Remer-’Hallierbe, Du Grisou, p
5. Devaux, Annales des travaux publics en Belgique, t. XXIII, 1866.
6. Cornet, Bulletin de l’Académie royale de Belgique, 2« série, t. XVIII, mai 1879. — Compte rendu mensuel, juillet 1879, p. 165.
COÎIUUSTIBLIiS MINÉRAUX.
causes a dû ayir d’une manière assez uniforme, au moins dans un même gîte. Toutefois d’une formation à l’autre on observe des différences générales. Il est reconnu par e.vemple que les charbons gras à coke ou à gaz sont ordinairement les plus riches en grisou, et les anlltracites beaucoup moins, bien que celles de Peusylvanic par exemple et de Graissessac-oucst en renferment fréquemment.
Mais l’influence des couches supérieures s’est au contraire exercée de la manière la plus variable. Suivant que le toit s’est trouvé étanche ou perméable, suivant qu’il est resté intact ou qu’il a été fissuré par les soulèvements successifs, le gaz a dû rester emprisonné ou s’écouler depuis longtemps au dehors.
Parfois cette déperdition aura eu lieu à l’air libre. D’autres fois il y a ou un simple extravasement du gaz dans un toit poreux qui en est resté imprégné. Il arrive en effet que certains ouvrages au rocher dégagent du grisou et occasionnent des accidents tout comme le combustible lui-même. D’autres fois enfin des cavités naturelles, très habituellement des failles, ont reçu ces dépôts funestes auxquels on donne le nom de sacs de grisou.
Ces gisements gazeux se trouvent de préférence au toit. Cependant le mur luimême peut s’en trouver rempli, ce qui place alors l’exploitation dans des conditions encore plus fâcheuses.
Suivant M. Devaux, les sacs de grisou se trouvent surtout aux croclions et aux changements brusques de pente. Leur peu de volume les expose parfois à être manqués par les sondages dont on fait précéder les avancements suspects.
Certains grès contiennent assez do gaz pour déterminer l’éboulement dos parois non muraillées dans les puits. Le grisou peut même se répandre jusqu’à la surface de la terre. A Liège, en 1857 et en 1859, la température du sol s’est élevée sur un certain point jusqu’à 50 degrés par une combustion lente du grisou L
On appelle soufflard une sorte de fontaine de gaz dont la durée, parfois éphémère, peut aussi se compter par mois et par années. A Wellesweiler (Sarrebruck), un certain soufflard a duré pendant une cinquantaine d’années®. On en a même, à diverses époques, capté pour l’éclairage, et .lars cite dans le siècle dernier un phare de la côte de Whitehaveu qui était alimenté par le grisou des mines Le village de Fredonia, près de Buffalo, était vers 1830 éclairé par une source de gaz provenant d’une couche de houille*. George Stephenson, de 1831 à 1835, a éclairé la surface de la mine de Wilmington avec le gaz d’un soufflard capté dans l’intérieur®. On voit encore en Angleterre des exemples analogues.
On admet unanimement que la majeure partie du gaz renfermé dans le massif s’écoule dans les premiers moments qui suivent la mise à vif des surfaces; qu’au bout de quelques heures, au premier effet produit succède un régime moins abondant qui se prolonge en diminuant progressivement pendant un temps plus ou moins long, au bout duquel le dégagement d’une masse convenablement dénudée est absolument terminé. On a remarqué, par exemple, que certains traçages très grisouteux sont suivis de périodes de dépilage qui ne donnent plus de gaz®. De