La Nature, 1876, 2“ semestre, -p
de ce qu’elle abandonne. On doit comprendre, d’après cela, l'importance que nous attachons à la question de savoir si le succin accompagne seulement les li^nites ou s’il se trouve indifféremment dans ce combustible et dans la houille ; car, étant convaincu que le surtarbrand de l’Islande n’est composé que de conifères, nous sommes fortement porté à croire, en résumé, que le succin, en quelque lieu qu’il se trouve, appartient exclusivement aux ligniles, et que de tout temps il s’est lié étroitement au charriage des bois flottés^ »
On remarque de même à Lobsann (Alsace) que c'est dans les lits qui renferment du charbon de bois de conifères, que l’on trouve le plus abondamment des grains de succin. Cette association, rapprochée de la propriété habituelle aux conifères de sécréter abondamment de la résine, amène à reconnaître clairement l’origine du succin de Lobsann. Comme confirmation on peut ajouter que lorsqu’on examine les fibres de ces conifères avant qu’elles aient été calcinées, leurs ponctuations sont d’un jaune miel ; ce qui montre qu’elles sont encore imprégnées de substances résineuses. Du succin est venu quelquefois aussi envelopper les faisceaux fibreux des palmiers.
SUBSTANCES VOISINES DE l’aMBRE
Siegburgite. — M. de Lasaulx* a proposé de nommer Sieghurgite une résine qui a été trouvée dans un grès vert recouvrant le lignite de Siegburg, sur le Rhin inferieur. Elle a une couleur qui varie du jaune au brun et à l’hyacinthe. En brûlant, elle répand une odeur empyreumatique. Sa dureté est celle de l’ambre. A la distillation, elle donne une huile jaune verdâtre, mais pas d’acide "suceinique. Elle ne se dissout pas complètement dans l’alcool ni dans l’etlier. M. de Lasaulx a trouvé pour sa composition :
Oxygène . 13.37
Total . 100. UO
Une autre analyse a donné des résultats notablement différents. Quoi qu’il en soit, cette résine est riche en carbone et elle contient aussi beaucoup d’oxygène. M. de Lasaulx la rapproche de la kranlzite de M. Landolt, de la rosthornite de M. Hôfer, du copal trouvé dans l’argile de Londres, et d’une résiné analysée par M. Boussmgault.
La siegburgite forme dans le sable supérieur au liguite, des concrétions dans lesquelles elle sert de ciment et qui ressemblent à celles du lœss. Sa proportion dans ces nodules peut s’élever à 54 p. 100.
Succinite. — Brongniart a donné ce nom à une résine fossile qui sessemble au
1. Eugène Robert, extrait du journal les Mondes, 13 mai 1869.