Soulary. Annales des mines. 7’ série, I. XI. p
408 ENCVCLOPÉDIE CHIMIQUE.
même on observe souvent au moment de l’abatage un allongement souterrain de la flamme des lampes qui doit porter alors à beaucoup de prudence dans cette opération. Parfois la durée de la seconde période est très courte. M. de Marsilly a en effet constaté que certains charbons qui, exposés pendant douze heures sous une cloche, y dégageaient une atmosphère très inflammable, ne donnaient plus rien à froid après plusieurs jours d’exposition à l’air h D’autres fois, elle est beaucou]) plus longue, comme le prouvent par exemple les dégagements de gaz explosible qui se produisent dans les soutes des navires. Les industriels savent également très bien que certaines houilles perdent, par l’exposition à l’air, une partie de leur pouvoir calorifique. M. Bishof a constaté, par e.xemple®, qu’un tas de lignite do 9”, 50 de hauteur, laissé à l’air pendant cinq ans, avait perdu 12,5 pour 100 de son pouvoir calorifique.
De plus, sa composition s’était modifiée de la manière suivante :
Carbone.
IlYdroffène.
Oxygène.
Cendres.
Composition primitive.
en haut. . .
Composition modifiée |
au milieu. .
en bas . . .
Lorsque tout dégagement a cessé à froid, il peut encore, la plupart du temps, se continuer sous l’influence de la chaleur. Une température de 100“ n’est pas même suffisante pour tout extraire et on retire encore des matières volatiles à 200 et 500“ =. M. de Marsilly a vu cependant des combustibles perdre à froid en plusieurs mois tout leur gaz, et n’en plus donner ensuite, même à une température de 300“ \
L’altération ainsi subie est du reste assez profonde, car le principe gras qui sert à coller le coke se détruit en même temps. Les exploitants connaissent, en effet, l’importance qu’il y a à ne pas laisser trop longtemps certains charbons exposes sur les haldes avant la carbonisation. Cet effet est très marqué : par exemple, à Commenlry, .M. Fayol “ a constaté qu’en perdant son pouvoir d’agglomération, le combustible fixe de l’oxygène avec dégagement de chaleur et augmentation de poids qui peut atteindre 20 pour 100 quand le charbon est divisé. La faculté d’agglomération disparaît entièrement au bout de deux jours dans l’air chauffé à 150“, et d’un seul jour si la température est de 200“ ; mais il subsiste encore en partie après un séjour d’un mois dans l’eau d’une chaudière maintenue à 150“.
On peut aider également la sortie du gaz, non plus par la chaleur, mais par l’influence du vide. MM. Half et Clark ont fait dans le Lancashire l’expérience suivante : ils ont pratiqué dans la houille un trou de mine, de manière à le faire parcourir par un piston, et ils ont installé un manomètre indiquant la pression dans ce tube. En tirant le piston, on déterminait un dégagement gazeux qui réta= blissait presque instantanément la pression. Si alors on repoussait le piston dans