le mémoire que nous avons plusieurs fois cité.
Voici comment .MM. Troost et Hautefeuille rendent compte des résultats de leurs propres expériences [Annales scientifiques de l'École normale supérieure, année 1873, tome 11, page 274).
« Nous avons remarqué que la transformation de la vapeur de phosphore est d’autant plus rapide que la température est plus élevée. Comme d’ailleurs la tension maximum pour une température donnée est supérieure à la tension de transformation pour une température notablement plus élevée, il doit en résulter que, si l’on fait arriver dans une enceinte dont les différents points sont à des températures différentes de la vapeur de phosphore ayant la tension maximum correspondant à la température la plus basse, ce sera dans la partie la plus chaude de l’enceinte, et là seulement que devra, dans les pi'emiers moments, se faire, aux dépens de la vapeur, le dépôt de phosphore rouge. Cette conséquence de la rapidité croissante de la transformation de la vapeur avec la température méritait d’être contrôlée par l’expérience ; c’est ce que nous avons essayé do réaliser.
« La disposition qui nous a le mieux réussi est la suivante : un tube vide d’air scellé à la lampe et contenant du phosphore rouge en son milieu ?nlv, était chauffé dans cette partie à 500“ environ au moyen de la grille G, tandis que les deux extrémités étaient maintenues à des températures différentes et inférieures à- 500“. La vapeur provenant du phosphore rouge se répandait dans tout l’espace; elle venait se condenser dans l’extrémité la plus froide f dès que sa tension dépassait la tension maximum répondant à la température de cette partie de l’appareil. Cette dernière tension représente donc la pression de la vapeur dans l’enceinte.
« L’expérience montre que, si l’on choisit convenablement les deux températures des extrémités, on obtient d’un côté du phosphore liquide, tandis que de l’autre on a une couche mince et uniforme de phosphore rouge provenant de la transformation directe de la vapeur. De cette manière, nous séparons nettement le
t. Jfi rappellerai à cet égard qu’en recueillant le résidu d’une transformation partielle a ■mOet en le cliauffant de nouveau pendant huit henres à ce'te tempér-iturc, j’ai obtenu les mêmes nombres qn’eu partant du phosphore rouge do commerce purifié primitivement employé [Annales de Chimie et de Physique, i’ série, t. XXIV, p. 152-155). Cela seiible indiquer que dans les conilitions de ces expériences, le phosphore ronge avait acquis au bout de huit heures à très peu près les caractères du phosphore rouge qui serait directement préparé à cette température.
phénomène physique de la condensation d’une vapeur de celui de sa transforma tion ; la première se manifeste dans les points les plus froids de l’enceinte, la seconde se produit dans l’extrémité opposée plus chaude.
Fig. 102.
« Le tuhe que nous avons employé avait l’une de ses extrémités chauffée à 350" (vapeur de mercure houillant), et l’autre .à 524“ (vapeur de bromure de mercure). Au bout d’une heure trente minutes, la portion du tube portée à 550" présentait un enduit rouge orangé uniforme et translucide, tandis que l’autre extrémité, maintenue à 524", n’en offrait pas la moindre trace : on n’y voyait que quelques gouttes de phosphore liquide.
« Dans une autre série d’expériences, nous avons porté l’une des extrémités h 440" (soufre bouillant sous la pression de 0'",760), et l’autre extrémité à 420" (soufre bouillant sous la pression de 0“,470 mesuré par le manomètre P) ; on peut, au bout de quinze à vingt minutes, constater l’existence d’un bel enduit rouge dans l’extrémité portée à 440", et tout au plus une couche jaune extrêmement ténue à 420". Le sens du phénomène reste donc le même. »
Transformation du phosphore rouge en phosphore ordinaire en présenee d’un appareil de condensation. — (M. G. Lemoine, Annales de chimie et de physique, années 1871, 4" série, tome XXIV, g IV). La transformation du phosphore rouge en ])hosphore ordinaire, au lieu de s’effectuer dans un espace porte tout entier à la même température, peut s’effectuer en présence d’un appareil de condensation. Elle prend alors les caractères d’une distillation, mais elle se distingue toujours d’un simple changement d’état physique par une extrême lenteur. On constate en même temps que le phosphore ordinaire se produit beaucoup plus rapidement au commencement de l’expérience.
ENXYCLOPÉDIIî CHIMIQÜE.
Durée
^’omhl
es
(le la température
Volume.
de l’expérionce
ramenés à un litre.
(le
Phosphore
Phosphore
Phosphore Phosphore
rouge
ordinaire
rouge ordinaire
introduit.
produit.
introduit, produit.
7 heures.
23gL0
Quatre de ces
expériences ont été terminées en déterminant le poids de phosphore
ordinaire resté dans le ballon, d
où l’on peut déduire la
densité de la vapeur
émanée du phosphore rouge à la
température de
440". Le poids par litre ainsi
obtenu a varié de 28L36 à 28L41
or le poids de
un litre de vapeur de phosphore
ordinaire à 440“ a été trouvé de 28'’, -12. La vapeur émanée du phosphore rouge est donc identique à l’autre; on sait d’ailleurs que, soumise à un refroidissement brusque, elle ne donne que du phosphore ordinaire.
Transformation du phosphore rouge enpréseoee du cuivre. — (M. G. Lemoine, {Annales de chimie et de physique, année 1870, 4' série, tome XXIY, § V). Les circonstances que nous venons de signaler montrent que lorsqu'on chauffe du phosphore rouge, le phosphore ordinaire d’abord produit se change bientôt lui-mème, au moins en partie, en phospliore l’ouge. Il est dès lors naturel de penser que cette action se fait d’une manière continue, et qu’elle ne s’arrête pas lorsque la limite est atteinte. S’il en est réellement ainsi, il faut nécessairement que nous supprimions l’une des deux actions inverses, pour que la transformation devienne illimitée.
Ce résultat peut être obtenu en absorbant les vapeurs de phosphore ordinaire à mesure qu’elles se produisent. On y arrive en introduisant dans les ballons un petit tube contenant du cuivre qui à 440“ forme facilement un phosphure de cuivre. Voici les résultats numériques obtenus :
PUOSPllOKE ET SES COMPOSÉS. 301
1 tXOMCRES
Ii = |
De
l'expérience.
Ramenés à un
litre.
fil
■âal
il S
fil
1 N lî s
gr.
gr.
gr.
gr-
Les nombres réunis par une accolade sont relatifs aux expériences faites comparativement, c’està-dii’c où les tubes étaient chauffes ensemble.
Ces expériences font voir que la transformation du phosphore rouge en présence du cuivre est beaucoup plus rapide que lorsqu’on le chauffe seul, à la même température, dans un espace limité. En outre, la transformation devient illimitée ; en prolongeant l'expérience, le phosphore rouge disparaît complètement.
La seule présence du cuivre a donc complètement changé les conditions du phénomène, par la seule raison que le phosphore ordinaire formé ne peut plus redevenir phosphore rouge. Aussi la teinte du phosphore rouge résidu n’est-elle plus la meme : en l’absence du cuivre, elle devenait progressivement plus pâle que celle du phosphore rouge primitif, carie phosphore rouge de nouvelle formation a toujours une teinte plus pâle : ici, au contraire, le phosphore rouge restant présente une teinte un peu plus foncée que le phosphore rouge primitif. Il est probable que les variétés allotropiques de couleur brune se transforment les dernières.
• Ces expériences permettent, au moyen d’un calcul facile*, de mesurer la vitesse
1. Ce cnicul peut s'efftctiier en prenant dans chaque expérience les quantités moyennes de phosphore rouge qui se transforment. Ainsi, lorsqu’on chauffe i gramme pendant 2 heures, on trouve que la perte de poids est 0'^47 ; au bout de 2 heures il reste donc seulement 0«',55 de phosphore
rouge, de sorte que la quantité moyenne qui se transforme est ^ = 08%765. La perle par
gramme et par heure est donc | X = 0*',507.
Le même calcul peut se faire plus rigoureusement comme il suit. Soient 1’ la quantité de phosphore rouge introduite et Y la perle de poids constatée au bout du temps t. On a pour le temps dl : dY = <2(P— Y)dt
(le transformation du phosphore rouge, telle qu’elle se fait sentir ici, abstraction faite de la transformation inverse du phosphore ordinaire en phosphore rouge. Tous calculs faits, on trouve qu’à 440°, le phosphore rouge chauffé en présence du cuivre dans le vide donne par gramme et par heure de phosphore ordinaire
Niode de proiluetion de la limite. — Les expériences que nous venons de résumer montrent que la transformation réciproque des deux états allotropiques du phosphore est comparalrle, d’une manière générale, soit à la dissociation, soit à la vaporisation. Elle s’en rapproche par l’existence d’une tension limite vers laquelle on tend, quel que soit le point de départ, mais elle est caractérisée par une grande lenteur, très propre à manifester les lois de la vitesse de transformation.
On voit en même temps que la limile résulte simplement de l’antagonisme de deux actions inverses simultanées qui s’équilibrent l’une l’autre. Cette interprétation est confirmée par l’examen de toutes les circonstances cjui empêchent l’équilibre de s’établir. La transformation devient illimitée lorsqu’au moyen du cuivre on absorbe le phosphore ordinaire à mesure qu’il se dégage du phosphore rouge : elle se poursuit aussi indéfiniment lorsqu’on chauffe du phosphore rouge en présence d’un appareil de condensation : on a, en chauffant du phosphore rouge, un premier maximum instable avant d’arriver à la limite définitive, par suite d’un changement d’état des surfaces qui modifie les conditions de l’équilibre.
En chauffant l’un quelconque des deux états allotropiques du phosphore dans un espace limité porté tout entier à la même température, la limite de la transformation est caractérisée par une certaine tension atteinte par la vapeur du phosphore. Elle se trouve ainsi être indépendante du volume où s’effectue la transformation. Ce résultat se conçoit très bien si l’on remarque que la répartition des états allotropiques est déterminée uniquement par les actions qui s’effectuent à leur surface de séparation. Supposons, en effet, que l’équilibre soit atteint, et à ce moment imaginons avec M. Berthelot que l’on fasse communiquer -le vase où l’on opère avec une enceinte contenant de la vapeur de phospliore à la même pression : il est évident que ré(juilibre ne sera en rien troublé ; il dépend donc uniquement de la tension de la vapeur et non de son volume absolu.
L’examen plus approfondi de ces questions conduit à préciser la loi de la vitesse de transformation d’une manière numérique. C’est le but d’une théorie qui a ete développée dans l’introduction de \' Encyclopédie chimique (tome I, 2° fescicule, p. 291, et Annales de Chimie et de Physique, année 1872, tome XXVII, p- 289) : il suffit de la mentionner ici.
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Phosphore hlanc.
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Phosphore noir.
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I,ois «les transformations alIotropi(|nes «In phosphore.
M. Hittoi-r, Annales de Pogqendorff, année 1803, tome CXXVI : — VE G. Lemoine; Comptes rendus de F Académie des Sciences, année 1871, tome EXXllI, pages 797 et 857 ; Annales * “1»'^ et dc Physique, , ■innée 1871, tome XXIV, page 129, et année 1872, tome XXVII, page -89, VIVE Troost et Hautcfeuiile, Annales scientifiques de l’ École normale, année 1873, el Anna es Chimie el de Physique, année 1874, tome II.
l'IlOSPllOUE ET SES COMPOSÉS-