Deutsche geologische Gesellschaft, t. XXXIII, p
creusant de petits puits dans ces sables; l’eau qui s’y rassemble entraîne avec elle des gouttelettes de pétrole qui viennent surnager à la surface à cause de leur faible densité et que l’on peut alors recueillir facilement.
Depuis que les applications du pétrole se sont multipliées, on a essayé d’employer ce procédé sur une grande échelle; toutefois on fut bientôt obligé d’y renoncer faute d’un rendement suffisant. De même qu’en Amérique, on s’est, an contraire, très bien trouvé de l’emploi de la sonde pour la recherche du pétrole.
M. Saint-Just Dru, ayant été chargé de désigner les emplacements dans lesquels les sondages présenteraient quelque chance de succès, s’est laissé guidé surtout par l’étude des failles. D’abord la carte géologique du pays montre qu’entre le Hanovre et le Brunswick, le trias et le grès bigarré sont relevés suivant une ligne orientée nord-sud. De plus, on rencontre au voisinage de cette ligne de nombreuses sources minérales qui sont riches en sel marin. C’est d’ailleurs à peu près sur celle ligne que se trouvent les villes de Gœttingue et de Lunebourg, dans lesquelles il existe aussi des sources minérales.
Il était donc assez naturel de faire les sondages pour la recherche du pétrole dans le voisinage de la ligne nord-sud dont nous venons de parler. Et en effet, de part et d’autre du chemin de fer, le pétrole a été rencontré à des profondeurs qui sont seulement d’une vingtaine de mètres. Comme le remarque M. Dru, le pétrole qu'on trouve en Hanovre dans les sables et dans les teirains voisins de la surface n’est plus dans son gisement originaire; ce sont les eaux des nappes souterraines qui l’ont entraîné à des distances variables de ses points d’émergence et qui l'ont répandu par infiltration dans ces terrains.
En réalité, dans le Hanovre son gisement primitif est dans le trias et meme audessous ; par suite, les points dans lesquels il est venu au jour doivent être recherchés au voisinage des sources minérales salées et le long des lignes de dislocation du trias.
Le pétrole suinte à travers les schistes noirs et compacts du lias sur divers points des environs de Lunebourg, notamment près de Wülfel, Sehnde, Oberg, Hanigsen, Obbershagen, et surtout près de Wietze, Hornbostel et Steinfordo. Suivant M. Karsten, le pétrole n’est pas exclusivement limité aux couches du lias, comme l’avaient cru jusqu’à présent la plupart des géologues; des soudages faits à Selmde et à Hanigsen ont montré que de 50 à 100 mètres de profondeur, l’on atteint les marnes irisées, le muschelkalk et le grès bigarré qui sont également imprégnés de pétrole.
On a constaté notamment que le grès bigan é en est complètement saturé et qu’il dégage une grande quantité d’hydrogène carboné gazeux. De plus, au lieu d’ètre noir, épais et bitumineux comme celui qui est à la surface du sol, le pétrole quon rencontre dans la profondeur est fluide, vert et semblable à celui de Pensylvanie.
Galicie. — La partie de la Galicie qui borde, vers le nord, la chaîne des Karpathes renferme une série de gîtes de pétrole, qui s’étendent dans la région orientale de cette province et en Bucovine.
Les localités dans lesquelles on a découvert le pétrole, constituent une zone qui, mesurée parallèlement à la chaîne, a une longueur d’environ 250 kilomètres. Dans cette étendue, on a ouvert depuis 1858, un certain nombre d’exploita-
lions régulières. D’autres, en très grand nombre et situées surtout dans la partie orientale, consistent seulement en orifices peu profonds que creusent les paysans. Il n'y a pas moins de 5000 de ces petits bassins, répartis dans une douzaine de localités des environs de Baryslow.
Le pétrole de la Galicie se trouve dans les terrains tertiaires. D'après M. de Hochstetter, ils appartiendraient à l’étage inférieur, dans la partie occidentale, et à l’étage moyen ou miocène, dans la région occideniale. Les gîtes sont disposés sur une ligne de fractures parallèles aux Karpalhes et, dans quelques points, en relation avec des sources thermales. Ils sont ainsi associés à du sel gemme.
D’après Félix Foucou^, en jetant les yeux sur la carte géodésique de la Galicie, on voit que la composition des terrains est la même sur les deux versants de la chaîne des Karpathes. En même temps, si l’on observe les positions des gîtes de pétrole dans la Galicie occidentale, dans la Galicie orientale, dans la Bucovine et jusqu’en Moldavie, on constate que ces gîtes courent d’abord à peu près de Foucst à l’est, pour s’infléchir ensuite brusquement vers le sud-est, c’est-à-dire qu’ils suivent exactement la direction de la chaîne. Aussi les trois régions d’huiles minérales qui viennent d’être citées n’en font-elles qu’une.
Les localités dans lesquelles on a découvert le pétrole en Galicie sont groupées au sud du chemin de fer de Cracovie à Lemberg. La distance qui sépare les deux points les plus éloignés de l’ouest à l’est est d’environ 200 kilomètres. Du nord au sud, la zone pétrolifère mesure 70 kilomètres au plus. Dans ce rectangle très irrégulier, qui représente plus d’un million d’hectares de superficie, on ne compte guère plus de vingt-cinq exploitations régulières. Les autres, en très grand nombre et situées surtout dans la partie orientale, no méritent pas le nom d’exploitation, bien qu’en ce lieu la terre soit littéralement criblée d’orifices pratiqués par les paysans à de très petites profondeurs.
Les terrains dans lesquels on recueille le pétrole des Karpathes sont généralement des schistes plus ou moins sableux ou argileux et plus ou moins imprégnés de produits hydrocarburés. Tout le versant septentrional et oriental des Karpathes appartient à la formation crétacée. Gelle-ci est recouverte sur les versants polonais et hongrois par du grès karpathique ; du côté de la Pologne, le grès à nummulites apparaît, bientôt suivi d’autres couches cocènes.
C’est dans le terrain tertiaire inférieur dont il s’agit que se trouvent les gîtes de pétrole ; le contact de l’éocène et du miocène est marqué vers Starasol et Drohobycz par des gisements où le sel gemme et le bitume sont intimement associés.
Principautés danubiennes. — Dans les principautés danubiennes, le pétrole appartient encore au terrain tertiaire. Les gîtes bitumineux des provinces danubiennes, de même que ceux de la Galicie bordent la chaîne des Karpathes.
On remarque que sur cent puits forés pour recueillir le pétrole, la moitié a peine rencontre cette substance ; ce qui montre que les zones oléifères sont très étroites et séparées par des terrains stériles. Les puits ne sont séparés les uns des autres que par un intervalle de 20 mètres, et seraient plus raprochés encore si les règlements n’imposaient pas cette distance ; il est indispensable d’en agir ainsi pour