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PROPRIÉTÉS PHTSIQUÉS ET CHIMIQUES

Gaz incolore, dont la densité est 2,314 (Dumas); 2,3694 (Thomson).; 3,3709' (J. Davy). L’équivalent en volume est 4 et la densité théorique

BORE

Faraday l’a liquéfié, par compression, à —HO”, en un liquide incolore, très mobile.

Au contact de l’air il répand d’abondantes fumées. L’eau absorbe le fluorure de bore avec une extrême énergie et le liquide acide obtenu renferme des composés particuliers que nous étudierons sous les noms d'acides fluohorique et hijdrofluohorique. La décomposition du fluorure de bore en acide borique et acide hydrofluoborique, en présence d’un grand excès d’eau, est accompagnée d'un dégagement de chaleur de 24”',51 (Hammerl, Comptes rendus, t. XG, p. 512,1880).

11 se comporte vis-à-vis d’un grand nombre de substances organiques, comme l’acide sulfurique, déterminant la formation de l'eau aux dépens de l'hydrogène et de l'oxygène de ces substances et plus généralement, comme les substances avides d'eau, le chlorure de zinc fondu, l'acide phosphorique. Ainsi, une feuille de papier que l’on introduit dans une éprouvette de fluorure de bore noircit immédiatement. Il agit de même sur le bois. Le sucre n’absorbe pas le fluorure de bore à froid, mais si on le chauffe en présence de ce gaz, il noircit. La gomme, l’amidon l’absorbent lentement à froid en se liquéfiant, mais sans se colorer. Le coton-poudre pur l’absorbe à froid sans subir de modification, mais si le produit renferme un peu de coton non transformé, il détone dès qu’on l’introduit dans le fluorure de bore.

L’action exercés sur l’essence de térébenthine est particulièrement intéressante. L’essence de térébenthine absorbe ce gaz sans contracter cependant avec lui de combinaison. L’absorption peut s’élever vers 20" à 6 ou 8 pour tOO de son poids d’essence; cette dernière rougit, s’épaissit et prend l’odeur du térébène. i partie de fluorure de bore (2 volumes) peut transformer 160 parties d’essence (1 volume) sans décomposition ni dégagement gazeux, comme il est facile de le vérifier en introduisant l’essence dans une éprouvette renfermant le gaz. Le liquide s’échauffe et, après refroidissement, il est devenu visqueux, dichroïque; il a perdu son pouvoir rotatoire et s’est transformé en un liquide volatil presque entièrement à 300“ et au-dessus. (Berthelet, Ann. de chim. et de phys..{'S), XXXVIÜ, p. 41.)

Le fluorure de bore éthérifie, à la température ordinaire, un mélange d’alcool et d’acide butyrique.

Le fluorure de bore est indécomposable par la chaleur seule. Les métaux sont sans action au rouge vif, sauf pourtant les métaux alcalins. Si l’on introduit du potassium dans une atmosphère de fluorure de bore, il se forme du bore et du fluoborate de potasse qui recouvre le métal d’un enduit blanc et la réaction s’arrête. Mais si l’on chauffe, le métal noircit et brûle avec une flamme rouge (Berzélius). Si on reprend par l’eau le résidu de l’opération précédente, il reste du bore amorphe et le liquide dissout de l’hydrofluoborale de potasse KFl,BoFF :

4BoFP -H- 5K =5{KFl,BoFP) -1- Bo.

La chaux, chauffée dans un courant de fluorure de bore, absorbe ce gaz avec une extrême énergie ; la réaction est accompagnée d’un grand dégagement de chaleur et il reste un melanoe d hvdrofluoboratc de chaux et de borate de chaux :

4CaO -+- 4BoFP = 5(CaFl,BoFP) -F CaO,BoO=.

ENCYCLOPÉDIR CIIIMIQÜE.

ACIDE HYDROFLUOBORIQUE

BoFl%HFl.

Le fluorure de bore est rapidement absorbé par l’eau qui, d’après E. Davy, en dissout 700 fois son volume. M. Basarow a trouvé cette solubilité plus considérable encore, 1 volume d’eau absorbant à 0’ et sous la pression de 762 millimètres 1057 volumes de fluorure de bore. Si l’on reçoit dans l'eau du fluorure de bore, le liquide devient très acide et il ne tarde pas à se déposer une poudre blanche d’acide borique. Si l’on cesse de faire arriver le gaz bien avant que l’eau soit saturée et si l’on refroidit, on voit se déposer encore des cristaux d'acide borique hydraté. Le fluorure de bore s’est décomposé au contact de l’eau et on admet qu’il s’est formé, aux dépens de l’acide fluorhydrique résultant de la réaction et d’un excès de fluorure de bore, un acide, l’acide hydrofluohorique BoFF,HFl. La réaction se formulerait ainsi :

4BoFB 6HO = BoÛ^3HO + 3(HFl.BoFF).

Si l’on concentre le liquide par évaporation dans une capsule de platine, il se dégage, au delà d’une certaine concentration, de l’acide fluorhydrique et il reste un liquide acide que l’on a désigné sous le nom d’acide fluoborique, BoÜM10,3HFl, mais dont l’existence a été mise en doute dans ces derniers temps.

L’acide hydrofluoborique étendu est sans action sur le verre, mais lorsqu’on le concentre dans des vases de verre, il attaque le silicate.

M. Landolph (Comptes rendus, CXXXVI, p. 601-1878) aurait réussi cependant à obtenir l’acide hydrofluoborique libre. — k la température ordinaire Vanéthol est polpnérisé instantanément par l’action du fluorure de bore et se trans forme en une résine jaunâtre, dure ef cassante. Mais, à la température d’ébullition, l’anéthol se dédouble en anisol et en un produit bouillant de 225

à 228°. En même temps il s’est formé un liquide bouillant vers 130° et qui serait l’acide hydrofluoborique. C’est un liquide très dense, limpide, qui se décompose avec une extreme rapidité au contact de l’air humide en acide borique et acide fluorhydrique. Il se décompose partiellement à la température d’ébullition, et attaque alors le verre. La densité de vapeur, pour la formule BOFF.HFl, correspond à 4 volumes :

Trouvé. Calculé.

Densité 4,79 4,65 4,42

Hydrofluohorates. — L’acide hydrofluoborique dissous, saturé par les bases, donne des sels qui ont été étudiés par Berzélius et dont le plus important est le fluoborate de potasse, peu soluble, KFl,BoFF. Stolba (Chem, central Blatt., 1872, p. o95) prépare le fluoborate de potasse de la manière suivante :

BORE

On introduit dans un large récipient en verre ;

136 grammes de spath fluor,

62 » acide borique cristallisé,

527 » d’acide chlorhydrique ordinaire renfermant

55 pour 100 de gaz chlorhydrique, et on ajoute de l’eau en quantité égale à la moitié de l’acide employé.

On chauffe, en élevant la température de façon qu’il ne s’échappe pas de vapeurs hors du récipient. Au bout de 2 ou 3 heures on laisse refroidir, on ajoute à la masse la moitié de son volume d’eau et on filtre. On verse dans le liquide une solution de nitrate ou de chlorure de potassium, jusqu’à ce qu'il ne se forme plus de précipité, on lave ce précipité, on l’exprime et on continue les lavages jusqu’à ce que la réaction du chlore devienne très faible. Enfin on dissout le sel dans une solution ammoniacale saturée et on fait cristalliser et on répète ce traitement à plusieurs reprises.

On obtient ainsi une poudre cristalline qui se montre, sous le microscope, formée de petits cristaux orthorhombiques. La densité d’une solution aqueuse moyennement concentrée est 2,524. Une partie du sel est dissoute à 20“ par 225 parties d’eau. La solution aqueuse, neutre au début, devient peu à peu acide ; si l’on neutralise cette acidité, la liqueur ne tarde pas à présenter la réaction acide. Sous l’action de la chaleur cette décomposition est plus rapide.

Les cristaux de fluobcrate de potasSe fondent, au-dessous du rouge, en un liquide transparent qui devient blanc de lait en se solidifiant. Le sel introduit dans la flamme d’un bec Bunsen, communique tout d’abord à cette flamme une coloration verte, qui devient peu à peu violacée.

ACIDE FLUOBORIQUE

BoO^HO,3HFl ou BoFB,4H0.

Lorsqu’on fait arriver dans de l’eau refroidie un excès de fluorure de bore, on obtient un liquide incolore, fumant à l’air, de consistance sirupeuse, que Gay-Lussac et Tbenard ont signalé en 1809 {Recherches physico-chimiques, II, p. 38) : c’est l’acide fluoborique. Ce liquide a été étudié par E. Davy et plus tard par Berzélius (Pog. Ann., LVIll, 503 et LIX, 644).

Pour obtenir ce liquide acide, on fait arriver le fluorure de bore dans l’eau, et pour éviter que le liquide ne monte dans le tube de dégagement, l’absorption étant excessivement rapide, on place au fond du vase une couche de mercure dans lequel débouche le tube de dégagement. Le liquide s’échauffe, et, pour obtenir un liquide saturé, il est indispensable de refroidir par un mélange de glace et de sel.

On obtient également l’acide fluoborique en dissolvant, par portions successives.

60 ENCYCLOPÉniE CIIIMIOüE

de l’acide borique dans de l’acide fluorliydrique, placé dans une capsule de platine et refroidi. On concentre tout d’abord au bain-marie, puis on fait bouillir jusqu’à ce qu’il se dégage d’abondantes fumées blanches, et enfin on laisse refroidir sous une cloche à côté d’un vase renfermant de l’acide sulfurique.

Le procédé suivant de préparation donne un acide qui n’est pas exempt de silicium. On pulvérise un mélange de 10 parties de fluorure de calcium et de 8 parties 1/2 de borax cristallisé, et on fait fondre. La masse fondue est pulvérisée et introduite dans une cornue de verre avec 16 parties 2/3 d’acide sulfurique concentré, et on distille. Le vase de verre se trouve légèrement attaqué.

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