‹ Encyclopédie chimique. Tome II.- Métalloïdes. Complément 1ère partieChapitre 19 sur 184 · Tourbe grise, mêlée de sable en grande proportion · texte numérisé non relu

Tourbe grise, mêlée de sable en grande proportion

Le tout est porté par les sables argileux des lignites.

La tourbe de la vallée de l’Ourcq est assez abondante pour avoir déterminé une exploitation régulière continue. De même, la vallée de l’Epte est largement dotée. Dans les marais de Bertel, la tourbe occupe encore 20 hectares.

D’après Graves, les plantes qui entrent dans la composition habituelle des tourbes de l’Oise appartiennent surtout aux familles des mousses, des cypéracées, des équisétacées, etc. « On distingue aisément, dit-il, dans les tourbes imparfaites, des

restes de Sphagnum, des racines de Carex, de Typlia, de Schœnus nigricans, d’Eriophorum, d'Alisma plantago, de Scirpus, de Phragmües, etc. »

Belgique. — En Belgique, les marais se trouvent principalement dans les environs d’Ath et d’Anvers, sur les bords de l’Escaut et de ses affluents, et surtout dans la pai'tie appelée Campine. Le Luxembourg en renferme aussi. Mais en Hollande, ces dépôts forment presque entièrement le sol, et même, on peut dire que c’est la formation de la tourbe qui a enlevé à la mer la plus grande étendue de ce sol ; des sondages faits à Amsterdam et dans un grand nombi’e d’autres localités, soit pour reconnaître la puissance du dépôt tourbeux, soit, le plus souvent, en creusant des puits pour avoir de l’eau potable, ont fait rencontrer plusieurs couches de tourbes superposées, et séparées par des terrains d’alluvion ; ces sondages, ainsi que la situation des couches traversées, démontrent que la tourbe s’est formée toutes les fois que les atterrissements ont atteint une hauteur suffisante pour que la végétation ne fût pas immergée trop profondément.

Italie. — En Italie, il y a de la tourbe dans les provinces de Suse, d’Ivrée et de Novare. La plus remarquable de toutes est celle de Saint-Martin-Perosa, province d’Ivrée, qui a une étendue de 3800 hectares et une épaisseur de 3 à 9 mètres. Une autre tourbière également importante existe à Staffarda.

Le sol de la plupart des provinces du Piémont renferme aussi, sur une assez vaste étendue, des tourbières très épaisses et d’une nature généralement ligneuse.

Les tourbières sont nombreuses en Lombardie ; à Crémone, Angera, Isée, Varèse; elles occupent une surface de J 00 kilomètres carrés environ.

Danemark. — Pour le Danemark, c’est surtout dans les parties nord et nord-est du Jutland que l’on rencontre de grandes tourbières.

Les tourbières des duchés de Schlewig-Holstein et de Lauenbourg sont très nombreuses, mais beaucoup moins vastes que celles du Gusland.

Les îles sont riches en tourbières. Elles se trouvent à la partie occidentale, en Schëland, au centre de l’île de Fioure, dans la partie est de Pile de Falster.

La superficie totale des tourbières du Danemark est de 35 milles carrés, c’està-dire 1/99 de l’étendue du royaume. La superficie des lacs, dans un grand nombre desquels la formation tourbeuse se combine, est de 15 milles carrés. Les prairies tourbeuses sont très nombreuses ; elles forment une superficie de 27 milles carrés.

Entre Aalborg et Hiarring, se trouve la grande Wildmasen (tourbière sauvage); cette tourbière n’est éloignée de Oolbourg que de 1 mille 3/4 et présente une superficie de 112 266. Deux rivières la traversent: le Leinholm, dans la partie est; la By, au nord ; des prairies inondées et des fonds mouvants entourent cette tourbière, dont l’intérieur est impraticable et inconnu; au-dessus séjourne un brouillard continuel.

Le professeur Stenstrup a étudié en 1837 le Wildmosen. On rencontre à sa surface les sphagnums détachés et assez courts, encore frais et non décomposés ; aussi la masse est-elle difficile à creuser. Cette première couche où le travail de 1 ulmification n’est pas encore commencé, est de plus d’un mètre. Au-dessous de cette première couche, il s’en trouve une deuxième de 35 centimètres, formant une masse spongieuse, brrme, composée essentiellement de sphaignes; puis vient la tourbe limoneuse, qui atteint de très grandes profondeurs; au-dessous de cette deuxième couche, se trouve une masse d’eau sur laquelle elle repose. Au fond de

cette eau, se trouve une tourbe limoneuse, brune, très fine, provenant de débris de sphagnums constituant les couches supérieures. Le fond est ferme et onctueux, et donne une tourbe de très bonne qualité ; l’épaisseur est variable, suivant les points, de 2 à 3 mètres.

Au-dessous de cette tourbe brune, entre elle et le sol sur lequel repose la Wildmasen, on trouve une couche de joncées et de feuilles de 55 centimètres d’épaisseur.

Le fond est formé par des sables marins. La mer a séjourné dans les lieux occupés aujourd’hui par cette tourbière, et antérieurement à cette inondation, le pays étant couvert de forêts de bouleaux, car on rencontre une grande quantité de troncs de ces arbres dans la position verticale dans laquelle ils ont végété ; une grande partie de la surface est couverte de bruyères, interrompues par des amas de roseaux et d’ériopharum ; dans ces derniers et dans les bruyères se trouvent des buttes noirâtres formées par les sphagnums en décomposition.

Bavière. — La Bavière est riche en tourbe. Les rivages allemands de la Baltique sont aussi couverts de grands dépôts de tourbe. Le Mecklembourg, le Hanovre, le Brunswick et le nord de la Prusse ont la majeure partie de leur territoire formée par les puissants marais tourbeux qui se trouvent aux embouchures des fleuves et sur leurs bords.

Autriche. — Sur les frontières de la Bohême se trouvent les tourbières de Fichtelgebirge, près de la source du Mein. Leur élévation au-dessus du niveau do la mer est de 950 mètres ; leur profondeur varie de 2“', 50 à 5'”,50. Elles reposent sur un lit d’argile blanche ou de débris granitiques.

L’Autriche et la Bohême renferment d’immenses marais tourbeux. La Hongrie en a au pied des Karpathes . Enfin, les plus importants sont dans les vallées du Danube et de ses affluents.

Russie. — Les gisements tourbeux de la Russie sont gigantesques; par exemple sur les bords de la Néva, des lacs Ladoga, Onega, Peypus, Biels et autres, sur les côtes du golfe de Finlande.

Iles Britanniques. — Il y a beaucoup de tourbe en Angleterre. En Irlande, les dépôts tourbeux atteignent une puissance déplus de 15 mètres ; dans quelques-uns même, les sondages n’ont pas indiqué le fond. Le septième au moins de l’île est formé de tourbières.

Les marais de cette région appartiennent à la formation immergée. En Écosse, aux îles Hébrides et Feroë, la tourbe couvre aussi de vastes étendues.

En Écosse, Boué a distingué^, à l’exemple de Macculoch, outre les tourbes de lacs, des tourbes de montagnes ou de lieux peu humides, des tourbes de lieux fort humides ou légèrement marécageux, des tourbes de forêts, des tourbes des bords de la mer, et des tourbes produites par des matières semblables plus ou moins délayées dans l’eau et accumulées çà et là dans des creux.

Les tourbes de montagnes, ou celles qu’on trouve sur le sommet des montagnes, ou dans les lieux montagneux où l’écoulement des eaux a lieu, sont peu compactes et n’ont guère an delà de 50 à 60 centimètres d’épaisseur, et plus souvent beaucoup moins. Cette variété n’est pas estimée comme combustible et couvre la plupart des bruyères de l’Écosse, comme par exemple, une partie de celles du Peebleshire, où l’on rencontre aussi des tourbes marécageuses.

Page 1