‹ Encyclopédie chimique. Tome II.- Métalloïdes. Complément 1ère partieChapitre 146 sur 184 · Neues Jahrbuch, 1875, p · texte numérisé non relu

Neues Jahrbuch, 1875, p

succin, et ne paraît on différer que parce qu’elle est presque entièrement dépourvue de l’acide particulier qu’on nomme acide succinique, et qu’on trouve en quantité plus ou moins grande dans le succin proprement dit. Ce succin résinoïde, comme l’appelle aussi Brongniart, est plus ancien que le vrai succin ; il paraît appartenir, comme celui de l’île d’Aix, par exemple , à la formation crétacée, accompagnant les lignites de ce terrain.

Beauvoisin avait déjà donné le nom de succinite à une variété de grenat jaune, dont l’aspect rappelle aussi celui de la résine.

Copalite^. — Au milieu des argiles tertiaires de la colline de Highgate, près de Londres, on a trouvé en masses assez considérables une résine fossile, qui ressemble beaucoup à la résine copal, et dont la couleur est d’un brun foncé ou d’un jaune clair qui rappelle l’aspect de la résinite de Walchow. Elle brûle avec une odeur aromatique, et fond sans éprouver de décomposition. Elle est peu soluble dans l’alcool. Elle ne contient que très peu d’oxygène (2,7), et les autres éléments sont dans la proportion de 80, 4 de carbone et 11,7 d’hydrogène.

Rétinite^. — Substance jaune ou d’un brun clair, terreux, d’un aspect gras, très fragile, et qu’on trouve en rognons, au milieu des lignites, en Angleterre, dans le nord de l’Allemagne et en Amérique. Elle a de la ressemblance d’une part avec les bitumes, et de l’autre avec les résines fossiles, telles que la copalile et le succin : de là les noms de Rétinasphalte et de Bernerde (terre succinoïde) qu’on lui donnés. Hatcliett l’a découverte dans les lignites bruns de Bovey, en Devonshire, et la croyant composée de résine et d’asphalte, il lui donna le nom de Rétinasphalte, que Breithaupt depuis a changé en celui de Bétinite. Sa pesanteur spécifique varie de 1,05 à 1,15. Sa composition est aussi variable, comme on doit s’y attendre, d’après l’origine de cette substance. La variété jaune et écailleuse de Moravie a donné à l’analyse : Carbone 80,4; hydrogène 10,7; et 8,9 d’oxygène. Cette composition répond à la formule C**11®0.

La rétinite brûle avec une odeur aromatique; avant de fondi'e, elle devient élastique comme le caoutchouc. Elle est plus soluble dans l’alcool que le succiu.

g II. Ozokéritc (Glocher).

Composition atomique : CH, ou en poids :

Carbone . 85,7

Hydrogène . 14,5

Substance semblable à de la cire par sa consistance et sa translucidité, et d’une odeur aromatique assez agréable, propriétés qui lui ont valu son nom do cire odo-

rante ; d’un vert de poireau ou d’un brun verdâtre par réflexion, et d’un brun jaunâtre par transmission de la lumière. Pesanteur spécifique 0,96. Elle est généralement amorphe, mais quelquefois avec des traces de structure fibreuse. Elle fond assez facilement vers 80“ en un liquide huileux de couleur claire. A une température plus élevée elle s’enflamme et brûle sans laisser de résidu. Elle est aisément soluble dans l’huile de térébenthine, mais difficilement dans l’alcool et dans l’élher.

L’ozokérite a été découverte par Meyer à Slanik; en Moldavie, dans un grès accompagné de lignite et de sel gemme. Elle y est en si grande abondance, que les habitants de ce pays, s’en servent pour l’éclairage. On la trouve aussi dans le grès des environs de Vienne, en Autriche, à Baryslan, dans le Caucase, et spécialement dans l’île de Tchelekène, où la substance qui nous occupe, connue sous le nom de naphtaguil, est exploitée en petits nids dans des couches d’argile sablonneuse; en Galicie particulièrement, près deMœhrish-Œstran, où on l’exploite pour la fabrication de la paraffine, et à la mine de charbon d’Urpeth, près de Newcastle, en Angleterre.

Schéerérite (Stromeyer). — Composition atomique : CIP, ou en poids:

Carbone . 75

Hydrogène . 25

lôô

Substance molle d’un aspect gras et d’un éclat généralement nacré, formé de petites écailles ou lamelles courbes, comme celles du blanc de baleine ; fusible à 44“ ; soluble dans l’alcool, et cristallisant par évaporation en aiguilles entrelacées, de couleur blanche ou grise. Elle a été découverte par Schéei’er dans les fissures d’un lignite brun à Uznach, près de Saint-Gall, en Suisse.

Elatérite (bitume élastique ; caoutchouc fossile). — Composition semblable à celle de la scbéerérite.

Substance d’un brun noirâtre ou jaunâtre, tirant quelquefois sur le verdâtre, molle et élastique, fusible à une température peu élevée, en une matière visqueuse; brûlant avec fumée noire et bitumineuses. On l’a trouvée dans les filons de plomb d’Odin, près de Castleton, en Derbyshire, et on l’a retrouvée depuis dans les veines de quartz et de calcaire qui traversent les couches de houille de Montrelais (Loire- Inférieure) .

Elle existe aussi aux États-Unis, au milieu d’un calcaire bitumineux, à Woodburg, dans le Connecticut.

Schraufite. — En Dalmatie, dans la Bukowine, on trouve une résine fossile à laquelle on adonné le nom de schraufite. C’est aux environs du village de Wamma

que se trouve ce gisement. Ce combustible ressemble beaucoup aux bitumes qui imprègnent les roches dans la Galicie, à Hoffein, dans le sud de l’Autriche et en Bohême.

C’est dans un filon de grès schisteux de près de deux mètres d’épaisseur et qui traverse les couches à pétrole de Ropiauka, que se trouve cette résine fossile. Elle forme des cordons, dont la grosseur dépasse souvent 10 centimètres. Sa densité varie de 1 à 1,12. Sa couleur est rouge, et 4,5 pour 100 d’eau s’y trouvent combinés; ce qui empêche de la travailler. Son point de fusion est 526 degrés. Fondue, elle laisse dégager des gaz avec abondance, et toute sa substance entre en décomposition. L’alcool n’en dissout qu’une petite quantité; il en est de même du chloroforme et de la benzine. Au contraire, l’acide sulfurique dissout entièrement la schraufite. On peut fabriquer des savons avec celte résine fossile.

Distillée, elle laisse comme un résidu, une espèce de colophane rouge-brun, qui fournit un brillant vernis quand on la mêle à la térébenthine.

Naphthaline. — Composition atomique ou en poids :

Carbone . 93,76

Hydrogène . 6,24

Substance blanche, cristalline, d’un éclat gras, et d’une odeur particulière, douce et onctueuse au toucher, qu’on extrait du goudron de houille, en soumettant celui-ci à une nouvelle distillation.

Elle cristallise en lames rhomboïdales, extrêmement minces, dont l’angle obtus est de 108 à 109". Elle est insoluble dans l’eau, mais se dissout facilement dans l’alcool. Sa tension de vapeur est faible et elle s’évapore dans l’air aux températures ordinaires, comme le camphre, mais plus lentement. Elle fond à 79", entre en ébullition à 212", et se sublime. Elle brûle avec une flamme fuligineuse. Elle s’est produite en petites quantités dans quelques houilles embrasées.

Hartile (Haidinger). — Composition atomique : C"H®, ou en poids :

Carbone . 87,8

Substance blanche, semblable à de la cire, composée de petites écailles ou lamelles hexagonales, qui paraissent dériver d’un prisme klinorhombique de 100" (Haidinger). Elle se rapproche de la schéerérite, dont elle se distingue par sa cristallisation, sa température de fusion (74") et une proportion de charbon plus considérable. Comme cette dernière substance, on la trouve dans les fissures des lignites, à Oberhart, près Gloggnitz, dans la basse Autriche, et à Roscnthal, près Kôflach, en Styrie.

Kœulite (Schrôtter). — Composition atomique C®H : ou eu poids ;

Carbone . 92,3

Hydrogène . 7,7

Cette substance ressemble à la schéerérite, et se rencontre avec elle dans les lignites d’üznach; mais elle ne commence à fondre qu’à 108". Elle cristallise en petites lamelles ou en aiguilles, dont les formes paraissent se rapporter, comme celles des deux espèces précédentes, au système klinorhombique.

Idrialine (Dumas). — Composition atomique C"H, ou en poids :

Carbone . 94,9

Hydrogène . 5,1

Substance blanche, cristalline, en petites lames ou paillettes micacées, semblable à du blanc de baleine, et qui est contenue dans le minerai de mercure d’idria, appelé Branderz (ou idrialite). Ce dernier minerai est un schiste bitumineux d’un noir brunâtre, à poussière tirant sur le rouge ; d’un aspect gras, contenant plus ou moins de cinabre (jusqu’à 18 pour 100), et composé essentiellement d’idrialine, avec quelques parties terreuses ou pyriteuses. Ce schiste est inflammable : de là le nom de branderz que lui donnent les Allemands : il brûle facilement avec fume'e, en exhalant une odeur sulfureuse, et abandonnant une cendre d’un brun rougeâtre^ Ce schiste, quand on le chauffe dans un tube de verre, mais pas assez pour l’enflammer, fournit une foule de paillettes cristallisées qui sont la substance appelée idrialine par M. Dumas. Mais, parce qu’on parvient aussi à l’extraire du schiste au moyen de l’huile de térébenthine bouillante, il est probable qu’elle est toute formée dans le minerai d’idria. Cette substance est peu soluble dans l’alcool, et elle ne fond qu’à une température assez élevée.

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