Dumas, Chimie industrielle, t. 1, p
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parer ce bruit à celui de la pluie ou encore d’une bouilloire pendant les instants qui précèdent la mise en train de l’ébullition.
Ce phénomène est produit par le décrépitemeut d’une multitude de parcelles de houille détachées par la pression des bulbes de gaz qui tendent à s’échapper des pores du combustible. Cette circonstance est analogue à ce qui se passe lors de la dissolution du sel gemme dans l’eau. Ce minéral renferme lui-même un gaz à peu près identique au grisou de la houille, et lorsque l’épaisseur des parois vient à s’affaiblir au point de rie pouvoir résister à la pression intérieure, celle-ci fait éclater cette pai-oi.
D’autres indices mettent d’ailleurs en évidence la pression du grisou. On voit cer. taines houillères dont les fronts de taille se gonflent, se gauchissent et éclatent ou s’exfolient. Dans certaines exploitations du Borinage, les ouvriers s’abstiennent de baver sous le charbon, pour ne pas offrir une surface de plus à l’issue du gaz. Ils aiment mieux le garder comme auxiliaire en attaquant en face son front de taille qu’il tend par derrière à pousser au vide.
M. de Marsilly, dans sa remarquable série d’expériences comparatives sur les houilles*, a vu souvent celles-ci dégager deux ou trois fois leur volume de gaz. D’après la loi de Mariotte, ce dernier s’y serait donc trouvé soumis à une pression de deux ou trois atmosphères, en calculant comme s’il eût rempli exactement le volume du combustible. Mais eomme il n’en occupait au contraire que les parois, on voit que sa pression devait être encore plus considérable, dans une proportion qu’il est d’ailleurs impossible de préciser. M. de Marsilly a également reeonnu qu’une pression de cinq atmosphères exercée sur la surfoce de la houille n’empêche pas le dégagement du grisou, bien qu’il y ait lieu de croire quelle en ralentit l’activité.
On voit également que l’inondation d’étages inférieurs, quoique diminuant probablement les écoulements gazeux, ne saurait leur opposer un obstacle absolu. Le gaz se dégage alors en bulles à travers l’eau et forme parfois des brouillards tumultueux. Dans le lit de la Susquehanna, près de Wilkesbarre, en Pensylvanie, se trouve au-dessus d’un gîte d’anthracite un abondant dégagement de grisou qui, depuis de nombreuses années, n’a cessé de produire en cet endroit un fort bouillonnement *. Combes a signalé également un soufflard de grisou qui s’est frayé pendant fort longtemps un passage, à Firminy, à travers une colonne d’eau de 12 mètres de hauteur^.
M. Renier-Malherbe cite* les forages de trous de mines d’où le grisou s’échappait avec un bruit qui rappelait la décharge d’une chaudière à vapeur. Sa pression semble, du reste, d’une manière générale, croître avec la profondeur®. On en a constaté dans le flénu qui atteignait le chiffre formidable de 16 atmosphères®.
Cette tension du gaz dans les pores de la houille tient à la fois, d’une part aux conditions contemporaines de sa formation, et en outre avec pressions subies intérieurement par le gîte de la part des terrains superposés. Le premier ensemble de