‹ Encyclopédie chimique. Tome II.- Métalloïdes. 3e sectionChapitre 50 sur 68 · RAPPORTS D’AXES · texte numérisé non relu

RAPPORTS D’AXES

Thomsonile. . .

Ca,Na^

ort.

Gismondine. . .

Ca,K*

an?

Mésolype....

Na^

ort.

Mésolyte ....

Ca,NV

an?

Scolésite ....

Ca

clin.

Lévyne.

Ca

lern?

.Ynalcimo....

Na^

ort.

S/2 : \Ji : 1.

Eudnophilc. . .

Na^

ort.

Christianite. . .

Ca,K2

ort.

Laumonile . . .

Ca

clin.

Gmélinite. . . .

Ca.Na®

tern?

Ctabasie ....

Ca,Na2

an?

Fauj asile ....

Ca,Na®

cub?

Épistilbite. . . .

Ca

clin?

lleulandite . . .

Ca

clin.

Brewstérile. . .

Sr,Ba,Ca

clin.

Stilbite.

Ca

clin.

Ilarmotome . . .

Ba

ort.

Édingtonite . . .

Ba

quat.

Prchnitc . . . .

Ca

ort.

Les systèmes cristallins indiqués sur le tableau ne donnent pas du tout idée du fàciès général des cristaux, qui, en raison des macles multiples, est souvent très différent.

Ainsi la gismondine paraît être en cristaux réalisant un octaèdre quadratique. L’analcime simule d’une façon parfaite un trapézoèdre du système cubique.

La chabasie se présente en rhomboèdres.

L'harmotome est constitué par une macle de 4 ou de 8 cristaux.

La stilbite présente souvent ce même groupement.

SILICIUM

Euclase. — Ce minéral est un silicate double d’alumine et de glucine hydraté. Sa composition est représentée par la formule 2glO,Al''0%2SiO®4-H®0.

Ses cristaux sont bien formés et dérivent du système clinorhombique. Ils sont le plus souvent incolores ou bleuâtres.

Argiles. — On réunit sous le nom d’argiles de nombreux silicates d’alumine hydratés, plus ou moins impurs, et de compositions variables. Les argiles sont amorphes. On a coutume de les diviser en 4 groupes qui sont les suivants :

Kaolin. — C’est l’argile la plus pure; elle est blanche, elle happe un peu à la langue; elle est faiblement plastique ; elle contient environ 10 pour 100 d’eau. C’est la terre à porcelaine.

Argile plastique. — Les argiles de ce groupe sont teintées, mais peu fortement. Elles happent fortement à la langue et sont éminemment plastiques ; elles contiennent environ 12 pour 100 d’eau. C’est la terre à faïences et à poteries.

Argile smectique ou terre à foulon, jaunâtre ou brune. — Ne happe presque pas à la langue et n’est plus guèi'e plastique. La proportion d’eau est 20 à 30 pour 100 environ.

Bol. — On désigne sous ce nom des argiles très ferrugineuses. Leur couleur varie du brun au rougeâtre ; elles happent à la langue assez fortement, mais ne font plus pâte avec l’eau.

Silicates non alumineux.

Famille des amphiboles. — Les espèces réunies sous cette dénomination ont une forme cristalline commune qui est un prisme clinorhombique de 124'’11'; elles ont de plus comme caractéristique un clivage facile suivant les faces mm de ce prisme. Leur composition est celle d’un bisilicate et peut être exprimée par la formule générale RO,SiO^ lorsqu’on compte comme base la petite quantité d’eau que les amphiboles renferment presque toujours. Les principales espèces sont :

La trémolile, dans laquelle R = Ca, Mg, fe, avec une prédominance de la magnésie sur la chaux et peu de fer. Sa couleur est blanchâtre. C’est à cette espèce que se rattachent l’asbeste ou amianthe et le jade.

L’actinote contient toujours plus de magnésie que de chaux; l’oxyde ferreux est assez abondant et dépasse souvent 10 pour 100. La couleur est verte et plus ou moins foncée.

La hornblende est une amphibole noire qui contient de l’oxyde ferreux en notable proportion, car il peut atteindre 30 pour 100. Mais ce qui la distingue surtout, c’est qu’elle renferme parfois près de 15 pour 100 d’alumine et plusieurs centièmes de sesquioxyde de fer. On n’est pas fixé sur le rôle qu’y jouent ces sesquioxydes, dont la présence ne concorde pas avec la formule indiquée. On est forcé

d’admettre qu’ils remplacent isomorphiquement soit des protoxydes, soit de la silice, ou bien, comme le pensent certains savants, qu’ils n’y existent qu’en guise d’impuretés. La question n’est encore résolue ni dans un sens ni dans l’autre.

On rattache encore à l’amphibole le glaucophane, Varfvedsonite et l’anthophyllite. Cette dernière cependant est orthorhombique et son clivage est parallèle à la face g

Famille des pyroxènes. — Les espèces re'uiiies sous cette dénomination possèdent une même forme cristalline ; celle d’un prisme clinorhombique, de 87»,5',et des clivages parallèles aux faces m, Id et gS les premiers étant les plus faciles à produire. La composition chimique est à peu près la même que pour l’amphibole, sauf une prédominance de la chaux sur la magnésie et la non-présence ou la très faible proportion de l’eau. Sa formule générale est donc encore RO,SiO-. Les principales espèces sont les suivantes ;

Le diopside, qui est blanchâtre ou verdâtre. Il ne contient guère que de la chaux et de la magnésie, très peu d’oxyde de fer.

Le pyroxène sahlüe contient une proportion notable d’oxyde ferreux. Sa couleur est un vert plus ou moins foncé.

L’hédenbergite, qui est vert très foncé ou noir. Ses cristaux sont très brillants. Il contient aussi une forte quantité, 15 à 20 pour 100 d’oxyde ferreux.

Vaiigite, qui est noire; elle contient, comme les précédentes espèces, de la chaux, de la magnésie, de l’oxyde ferreux. Elle s’en distingue par la présence de plusieurs centièmes d’alumine dont le rôle est sujet aux mêmes incertitudes que le rôle de l’alumine que contient la hornblende dans la famille des amphiboles.

On rattache encore au pyroxène le diallage minéral souvent verdâtre qui possède une composition voisine de celle du pyroxène sahlite, sauf quelques centièmes d’alumine. Il cristallise aussi dans un prisme clinorhombique de 87°, mais ne possède qu’un clivage parallèle aux faces h^.

Famille des enstatites. — Les minéraux de cette famille sont encore des bisilicates de magnésie, d’oxyde ferreux et de chaux, mais dans lesquels la chaux n’existe qu’en très faible proportion, La formule est encore RO;SiO^. La forme cristalline est celle d’un prisme orthorhombique de 95“. Les clivages varient d’une espèce à l’autre. Les principales espèces sont :

L’enstatite, qui ne contient presque que de la magnésie avec un peu d’oxyde ferreux et un peu d’alumine. Sa couleur est blanchâtre. Ses clivages sont parallèles aux faces m.

La bronzite contient davantage d’oxyde ferreux que la précédente espèce. Elle est brune et montre des reflets parfois assez jolis dont elle a tiré son nom. Ses clivages sont parallèles à m et à g *.

SILICIUM

h'hypersthène contient une forte proportion, 20 à 50 pour 100 d’oxyde fen’eux.

Sa couleur est d’un brun souvent très foncé. Ses clivages sont parallèles à g*.

Woliastonîte. — Cette espèce constitue le bisilicate de chaux CaO,SiO*. Ses cristaux appartiennent au système clinorhombique avec mm = 9o“,3o'. Sa couleur est blanchâtre.

Rhodonite. — Ce minéral est le bisilicate de manganèse MnO,SiO® ; il contient du reste souvent un peu de chaux, d’oxyde ferreux, de manganèse et même d'oxyde de zinc. Sa forme cristalline est un prisme anorthique de 73'’48'. Sa couleur est un rose rougeâtre.

Fainiiie du pérîdot. — Les divers termes de cette famille ne diffèrent entre eux que par le remplacement isomorphique de la magnésie par l’oxyde ferreux. Ces minéraux sont des orthosilicates ; leur formule générale est donc 2RO,SiO®. Tous cristallisent dans le système orthorhombique ; la forme primitive adoptée est telle que mm=:H9''15'.

Forslérite. — C’est l’espèce la moins ferrifère ; elle contient cependant encore 2 pour 100 d’oxyde ferreux.

ChrysoUlhe. — Cette espèce est transparente et cristallisée, sa couleur est le jaune verdâtre ; elle contient environ 8 pour 100 d’oxyde ferreux.

Olivine. — C’est le péridot le plus commun ; sa couleur est semblable à celle de la chrysolithe, mais les échantillons sont moins transparents et se présentent presque toujours en grains cristallisés, mais à contours quelconques. La teneur en oxyde ferreux varie de 10 à 20 pour 100.

L'hijalosidérile forme des grains à surface irisée et renferme près de 50 pour 100 d’oxyde ferreux.

F ayante. — Cette espèce ne contient plus du tout de magnésie; elle représente donc le bisilicate ferreux ; cependant il convient de noter la présence de 3 à 4 pour 100 d’alumine dont le rôle n’est pas déterminé. La fayalite forme des masses noires et opaques.

Phénakîte. — Cette espèce est le bisilicate de glucine 2G10,Si0®, Elle cristallise en rhomboèdre de llO^SO'.

Willémite. — Cette substance constitue le bisilicate de zinc anhydre 2ZnO,SiO*. Les cristaux dérivent d’un rhomboèdre de 116“!'.

Calamine. — Cette espèce est un silicate de zinc hydraté dont la formule est SiO^,2ZnO,H-0. L’eau peut être considérée comme saturant partiellement le zinc, ce qui fait de la calamine un bisilicate.

Le svstème cristallin est le système orthorhombique avec hémiédrie à faces inclinées; mm = 104“13'.

Dioptase. — Silicate hydraté de cuivre correspondant à la formule SiO’,GuO,H*0. Belle couleur verte. Ses cristaux sont des rhomboèdres avec pp=9o‘’,5o'.

Chrysocolle. — Autre silicate hydraté de cuivre répondant à peu près à la formule SiO%CuO,21BO. Masses bleuâtres et amorphes.

Talc. — Ce minéral forme des lames blanchâtres, onctueuses au toucher, facilement clivables parallèlement à une direction qui est celle de l’aplatissement des lames comme dans les micas et dans les chloriles. Le système cristallin n’est pas déterminable avec précision, cependant on peut dire que les cristaux dérivent d’un prisme voisin de 120“, orthorhombique ou clinorhombique. Le talc est un silicate de magnésie hydraté, mais sa composition varie un peu au point de vue quantitatif, surtout pour l’eau, dont la teneur oscille entre 0 et 6 pour 100. Les analyses moyennes sont représentées par la formule 5MgO,4SiO^,H-0.

Ste'atite. — Cette espèce possède; la même composition que le talc, et présente aussi des variations de même ordre dans sa composition, mais elle se présente en masses compactes.

Magnésile. — Cette espèce est encore un silicate de magnésie hydraté ; elle contient plus d’eau que les espèces précédentes, car la proportion en varie de 10 à 20 pour 100. Ces deux valeurs-limites correspondent aux deux formules 2.MgO,3SiO%2IPO et 2Mg0,5S10^41TO. La magnésite est blanche, compacte, non cristallisée ; elle happe fortement à la langue, propriété que ne possède pas la stéatite.

Serpentines. — Les minéraux qui se rapportent à la serpentine forment un groupe d’espèces plutôt qu’une espèce définie. Du reste les serpentines ne sont pas cristallisées ; elles sont compactes, grenues ou fibreuses. Les plus pures sont des silicates de magnésie hydratés avec une plus ou moins grande quantité d’oxyde ferreux. Les analyses moyennes sont représentées par les formules 3MgO,2SiO“,2fDO ou SH^O.

Apophyllite. — Cette espèce cristallise en apparence dans le système quaternaire, mais en réalité cette symétrie n’est qu’apparente et provient du groupement de cristaux élémentaires clinorhombiques. La composition chimique est assez complexe ; c’est un silicate de chaux hydraté et fluorifère. La formule rapportée à un atome de fluor est Ca*KH‘“Si“FO“. Sa couleur est blanche; l’aspect et le gisement sont les mêmes que ceux des zéolithes dont cette substance diffère surtout par l’absence d’alumine.

Dalholite. — Silico-borate de chaux hydraté répondant à la formule 2CaO,2SiOSB^OMPO.

Sphène. — Le sphène est un silico-titanate de chaux SiO^TiO^CaO. Sa couleur est jaune ou brune. Ses cristaux sont des prismes clinorhombiques.

SILICIUM

Zircon. — Cette espèce constitue le silicate de zircone SiO^ZrO*. Les cristaux sont des prismes quadratiques avec sommet octaédrique. La couleur est parfois rouge, parfois d’un jaune grisâtre et jointe à un aspect pierreux.

ANALYSE DES SILICATES.

L’analyse des silicates, surtout celle des silicates naturels, est souvent longue et pénible ; nous avons mentionné plus haut le nombre considérable de corps différents qu’un silicate naturel renferme parfois ; la séparation exacte et le dosage de tous ces corps deviennent par cela même difficultueux ; et, de plus, l’opération se complique de ce que beaucoup de ces composés résistent à l’action destructive des acides ordinaires et nécessitent pour leur désagrégation l’emploi de moyens violents tels que la fusion ignée avec des alcalis, ou la macération à chaud avec de l’acide fluorhydrique fumant. Les principaux agents usités, pour effectuer cette désagrégation sont :

1° Les acides chlorhydrique ou azotique;

2" Les acides chlorhydrique ou sulfurique en tubes scellés ;

3° L’acide fluorhydrique ;

4“ Le fluorhydrate d’ammoniaque ;

5“ Le fluorhydrate de fluorure de potassium ;

6“ Le bisulfate de potasse ;

7“ Les carbonates alcalins en fusion ignée ;

8° La potasse en fusion ignée ;

9“ Le carbonate de chaux ;

10“ Le carbonate de baryte;

11“ L’hydrate de baryte.

Quelle que soit la méthode employée, on doit commencer par réduire le silicate en une poudre impalpable qu’on tamise à travers un linge ou à travers un tamis de soie très fin. 11 faut se mettre en garde, lorsqu’on opère sur des silicates durs contre l’introduction de silice provenant du mortier d’agate si l’on se sert de cet instrument, ou contre l’introduction de fer si l’on emploie les mortiers en acier ; ces derniers sont toutefois préférables pour les corps durs, car la présence du fer métallique étranger à la matière est plus aisément reconnaissable dans la poudre que la présence de la silice.

1“ Attaque par les acides chlorhydrique ou azotique. — Lorsque le silicate qu’on veut analyser est attaqué par les acides chlorhydrique ou azotique, on le traite par l’un d’eux, employé généralement à l’état concentré, et en quantité suffisante pour faire une bouillie demi-claire. On effectue cette opération soit dans une capsule de platine ; soit dans une capsule de porcelaine, lorsque le silicate contient des corps tels que le fer ou le manganèse dont les chlorures pourraient altérer le platine; on fait macérer le tout à une douce chaleur pendant un temps suffisant pour que l’attaque soit complète. On évapore à siccité au bain-marie et on chauffe jusqu’à ce qu’il ne se dégage plus de vapeurs acides. Cette opération a pour but de rendre insoluble la silice qui s’était dissoute, lors de l’attaque, dans la

188 ENCYCIOPÉDIE CHIMIQUE.

liqueur chlorhydrique. Il faut, si l’on n’eraploie pas le hain-marie pour la dessiccation, se garder de chauffer trop fort, car la silice se recombinerait aux hases pour donner des composés difficilement attaquables. On reprend par une petite quantité d’acide chlorhydrique et par l’eau chaude; on filtre, on lave; finalement, on chauffe au rouge la silice et on la pèse.

Il faut, dans les pesées de silice, se mettre en garde contre la propriété hygroscopique de la silice amorphe, qui peut lui permettre d’absorber suffisamment de l’eau contenue dans l’air pour modifier légèrement les l’ésultats.

Il faut aussi toujours s’assurer que la silice obtenue est pure. Le meilleur procédé consiste à la traiter par l’acide lluorhydrique, qui la transforme en acide fluosilicique ; par évaporation tout doit donc se volatiliser.

Les bases se trouvent à l’état de chlorures ou d’azotates dans le liquide filtré et y sont dosées par les procédés ordinaires.

Un certain nombre de silicates qui ne sont pas attaquables directement par les acides le deviennent après avoir été chauffés au rouge. On commence donc,“pour ces corps, par leur faire subir une calcination pendant un temps suffisant, puis on les soumet aux traitements qui viennent d’être décrits.

2” Attaque par les acides en tubes scellés. — Lorsque le silicate n’est pas décomposé par les acides employés à l’air libre, ce qui limite la température possible à atteindre, on peut suivre une méthode qui consiste à chauffer la matière au-dessus de 200", en tubes scellés, avec de l’acide chlorhydrique moyennement concentré ou de l’acide sulfurique étendu d’une petite quantité d’eau. Un grand nombre de silicates sont complètement décomposés dans ces conditions. On termine la séparation de la silice comme ci-dessus.

5“ Attaque par l’acide fluorhydrique. — Ce procédé d’attaque est l’un des plus commodes et des plus efficaces, mais il ne permet pas de doser la silice directement, celle-ci se volatilisant à l’état de fluorure de silicium. On a bien proposé de diriger celui-ci dans de l’eau de manière à le fixer, mais ce processus n’est pas employé à cause des complications d’appareil qu’il nécessite.

Il faut avoir soin de toujours contrôler la pureté de l’acide fluorhydrique qu’on emploie ; il ne doit laisser aucun résidu par évaporation. 11 est souvent nécessaire de redistiller avec soin l’acide du commerce en employant soit un alambic en plomb, soit plutôt un alambic en platine. On traite la matière par l’acide fluorhydrique liquide et concentré dans une capsule de platine, de manière à obtenir une bouillie. On laisse macérer le tout à une douce chaleur pendant un certain temps, jusqu’à ce que toute la matière soit bien attaquée. On ajoute ensuite une certaine quantité d’acide sulfurique pour ramener les bases à l’état de sulfates, et l’on évapore. au bain-marie jusqu’à ce que tout l’acide fluorhydrique et le fluorure de silicium soient volatilisés. On chauffe alors plus fortement, de manière à chasser l’excès d’acide sulfurique ; finalement on termine comme au 1“.

4“ Attaque par le fluorhydrate d’ammoniaque. — On peut remplacer l’acide fluorhydrique par le fluorhydrate d’ammoniaque, dont l’action est tout aussi énergique. 11 faut encore avoir soin de s’assurer préalablement de la pureté de son

SILICIUM

réactif. On peut sunTe pour l’attaque deux marches différentes ; dans l’une, on fait macérer simplement le silicate avec du fluorhydrate d’ammoniaque et un peu d’eau, en aidant la réaction par une douce chaleur. On chauffe ensuite assez fortement, de manière cà volatiliser le fluorure de silicium et le fluorhydrate d’ammoniaque ; on traite par l’acide sulfurique pour transformer les bases en sulfates; on chasse l’excès d’acide par la chaleur, et finalement on termine comme au 1“. On peut aussi ajouter l’acide sulfurique dès le commencement de l’attaque au silicate mêlé au fluorhydrate. On chauffe alors au bain-marie jusqu’au dégagement complet du fluorure de silicium; on chasse l’excès d’acide; on termine comme dans les autres cas.

11 faut employer dans les deux cas, comme fluorhydrate, plusieurs fois le poids de la matière.

5“ Attaque par le fluorhydrate de fluorure de potassium. — Ce procédé possède l’inconvénient des précédents, c’est-à-dire de volatiliser la silice et par conséquent de ne pas se prêter à son dosage direct. Il n’en présente pas les avantages puisqu’on introduit une base, la potasse, et ne peut par conséquent, pas servir au dosage des alcalis.

6° Attaque par le bisulfate de potasse. — On opère en fondant la matière dans un creuset avec du bisulfate de potasse. Ce procédé est peu employé à cause des lavages longs et pénibles que nécessite la présence du sulfate de potasse.

7" Attaque par les carbonates alcalins. — Ce procédé, qui est l’un des meilleurs, est très usité, mais il ne permet naturellement pas de doser les alcalis. On emploie soit le carbonate de soude seul, soit mieux un mélange de carbonate de soude et de carbonate de potasse; ce mélange a l’avantage d’être plus facilement fusible que le carbonate de soude seul. On place la matière mélangée avec quatre ou cinq fois son poids de carbonate dans un creuset de platine assez vaste pour n’être rempli que jusqu’au tiers environ. On chauffe au chalumeau à gaz, doucement d’abord pour éviter les projections, puis progressivement jusqu’à la plus haute température possible et jusqu’à ce que la masse soit en fusion tranquille.

On traite le creuset et la matière par une certaine quantité d’eau, puis par l’acide chlorhydrique ou l’acide azotique, jusqu'à ce que la dissolution, qu’on aide à l’aide d’une douce chaleur, soit complète sauf le précipité de silice. On évapore à siccité au bain-marie et l’on termine comme au 1“.

8” Attaque par la potasse. — On fait usage quelquefois de la potasse caustique en fusion ignée, mais la température qu’on peut atteindre est alors forcément restreinte par l’emploi nécessaire d’un creuset d’argent. Il faut de plus se mettre en garde contre la dissolution fréquente d’une petite quantité d’argent qui dans le cours des opérations se transforme en chlorure d’argent et peut être pesé avec la silice.

9“ Attaque par le carbonate de chaux. — Cette méthode, préconisée par H. Deville, est plus difficile à bien conduire que les précédentes, parce qu’il est nécessaire d’atteindre une température très haute et que, ou l’on force la dose du car-

bonate de chaux, auquel cas on risque des volatilisations d’alcali ; ou l’on n’emploie, comme le conseille Deville, qu’une faible proportion de carbonate de chaux, et l’on risque de n’obtenir qu’une attaque incomplète. D’après Deville, il faut employer moins de 1 partie de carbonate de chaux pour 1 partie de matière ; on fond le mélange au creuset de platine sur la lampe d’émailleur. On reprend ensuite par l’eau et l’acide chlorhydrique, et l'on termine comme dans les autres cas.

Lawrence Smith a modifié ce procédé. 11 opère avec beaucoup plus de carbonate de chaux, 8 parties au moins pour 1 de silicate; il ajoute en plus 1 à 2 parties de chlorhydrate d’ammoniaque pulvérisé. Pour éviter les pertes d’alcalis par volatilisation, il fait usage d'un long creuset étroit, ayant environ 10 centimètres de long pour 2 de large, et placé dans une position très inclinée; en menant d’abord doucement le feu, puis en chauffant au rouge vif, surtout la partie inférieure, on n’a pas de pertes à craindre. On traite par l’eau et l’acide chlorhydrique et l’on termine comme dans les autres cas.

10“ Attaque par le carbonate de baryte. — Ce procédé nécessite une température plus élevée même que dans le cas du carbonate de chaux; il est sujet aux mêmes craintes de volatilisation d’alcalis. 11 a l’avantage d’être très énergique et de détruire les silicates les plus réfractaires. On opère du reste d’une manière identique à la précédente.

11“ Attaque par la baryte. — On effectue cette attaque en mêlant 1 partie de silicate avec 5 parties environ d’hydrate de baryte desséché, et chauffant le tout au creuset d’argent. Il faut s’assurer de la pureté de la baryte employée.

Séparations et dosages spéciaux. — Indépendamment de la séparation générale des bases et de la silice, il faut doser par des opérations spéciales les substances telles que l’eau, le fluor, le chlore, l’acide sulfurique, le soufre, les matières organiques, etc.

Dosage de Veau. — Indépendamment de l’eau, éliminable à 100“ ou 120“ et qu’on dose par simple dessiccation à l’étuve, certains silicates retiennent une petite quantité d’eau qui ne s’élimine qu’avec difficulté et parfois seulement au rouge. Il faut se mettre en garde, en ce cas, contre la décomposition possible de la substance ; ainsi, si le silicate est fluorifère, le fluor se dégage pendant la calcination sous forme de fluorure de silicium ; il est donc bon de s’assurer si l’eau dégagée n’est pas acide. Si l’on a des complications semblables à craindre, il faut avoir soin de mélanger la matière avec plusieurs fois son poids de litharge pulvérisée, de peser le tout et d’effectuer la calcination sur le mélange. Les vapeurs acides sont alors retenues par l’oxyde de plomb.

Dosage du fluor. — Le fluor des silicates lluorifères se dégage toujours à l’état de fluorure de silicium, entraînant ainsi une partie de la silice. On le dose généralement en évaluant en fluorure de silicium la perte de poids que le minéral subit à la calcination. Si l’on craint que celui-ci ne soit trop pauvre en silice, on a soin de lui en mélanger une certaine proportion.

SILICIÜM.

Lorsque la matière contient à la fois de l’eau et du fluor, on dose l’eau en présence d’oxyde de plomb comme il a été indiqué ; puis on calcine seule ou mieux avec de la silice une autre portion du minéral, la perte représente le fluorure de silicium.

Si l’on se trouve en présence de cas complexes ou douteux, on peut recueillir dans dé l’eau les vapeurs dégagées,' doser la silice déposée dans l'eau, puis celle à l’état d’acide fluosilicique, qui doit être exactement double. Cette opération est peu usitée, à cause de la complication expérimentale quelle nécessite.

Dosage du chlore. — On attaque la matière par l’acide azotique; ou bien en tubes scellés par un mélange d’acide azotique et d’acide sulfurique ; ou bien par fusion avec du carbonate de soude. On a naturellement soin d’effectuer les traitements de séparation avec l’acide azotique. Le chlore se trouve finalement dans la liqueur avec les bases et peut être dosé par l’azotate d’argent.

Dosage du soufre et de Vacide sulfurique. — On dose l’acide sulfurique en attaquant la matière par le carbonate de soude à l’ébullition, ce qui suffit pour soluMliser l’acide sulfurique, qu’on précipite ensuite par le chlorure de baryum.

Pour doser le soufre, on chauffe la matière en tubes scellés avec de l’acide azotique, ou bien on la fond avec un mélange de carbonate et d’azotate de soude. On dose ensuite l’acide sulfurique formé par le chlorure de baryum.

Si la matière renferme à la fois de l’acide sulfurique et du soufre, on effectue successivement ces deux opérations ; dosant d’une part l’acide sulfurique seul ; oxydant; puis dosant l’acide sulfurique total, d’où l’on déduit la proportion qui existait à l’état de sulfure.

Dosage de l’acide borique. — Lorsque l’on n’opère pas avec des liqueurs trop concentrées, l’acide borique se trouve après l’attaque dans la liqueur qui renferme les bases. Le point délicat du dosage est d’éviter les pertes par volatilisation, soit pendant l’attaque par les acides, si c’est ce moyen qu’on emploie, soit pendant l’évaporation et la dessiccation de la liqueur. Les résultats expérimentaux sont généralement un peu faibles.

Dosage de Vacide titanique. —L’acide titanique se trouve surtout, après l’attaque du minéral, dans la liqueur chlorhydrique qui contient les bases ; cependant une petite quantité reste souvent mélangée à la silice précipitée. On 1 obtient comme résidu lorsque l’on reprend celle-ci par l’acide fluorhydrique et qu’on la volatilise.

Dosage des matières organiques. — On soumet la substance chauffée au rouge dans un tube- de verre à l’action d’un courant d’oxygène, et on recueille 1 acide carbonique et l’eau formée. Il faut souvent se mettre en garde contre la volatilisation de substances nuisibles, fluorure de silicium ou autres, et tenir compte naturellement de l’eau contenue dans le minéral.

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