‹ Encyclopédie chimique. Tome II.- Métalloïdes. Complément 1ère partieChapitre 144 sur 184 · I. Revue de géologie, t. XI, p · texte numérisé non relu

I. Revue de géologie, t. XI, p

Loin d’être une rareté dans cette localité, ainsi qu’on l’a cru, le succin y forme, dans certaines couches de lignite, de petits grains extrêmement nombreux. Dans un morceau d’un décimètre cube, on peut compter jusqu’à 40 de ces gouttelettes.

Baltique. — D’après un sondage fait sous la direction de M. Berendt^, l’ambre qu’on exploite sur les bords de la mer Baltique se trouve vers 43 mètres de profondeur, dans une argile bleue, située au-dessous des lignites.

A l’époque éocène, l’emplacement de la mer Baltique était occupé par une immense forêt qui comprenait presque tout le continent du Nord. On a retrouvé, en draguant à 2 mètres au desous du fond de la mer, trente-deux espèces de conifères, un peuplier, un aulne, deux saules, un châtaignier et des genévriers. Des conifères découlait une résine qui, ayant subi une transformation dans le sein de la terre, est devenue l’ambre : C’est le Pinus succinus qui en a donné la plus grande quantité. Plus de douze cents espèces d’objets ont été trouvés dans l’ambre, tant animaux que plante et minéraux. Les insectes surtout sont en grande quantité. Quant à la présence des reptiles, qui avait été annoncée, elle reste problématique, suivant l’expression de M. Sauvage®.

On exploite l’ambre par mines : on le ramasse aussi avec le scaphandre au fond de la mer ; autrefois on le trouvait sur les berges après les orages, mais ce mode de récolte n’est plus usité. L’ambre est de droit régalien. En Prusse, nul ne peut fouiller sa propriété sans payer un droit au gouvernement ; — ce qui rapporte à celui-ci 600 000 francs par an. La location se fait par arpents, par année ou par semaine.

ORIGINE DU SDCCIN

M. Eugène Robert rattache la présence du succin dans les lignites des côtes de la mer Baltique du Spitzberg, du Groenland, etc., aux écbouements de bois flottés, qui sont ordinairement des conifères, sur les mêmes côtes, et déduit de ce rapprochement que le succin n’a sans doute pas une autre origine. « Est-ce que, par exemple, dit-il, cette substance n’était pas susceptible de suivre en mer le même chemin que les arbres d’où elle s’était écoulée? De même que nous avons rencontré fréquemment, en parcourant les côtes de l’Islande, des fragments d’écorce détachés des mêmes arbres par le cboc des glaces, nous n’avons pas été surpris de trouver au milieu de ces épaves végétales des morceaux de résine. Si quelque chose doit surprendre dans cette occurence, c’est de n’en avoir pas vu ; mais nous ferons remarquer que cette substance, dans le cas où elle viendrait à échouer sur les rivages en question, comme cela a dû se passer pour le succin sur les côtes de Dantzig, à la suite des tempêtes qui bouleversent les bas-fonds de la Baltique, la résine, disons-nous, doit-être soigneusement recueillie par les pauvres habitants de ces contrées inhospitalières (Islande), qui passent la plus grande partie de leur temps sur le bord de la mer, et qui ne vivent, pour ainsi dire, que

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