RAPPORTS D’AXES
Orthose.
Microcline.
Albite.
Oligoclase. . . .
Andésine.
Labrador .
Anorthitc.
On se trouve donc en présence d’une famille très bien définie ; cependant, si l’on passe à la comparaison des compositions chimiques, on trouve des différences profondes. Les feldspaths sont des composés de silice et d’alumine combinées soit à la potasse, soit à la soude, soit à la chaux, soit à un mélange des deux dernières hases. Les rapports entre les quantités d’oxygène des bases et de la silice sont très dissemblables et sont rcpré.scntés par le tableau suivant :
OXYGÈNE j
d. RO ou d.R“0
d.AlW
d.SiO"-
Orlhose ..
Microcline.
.Albite.
Oligoclase ..'
Andésine.
Labrador.
On y voit que les rapports d’oxygènes ne sont pas fixes surtout pour les termes intermédiaires, oligoclase et labrador. Il faut ajouter de plus qu’ils sont représentés sur le tableau par des nombres simples, tandis que les analyses en indiquent de complexes très différents même de ceux cités. Ainsi pour des albites on a trouvé parfois 1 : 4 :15 ou 1 : 3, 8 : 13, 2, valeurs qui s’écartent absolument de celles admises. En prenant pour l’oligoclase le rapport 1 : 3 : 10 et pour le labrador le rapport 1 : 3 ; 6, on est conduit à représenter les feldspaths par les formules suivantes ; ce sont celles généralement admises en France :
SILICIUM
Orthose. K20,.\l*0^.6Si0^
Microcline. (R^O),APO“,6SiO^ (R=K,Na).
Albite. Na’-0,AP0%6Si0^
Oligoelase. (R0),AP0%5Si02 (R=Na\Ca).
Andésine. (RO),AW,4SiO^ (R=Na^Ca).
Labrador. (RO),APO%5SiO’- (R=Ca,Na").
Anorthite. Ca0,AR0^2Si0^.
On voit que ces formules ont l’avantage de lier les divers feldspaths d’une manière remarquable : on passe d’un terme à l’autre par l’addition d'une molécule de silice. Elles ont un défaut, c’est non seulement de ne pas montrer du tout pourquoi ces divers termes ont entre eux des relations d’isomorphisme comme le prouvent les formes cristallines, mais même d’être en désaccord complet avec ce fait, car les volumes moléculaires qu'on en'déduit sont différents. De plus, elles n’expliquent aucunement l’existence de termes intermédiaires entre ceux définis par les formules.
M. Tschermack envisage les feldspaths de la façon suivante : 11 représente l’albite par la même formule que ci-dessus, Na^ADSi'O^®, et l’anorthite par la formule Ca^ADSi^O*®. Les volumes moléculaires qu’on en déduit sont égaux ; donc ces corps peuvent être isomorphes, et M. Tschermack considère les termes intermédiaires comme des mélanges, où entrent ces termes extrêmes fonctionnant comme corps isomorphes. Cette théorie rend compte de l’existence de termes à rapport d’oxygène quelconques, compris cependant entre deux rapports extrêmes. De plus, elle est en accord avec le fait plus ou moins établi, que les propriétés des feldspaths intermédiaires peuvent être déduites généralement de celle des deux termes extrêmes. Cependant MM. Fouqué et Michel Lévy n’ont jamais pu obtenir artificiellement que les types définis par les formules ci-dessus. M. Deseloizeaux a trouvé que les propriétés n’étaient pas toujours celles qu’on pouvait déduire de la composition cliimique. Enfin des albites aux rapports anomaux tels que 1 : 5, 8 : 13, 2 ne sont nullement explicables dans la manière de voir de M. Tschermack. On voit donc que, malgré le grand intérêt de cette conception, elle ne doit pas être considérée comme rendant un compte absolument exact des faits. Les premières formules n’en rendaient pas plus compte ; et la question reste ouverte jusqu’à ce que de nouvelles données ou idées viennent la résoudre.
Pétalite. — Masses cristallines ; ce minéral est très riche en silice, il en contient près de 80 pour 100 ; son intérêt consiste surtout en ce qu’il renferme plusieurs centièmes de lithine. Les rapports d’oxygène varient suivant les analyses. Certains auteurs admettent 1 : 5 : 20; d’autres admettent 1 : 3 : 18. Avec cette dernière valeuron peut représenter le pétalite par la formule R-0,AD0®,9Si0- avec (R = Li,Na). On a indiqué aussi les formules 3R®0,5.41-0®,27Siû® et 311^0,4Al-O-’,50SiO®.
Triphane. — Autre minéral lithinifère. On a représenté les analyses par la formule 3RO,4Al®0®,loSiO® avec (R = LiWa^K^Ca).
Néphéhne. — Petits prismes hexagonaux fréquents dans certaines roches volca-
niques, on admet comme rapports d’oxygène soit 1 : 5 : 4 ce qui conduit à la formule R0,AP0%2Si0'‘ avec (R = Na^K^Ca), soit 2 : 6 : 9 et la formule 4RO,4ATO^9SiO^
Amphigène. — Cristaux maclés simulant un trapézoèdre du système cubique, mais dont la symétrie n’est qu’orthorhombique ou même peut-être anorthique.
La majorité des analyses s’accorde avec les rapports d’oxygène 1 : 3 : 5 ; d’où la formule K^0,A120%4Si0*.
Famille du lapis-laznli. — On rassemble dans cette famille un certain nombre de minéraux à composition quantitative variable, mais qui ont plusieurs caractères communs ; ils possèdent une même forme cristalline dérivant du cube ; ils renferment de la silice, de l’alumine, de la soude, et aussi soit du soufre, soit du chlore, soit ces deux éléments. Ils sont fréquemment colorés de façon remarquable. Certains auteurs prétendent qu’en supposant le soufre à l’état de sulfatede soude ou le chlore à l’état de chlorure de sodium, les autres éléments se trouvent dans la même proportion que dans un des feldspaths basiques, mais il ne faut pas attacher une grande importance à cette supposition, car la composition, de ces corps, tout à fait variable, ne permet pas de fixer de formule qui ait la moindre valeur. Les principales espèces sont les suivantes :
Haüyne. — Ce minéral ne renferme guère que du soufre comme élément particulier. 11 se présente en cristaux qui constituent des dodécaèdres rhomboïdaux simples, ou combinés au cube ou à l’octaèdre. Sa couleur varie du bleu assez clair au gris.
Noséane. — Cette substance contient en plus du soufre un peu de chlore. Ses cristaux sont en dodécaèdres rhomboïdaux ; sa couleur est surtout grise.
Lapis-lazuli. — Ce minéral, qu’on désigne aussi sous le nom d’outremer, constitue la couleur bleue bien connue. 11 renferme du soufre et une petite quantité de chlore. 11 est plus souvent en masses compactes que les espèces précédentes; cependant ses cristaux sont aussi des dodécaèdres rhomboïdaux combinés avec les faces du cube.
Sodalite. — Cette espèce.est tout à fait analogue aux précédentes, mais le chlore y tient la place du soufre qui manque complètement. Les cristaux sont des dodécaèdres rhomboïdaux combinés aux faces du cube. Sa couleur varie, elle est blonde, bleue, verte, rose.
cordîérite. —Ce minéral forme une espèce à part qui ne se rattache nettement à aucune autre. Sa forme cristalline appartient au système orthorhombique. 11 se présente à l’état cristallisé, quoique souvent en masses. Il est surtout employé à cause du trichroïsme très marqué qu’il possède. Sa composition chimique est complexe et variable ; les auteurs indiquent comme étant les plus probables les rapports d’oxygène 1:5:3 pour les bases monoxydes, les bases sesquioxydes et la silice.
SILICIUM
Qualitativement il renferme surtout de la silice, de l’alumine, du sesquioxyde de fer et de la magnésie.
Liévrite. — Cette substance forme aussi une espèce isolée qui ne peut être rapprochée à juste titre d’aucune autre. Sa composition ne peut pas être jusqu’à présent représentée par une formule qui ait quelque valeur. Elle renferme de la silice, de la chaux, du protoxyde et du sesquioxyde de fer et une petite quantité d’eau.
Staurotide. — La staurotide est un silicate d’alumine et de fer; ce dernier s’y trouve très probablement aux deux états d’oxydation, mais comme l’on ignore les proportions relatives de chacun d’eux, il est superflu d’indiquer une formule jusqu’à ce que de nouvelles recherches soient venues élucider ce sujet.
Famille des wernérites. — Les minéraux rassemblés sous le nom de wernérites comprennent un assez grand nombre d’espèces qui montrent encore l’association d’une grande concordance entre leurs propriétés physiques, tandis que leur composition chimique varie. Ces minéraux cristallisent tous en prismes à base carrée possédant les mêmes dimensions et des propriétés biréfringentes à peu près identiques. Ils renferment comme éléments principaux de la silice, de l'alumine, de la chaux et de la soude ; les rapports d’oxygène sont extrêmement variables et oscillent autour des types 1:2:3;1:2:4;1:2:5;1;2:6; 1:5:4; 1 : 3 : 5 ; 1 : 5 : 6; de plus les rapports réels sont souvent non pas ceux représentés par ces nombres entiers, mais des nombres fractionnaires tels que : 1 : 2,2 ; 5,4; 1 : 2,2 : 6,2; 1 : 5,2 ; 5. Voici l’énumération des principales espèces avec les formules par lesquelles on les représente.
Méionite. — 6RO,4Al®0%9Si0^ (R = Ca,Na®), suivant certains auteurs;
8R0,6ÂR0^^2Si0® suivant d’autres.
Strogonovite. — Se rattache à la précédente.
Paranthine. 3R0,2AR05,6Si0® (R = Ga,Na2). — A cette espèce se rattachent de nombreuses variétés qu’on désigne sous les noms de scapolite, ékébergite, glaucolite, paragolite, certaines courseranites.
Dipyre. 3R0,2AR0^9Si02(R= Na^Ca). — Quelques scapolites s’y rattachent.
La scoléxérose, la courseranite, quelques scapolithes fournissent des rapports d’oxygène voisins de 1 : 5 : 5 ou de 1 : 3 : 6.
Il n’y a pas besoin d’insister sur le peu de valeur sérieuse qu’ont ces formules. On voit du reste qu’elles n’expliquent nullement le fait intéressant, c’est-à-dire que ces corps forment une famille bien définie.
Famille des épidotes. — Cette famille comprend des espèces moins étroitement unies entre elles que les espèces de la famille précédente, car certaines sont
174 E^■C¥CLOPÉDIE CHIMIQUE.
orthorhombiques, alors que la plupart sont clinorhombiques. On ne les rajjporte même pas à des prismes primitifs semblables, ce qui est une faute manifeste. Souvent les auteurs disjoignent ces différentes espèces, mais la forme générale de leurs cristaux, qui se présentent en baguettes allongées ou en masses bacillaires, leur composition chimique, qui est semblable, rendent préférable leur réunion.
Épidote. — L’espèce qui porte particulièrement le nom d’épidote se présente en baguettes dérivant d’un prisme clinorbombique allongé suivant l’axe de symétrie. La forme primitive adoptée est mm=69"o6'; pa‘=;116“ 8'. Cette espèce contient comme éléments principaux de la silice, de l’alumine, du sesquioxyde de fer, de la cbaux et de l’eau en petites quantités, 2 p. 100 environ. Si l’on ne tient pas compte de l’eau, les rapports d’oxygène sont 1:2:3, c’est-à-dire les mêmes que pour la méionite et pour la zoïsite ; la formule qui y correspond est 6Ca0,4R-0®,9Si0^. Si l’on ne néglige pas la teneur en eau, les rapports se transforment en
ox. d.IPü : ox. d. RO : ox. d. R-0^ : ox. d. SiO^
d’où la formule lPO,4CaO,3R^O^,6SiO®..
Cette espèce contient presque toujours aussi quelques centièmes de magnésie et de fer à l’état de protoxyde.
Piémontüe. — La piémontite possède la même forme cristalline et la même composition que l’épidote, mais elle contient de 18 à 20 pour 100 de manganèse à l’état de sesquioxyde.
Zoïsite, — La zoïsite possède la même composition chimique que l’épidote, saul qu’elle ne contient que très peu de fer; le faciès général de ces cristaux est le mêine, mais ils appartiennent au système orthorhombique. La forme primitive n’a pu être déterminée qu’cn partie, parce que les cristaux sont très raremeht terminés et ne montrent que les faces parallèles à la direction de l’allongement. On a adapté une forme primitive en prenant deux de ces faces pour faces m, avec m m = 110"! 6' ; mais il vaudrait beaucoup mieux en choisir une autre et coucher le prisme, ce qui permettrait de saisir les rapprochements cristallographiques de ce prisme avec celui de l’épidote.
Allanites. — Les minéraux réunis dans le groupe des allanites forment peutêtre plusieurs espèces distinctes ; on n’est pas fixé sur leur composition quantitative et sur la valeur des rapports d’oxygène ; ils paraissent voisins de ceux de l’épidote. Les allanites sont des silicates de l'alumine, de fer, de chaux, et de métaux précieux tels que cérium, lanthane, didyme. La forme cristalline est tout à fait analogue et voisine de celle de l’épidote : mm = 70°. Ces minéraux se présentent le plus fréqueinment en masses cristallines noires.
Orthites. — Ce qui vient d’être dit pour les allanites peut être réf>été pour les orthites, qui n’en diffèrent qne pai- une proportion d’eau parfois assez forte. Cepen-
SIUC1D3I,
dant la plupart des bonnes analyses conduisent aux rapports d’oxygène des grenats. La forme cristalline et la manière d’être sont très voisines de celles des allanites.
idocrascs. — Les idocrases sont généralement considérées comme formant une seule espèce avec des variétés, cependant la composition chimique varie assez pour qu’il soit difficile d’assigner une formule qui ait quelque valeur générale. Ce qu’on peut dire d’exact, c’est que les rapports d’oxygène entre les bases et la silice sont 1 : 1, et que par conséquent les idocrases sont des orthosilicates. Les bases sesquioxydes et les bases protoxydes varient entre elles, de telle sorte que leurs rapports d’oxygène oscillent autour de la valeur 2 : 5. Qualitativement, cette espèce renferme de la silice, de l’alumine, du sesquioxyde de fer, de la chaux, de la magnésie et d’autres éléments, mais en plus faible proportion.
Les idocrases cristallisent toutes en prismes à base carrée.
Famille des grenats. — Les grenats forment une famille très bien définie, au point de vue chimique comme au point de vue physique. Ils cristallisent tous en dodécaèdres rhomboïdaux, ou en trapézoèdres appartenant au système cubique, ou en formes pseudocubiques qui groupées réalisent la symétrie apparente et l’aspect des solides précédents.
Les grenats sont des orthosilicates et les rapports d’oxygène sont 1:1 : 2 ; d’où la formule générale 5 M0,R*0“,5Si0^ Les diverses espèces se distinguent par la substitution isbmorphique de la chaux, de la magnésie, du protoxyde de fer et du protoxyde de manganèse d’une part; et d’autre part par celle de l’alumine, du sesquioxyde de fer et du sesquioxyde de chrome. Ces divers corps pouvant du reste coexister en diverses proportions dans les différents grenats.
Grossulaire. — Grenat alumino-calcique 5Ga0,Al-0“,5Si0^, jaune, ou en général de couleurs claires.
Pyrope. — Grenat aluinino-magnésien 5Mg0,Al®0',oSi0^; sa couleur est surtout le rouge-brun; il renferme toujours une notable proportion de fer.
Almandin. — Grenat alumino-ferreux, 5Fe0,AR0^,3.Si0^; c’est l’espèce la plus commune; sa couleur varie du rouge au brun.
Spessartine. — Grenat alumino-manganeux, 3MnO,AR03,3SiO^; jaunâtre ou brun-rougeâtre.
Mélanite. — Grenat ferro-ealeique, 3CaO,Fe^O%3SiO^; cette espèce présente des couleurs très diverses suivant les échantillons, qui sont noirs, jaunes, verts, vertsjaunàtres, bruns. C’est à cette espèce que se rattachent les variétés connues sous les noms de grenat aplome, grenat topazolite, grenat colophonite, etc.
Ouwarovite. — Grenat chromo-calcique 3CaO, Cr®0%3Si0^ sa couleur est un beau vert émeraude.
176 EKCYCLOPÉDIE CHIMIQUE.
Emeraude. — Cette espèce isolée, et bien définie chimiquement et physiquement, est un silicate de glucine et d’alumine dont la composition correspond à la formule
3gl0,AP0%6Si02.
Ses cristaux appartiennent au système hexagonal; c’est un des rares corps possédant une symétrie hexagonale et non ternaire.
Au microscope polarisant on constate les phénomènes caractéristiques d’une substance orthorhombique groupée.
On désigne plus particulièrement par le nom d’émeraude les variétés vertes, et par le nom de béryl les variétés bleues ou incolores.
Famille des micas. — Les divers micas forment une famille naturelle de première importance, parfaitement définie au point de vue physique, mais dont la composition chimique est si complexe et varie d’une manière si irrégulière que l’on n’a pas pu jusqu’à présent trouver de formule qui représente d’une manière satisfaisante les diverses espèces de micas. La seule chose qui paraisse établie, c’est que le rapport de l’oxygène des bases réunies est à celui de la silice comme 1:1, et que par conséquent les micas sont des orthosilicates. Cette remarque ne s’applique plus aux micas lithiques, qui contiennent une proportion de fluor pouvant monter à 10 pour 100 et auquel on ne sait pas quel rôle faire jouer.
Les micas contiennent surtout de la silice, de l’alumine, du fei', de la magnésie, de la potasse, parfois delalithine, souvent du fluor et de petites quantités d’eau.
M. Tschermack considère les micas comme formés par l’union en proportions variables des divers silicates suivants : 1“ deux silicates alumino-potassiques 5K-0,3AW,6Si0‘^ et 3K-0,2Al®0%6Si0^, dans lesquels K peut être remplacé partiellement par Na,Li,II ; 2“ un silicate magnésien 12MgO,6SiO-, dans lequel Mg peut être remplacé par Fe et Mn ; 5“ deux corps, l’un fluoré, l’autre hydrogéné, de formules Si“0®F^* et Si^O-'flP. Mais l’existence de ces composés comme partie constituante du mica n’est nullement démontrée et par conséquent une conception aussi complexe, du moment qu’elle n’est pas certaine ou très probable, ne présente plus guère d’avantages.
Les micas sont caractérisés au point de vue cristallographique par un clivage extrêmement facile qui permet de les diviser en feuillets d’une minceur excessive. Leur forme cristalline est un peu incertaine, car les cristaux étant développés parallèlement au clivage facile ne présentent souvent pas les autres faces d’une manière bien déterminable ; ils sont de plus fréquemment maclés. Certains minéralogistes rapportent tous les micas au système orthorhombique avec un prisme primitif voisin de 120“; d’où l’apparence hexagonale et les macles. Ils admettent de plus que ces minéraux sont hémièdres à faces parallèles. D’autres savants les rapportent au système clinorhombique avec un prisme primitif voisin de 120“, et voisin d’être droit.
La dispersion optique est celle d’une substance orthorhombique. Les phénomènes optiques que montrent les micas sont du reste très divers; certains montrent la croix et les anneaux des substances uniaxes; d’autres deux axes optiques très rapprochés; les micas de ces deux catégories sont riches en magnésie; d’autres enfin, surtout ceux potassiques et lithifères, montrent deux axes optiques très écartés.
SIUCIÜM.
Micas magyiésiens. — Les principales espèces sont : la phlogopite, qui est verte ou brunâtre, contient de l’alumine, de la magnésie, de la potasse, très peu de fer et quelques centièmes d’eau et de fluor.
La biotite, verte ou brune, renferme : alumine, magnésie, de la potasse, un peu d,e fer, très peu d’eau et de fluor.
Le méroxène, qui est vert, contient les mêmes éléments que la précédente espèce, mais une assez forte proportion de fer qui s’accroît encore dans le lépidomélane.
Micas potassiques. — La principale espèce est la muscovite, qui est blanchâtre ou do couleurs claires ; elle renferme beaucoup d’alumine, de la potasse, peu de magnésie, de fer et de fluor, mais quelques centièmes d’eau. C’est le plus commun des micas, celui qu'on rencontre en grandes lames et dans les roches primaires.
Micas litliifères. — L’espèce principale est le lépidolitlie, qui forme des écailles nacrées d’un violet pâle ; il renferme de l’alumine, de la potasse, plusieurs centièmes de lithine, un peu d’eau et plusieurs centièmes de fluor.
Hors de ces catégories viennent se placer la viargarite, qui renferme do l’alumine, de la chaux et quelques centièmes d’eau, et ïastrophgllile, qui contient de l’acide titaniquo, de la zircone et du manganèse.
Famille des eiilorites. — A côté des micas viennent se placer les cbloritcs. Ces minéraux ont encore comme faciès général une disposition en lames parallèles et sont facilement clivables suivant cette direction. Les lamelles sont encore flexibles, mais ne sont plus guère élastiques comme celles du mica.
La composition chimique de ces silicates est encore mal définie et se prête pou à une représentation exacte, surtout par une formule générale qui embrasserait les trois espèces qui composent cette famille. Les chlorites comprennent comme éléments principaux de la silice, de l’alumine, de la magnésie, de l’eau en proportion marquée, 10 à 12 pour 100 environ; puis de petites quantités d’éléments accessoires, oxydes de fer, de chrome, etc.
La forme cristalline des trois espèces de chlorite paraît devoir être rapportée à un prisme clinorhombique limite voisin do 120», lequel offrirait des groupements nombreux et divers simulant une symétrie ternaire ou hexagonale (Mallard).
Pennine. — Cette espèce se présente le plus souvent en plaques triangulaires, paraissant dériver d’un rhomboèdre; elle peut être représentée par la formule approximative 4'Si0®,Al-0'’,7Mg0,5H-0.
On peut rattacher à cette espèce la kâmmcrérite, qui présente des teintes violacées et contient quelques centièmes de chrome.
Clinochlore. — Le clinochlore se présente en grandes lames vertes, montrant fréquemment un groupement de 6 individus enchevêtrés. Les analyses correspondent à peu près à l’une des deux formules suivantes : 5SiO\2AHÛ% 8MgO,7IHO ou 5SiO^ 2APO%9MgO,7ffO, suivant qu’on suppose le fer à l’état de sesquioxyde ou de protoxyde.
Ripidolite. — Ce minéral se présente en lames souvent assez petites et groupées.
Les analyses peuvent être représentées d’une manière approchée par la formule
5Si0%2AP0%9Mg0,7H20.
Le fer, qui est beaucoup plus abondant que dans les deux autres chlorites, y existe surtout à l’état de protoxyde.
Famille des tonrniaiines. — Cette famille, très importante à plusieurs points de vue, est aussi bien définie sous le rapport physique que mal définie sous le rapport chimique. Les divers termes ou espèces qui la composent se rapportent tous au même type cristallin, le type rhomboédrique, avec des formes primitives identiques ; celle adoptée est un rhomboèdre de Les cristaux sont hémièdres,
la direction de dissymétrie coïncidant avec l’axe vertical ; ils montrent tous les phénomènes d’électricité polaire. Les cristaux sont à peu près toujours développés suivant l’axe du prisme. Sous le rapport chimique les tourmalines sont on ne peut plus complexes ; elles renferment comme éléments principaux de la silice, de l’acide borique, de l’alumine, de la magnésie, de l’oxyde de fer, du Iluor ; à ces éléments viennent se joindre de l’oxyde de manganèse, de la chaux, de la soude, de la lithine et même de petites quantités d’acide phospliorique. De plus, les quantités relatives des divers éléments varient d’une espèce à une autre, d’une manière telle qu’on ne saisit aucunement quel lien peut relier des espèces ayant des compositions chimiques aussi disparates. Le tableau suivant, dû à M. Rammelsberg, fait connaître les rapports des quantités d’oxygène dans les diverses espèces et met bien ces faits en évidence.
TOURM.iLlNES
Oï. d.
Ox. <1.
Os. d.
SiO®
Ox. d.
Magnésiennes.
Ferro-magnésiennes.
Ferrifères.
Ferro-manganésiennes.
Manganésienne et lithil'èrcs ....
11 est nécessaire d’ajouter que ces nombres simples sont des interprétations de rapports expérimentaux complexes, et que, de plus, les termes de passage entre ces diverses classes existent ; ces classes ne représentent que des types choisis à cause de plus grande simplicité.
La teneur en acide borique ne s’écarte pas beaucoup de 8 pour 100 et la proportion de fluor de 2 pour 100.
La couleur des tourmalines varie beaucoup, certaines sont incolores ou très légèrement rosées ; ce sont les variétés manganésiennes, qui du reste peuvent atteindre jusqu’à un rouge terne assez foncé. Les variétés vertes ou bleues sont ferro*man-ganésiennes; les brunes sont magnésiennes; celles d’un brun foncé sont ferro* magnésiennes. Les variétés noires sont surtout ferrifères.
SILICIUM. 179
Axinîte. — Cette espèce est comme la précédente un silico-borate contenant comme bases des quantités variables de chaux, d’oxyde de fer, d’oxyde de manganèse, de magnésie, d’alumine. Elle est très bien définie au point de vue physique et cristallographique et ses cristaux, qui appartiennent au système anorthique, sont toujours très bien formés.
On ne peut cependant pas assignera l’axinite une formule qui ait quelque valeur, car les analyses montrent que la composition chimique n’est pas constante. Ainsi la proportion d’acide borique varie de 1,4 à 6,6. Les analyses à teneur moyenne présentent à peu près les rapports suivants :
La couleur habituelle des cristaux varie du brun au violet sale.
Famille de.s zéoiithes. — Les minéraux réunis dans cette famille paraissent au premier abord moins bien réunis par les caractères cristal'ographiqucs que ceux des familles qui ont été étudiées jusqu’à présent. Les diverses espèces qui la composent montrent en elfet des cristaux qui appartiennent ou paraissent appartenir à tous les systèmes cristallins. .Mais lorsqu'on étudie leurs formes primitives avec détail, on trouve au contraire entre les différents termes des rapprochements qui présentent le plus haut intérêt.
Ces minéraux ont comme caractères communs une couleur généralement blanche ; une dureté assez faible, une grande teneur en eau, laquelle est retenue avec si peu d’énergie que l’exposition dans un air sec leur en fait perdre souvent une grande partie.
Ce sont des silicates d’alumine, de soude, de potasse, de chaux ou de baryte. Si l’on soustrait la quantité d’eau que ces minéraux renferment, les autres éléments, dans les diverses espèces, se trouvent justement dans les mêmes rapports que dans les diverses espèces de feldspaths, ainsi qu’on pourra le voir dans le tableau ci-dessous.
Ces silicates se rencontrent fréquemment ensemble et ont un gisement général commun; ils remplissent les creux ou amygdales dans les roches basiques.
Ces silicates se montrent très fréquemment maclés de façons nombreuses et complexes, simulant des types de symétrie avancée. C’est ainsi que plusieurs d’entre eux dont les cristaux paraissent appartenir au système cubique ou au système ternaire, montrent en lumière polarisée les phénomènes optiques caractéristiques des systèmes à 2 axes optiques. C’est alors le groupement de plusieurs cristaux élémentaires qui réalise cette pseudosymétrie, et l’on sait qu’en ce cas ces cristaux possèdent toujours un réseau à forme-limite. Ce sont les paramètres de ces réseaux qu’il faudrait connaître pour pouvoir comparer les diverses zéolithes entre elles, et malheureusement il est parfois assez difficile de déterminer ces réseaux réels. M. Mallard, qui a pu calculer un certain nombre d’entre eux, est
arrivé à cette conclusion que pour la plupart des zéolithes, quel que soit le système cristallin, les trois axes de la forme primitive sont entre eux à peu près comme \Æ~; \/2 : 1, c’est-à-dire comme un axe quaternaire du cube et 2 axes binaires. Toutes les zéolithes calculées ont donc un roseau à forme-limite qui explique leurs nombreux groupements. Dans le tableau suivant, où nous avons réuni les principales zéolithes, on trouvera : d’abord les rapports entre les quantités d’oxygène dans les bases monoxydes, sesquioxydes, dans la silice et dans l’eau ; puis le système cristallin réel quand il est connu, ce qui n’est pas pour toutes les zéolithes; nous mentionnerons plus loin les systèmes apparents et les groupements; enfin on a indiqué les substances où les rapports d’axes ont pu être calculés et sont voisins des nombres cités.