‹ Encyclopédie chimique. Tome II.- Métalloïdes. Complément 1ère partieChapitre 172 sur 184 · Annales des mines, 7“ année, t. H, p · texte numérisé non relu

Annales des mines, 7“ année, t. H, p

Volume de grisou Volume de grisou Vitesse d’inflammation

contenu dans im volume correspondant en mètres

de mélange. à un volume d’air. par seconde.

La courbe louniie par ces valeurs présente un maximum dont la valeur paraît être 0“,56 par seeonde et eorrespondre à une proportion de 0,108 de grisou dans un volume de mélange. De part et d’autre de ce point, on voit la vitesse tomber rapidement jusqu’à devenir inappréciable pour 0,077 comme pour 0,145 degrisou renfermé dans un volume de mélange. Au delà de ces points, le gaz n’est plus ni explosible ni inflammable.

De nouvelles ex|)ériences faites parM'I. Mallard et Le Cbâtclieront précisé davantage CCS chiffres et indi(|ué 0.62 comme la vitesse d inflammation maximum, correspondant à un mélange de 12,10 degrisou avec 100 parties d’air.

M. le professeur 1’i ankland‘a fait remarquer que la température d’inflammation du grisou est plus élevée que pour les mélanges eorrespondants formés avec le gaz de l’éclairage.

W.M. Mal lard et Le Cbàtelièr ont déterminé expérimentalement les températures de combustion des gaz suivants :

Hydrogène bicarboné . 550 degrés

Oxyde de carbone . O.'iO —

Hydrogène protocarboné . 780 —

Cette température reste la même pour les mélanges d’un même gaz avee l’air et l’oxygène en toute proportion.

La présence de l’acide carbonique élève d’une façon notable la température de combustion du mélange, d'oxyde de carbone. La combinaison de ce dernier gaz avec 1 oxygène commence du reste à des points inférieurs à celui qui vient d’être cité; à 450“ déjà l’effet se produit avec une vitesse très appréciable. Dans ces conditions, la combustion a lieu lentement et sans flamme.

La densité de l’hydrogène protoearboné pour 0,558 donne une limite inférieure à celle du grisou. Cette dernière en reste en général as.sez rapprochée, à moins que 1 hydrogène bicarboné (0,971) et surtout l’acide carbonique (1,529) ne prennent

l. Journal of the Chemical Society, 1863, p. 398.

une grande importance dans le mélange. Des mesures directes ont d’ailleurs fourni à divers espérimenlateurs les résultats suivants * :

Ilouillères. Densités. Obscivateui's.

Gatesliead (five cpiarter seam) . 0,.5802 Graham

Barradon (.larl Goal) . 0,6000 Turner

Walsend (Bensham) . 0,6024 Id.

Killingworth (high main) . 0,6196 Jd.

JaiTow (lowmain) . 0,6209 Id.

Ilebburn (Densliam) . 0,6527 Graham

Jarrow (Bensham). . . . . 0,6381 Turner

Killingworth . 0,6386 Graham

IIeltou(Hiitton 17ofathoms) . 0,7470 Turner

Hettou (main 100 fathoms) . 0,7800 Id.

Killingworlh . 0,8226 Id.

Pensher (Ilutton waste 125 fathoms). . 0,9669 Id.

D’après la légèreté spécifique que présente ordinairement le grisou, si l’on considère une cavité dans laquelle aucune cause ne vienne brasser l’atmosphère, le gaz, au lieu de s'étaler en nappe à la sole de la galerie, comme le fait l’acide caihoniijue, se rcndr.i directement à la partie supérieure, qu’il occupera presque à l’état de pureté.

Puis, par la tendance à la diffusion qui est inhérente aux fluides aériformes, il se straliliei’a en couches présentant tous les degrés de teneur en carbone, jusqu’au niveau du sol où se trouvera Pair le jilus pur.

Le gaz des marais est incolore. Son pouvoir réfringent semble sensiblement différent de celui de l’air. Telle est du moins l’explication quia été donnée de certaines apparences signalées depuis longtemps, analogues à des fils de la Vierge ou des toiles d’araignées. Elles seraient dues aux petits filets gazeux qui s’échappent du charbon en gagnant directement le toit sans se mélanger à l’air et qui occasionneraient ainsi une déviation dans le trajet des rayons lumineux

L’hydrogène protocarboné est ordinairement inodore et insapide. Parfois on trouve au grisou un léger goût de pomme. Dans certains cas il prend une odeur fétide.

Il produit quelquefois un léger picotement aux yeux.

Il n’est pas toxique, mais il devient asphyxiant, si sa proportion atteint le tiers environ du volume du mélange respiré.

Le grisou semble préexister à l’état gazeux, enfermé sous une pression plus ou moins élevée dans les pores du massif de charbon ou des roches encaissantes. Gependant un certain nombre d’ingénieurs inclinent à le considérer comme le produit de la dissociation, au dernier moment, de composés liquides ou même solides très volatils qui seraient contenus dans la houille.

Lorsque le dégagement du grisou est un peu abondant à un front de taille, une oreille attentive le perçoit facilement par un [letit bruissement particulier que les mineurs appellent le chant du grisou. On dit aussi que le gaz fuse. On peut com-

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