Essai ÿéologtquc sur t’Écossc, p
Les plantes qui les forment sont peu nombreuses, car les principales sont Erica cinerea, E. vulgaris, E. tetralix, Mtjrica gale, Empetrum nigrum, Arbutus uvaursi, Yaccinium vitis-idœa, Jiiniperus communis, Polytrichum commune, Lycopodium clavatum. Lichen rangeferinus, Nardus stricta, Scirpus cœspitosus, Juncus squarrosus, et'quelques autres graminées et cypéracées moins abondantes des genres Aira, Agrostis, Carex, ainsi que quelques mousses et quelques lichens.
Les tourbes des lieux fort humides ou légèrement marécageux, se rapprochent de celles des bords des lacs et varient extrêmement suivant leur position, leur plus ou moins grande abondance d’eau et les saisons ; quelquefois elles sont noirâtres, peu consistantes, d’autres fois compactes et présentent la texture des fibres des végétaux ; on les rencontre à des hauteurs très différentes, et ce sont elles qui couvrent à l’ordinaire les cols bas ou les portions peu élevées des montagnes, comme par exemple l’espèce de dos arrondi qui est au sud du sommet du mont Lomond, et elles remplissent aussi le fond d’un grand nombre de vallons alpins et de tant de ces échancrures qui se trouvent sous le sommet de tant de montagnes écossaises, comme dans les monts Venue et Lomond et sur plusieurs montagnes de l’île d’Arran. Le Sphagnum est encore la principale plante qui forme cette espèce de tourbe, et l’on peut facilement suivre les différentes couches plus ou moins anciennes de ce végétal, dont la partie vivante doit toujours être soigneusement replacée dans les vides faits par l’exploitation, si l’on veut qu’ils se remplissent promptement de nouveau. Les autres plantes qui concourent, en Écosse, à la formation de cette espèce de tourbe sont Erica vulgaris, E. tetralix, Myrica gale, Yaccinium oxycoccos, Eriopliorum polystachium, E. vaginatum, Earthecium ossifragum; plusieurs cypéracées des genres Juncus, Schœnus, Scirpus, Carex, en particulier les Schænus albus, S. cœspitosus, etc.; plusieurs graminées, en particulier dira aquatica, A. cœpistosa, Festuca fluitans, Phalaris arundinacea ; Trigloehin palustris, Pedicularis palustris, P. sylvatica, Orchis maculata, O conopsœa, Caltha palustris, Hydrocoiyle vulgaris, Anagallis tenella, Comarum palustre, Pinguicula vulgaris, Drosera longifolia, D. anglica, D. rotundifolia, etc. La décomposition de matières animales paraît y produire quelquefois une petite quantité d’acide phosphorique qui se combine ensuite avec l’oxyde de fer.
Les tourbes des forêts varient extrêmement suivant la quantité des plantes qui ont servi à les produire et suivant les autres circonstances accidentelles de leur position ; elles sont formées par la décomposition de plusieurs des plantes précédentes, de beaucoup de mousses et de lichens, des feuilles et des petites branches des arbres les plus communs de l’Écosse, tels que le chêne, le pin, l’aulne, le bouleau et d’autres arbres moins ordinaires, comme l’aune, le frêne, le noisetier et différentes espèces de saules; cette variété de tourbière est assez abondante en Écosse, sur le flanc des montagnes, par exemple dans le district de Braemar, dans les environs de Fraserburgh, dans le comté d’Aberdeen et ailleurs : elle est recouverte maintenant de bruyères et renferme un grand nombre de troncs d’arbres, coupés par la main des hommes ou tombés naturellement, et souvent ils sont d’une grosseur que l’on ne trouve que rarement dans les forêts écossaises actuellement existantes, parce que des causes politiques ont fait couper trop de bois à la fois, de manière qu’à présent les bouquets d’arbres n’ont pas l’abri qu’ils avaient autrefois et qui les garantissait des vents régnants de l’ouest et du nord.
C’est aussi dans ce genre de tourbières, qui approche le plus de certains dépôts de lignite, qu'on a trouvé des restes de mammifères qui habitaient autrefois ou qui existent encore maintenant en Écosse, ainsi que différents produits de la main des hommes, tels que des chaussures de bois, des instruments, etc.
Les tourbes des bords de la mer n’y occupent que de petites étendues et se forment quelquefois par la décomposition des plantes croissant dans les marais salants ou sur les bords marécageux des plages ; les principales d’entre elles sont la Glaux maritima, lejuncus maritimus, l'Aster trifolium, le Schœnus mariscus, l’irenaria pepîoïdes, les Scirpius holoschænus, maritimus et triqueter, la Matricaria maritima, le Statice armeria, l’Artemisia maritima, le Bunias cakïle, le Chenopodium maritimum, la Salicornia herbacea.
Sur les côtes du nord de l’Écosse, il y en a de. ce genre qui alternent avec des sables, des marnes et des dépôts boueux, et surtout au fond des baies qui reçoivent un torrent, comme à West-Tarbel et dans l’île d’Isla, et Maccullocli croit que la tourbe de cette dernière île, qui est au-dessous du sol d’alluvion, entre les baies de Greinard et de Loch-en-Daal, doit son origine à cette cause.
Dans l’île de North-Uist et ailleurs, le même géologue a cru observer une tourbe qu’il soupçonne dériver de la destruction des plantes qui vivent sur les rivages sablonneux; telles sont le Triticum junceum, VElijmus arenaria, le Carex arenaria, le Galium verum, le Trifolium repens, etc. Mais de toutes les plantes maritimes, la Zostera marina est la plus utile pour retenir par ses longues fouilles et ses gazons sous-marins le sable et la boue, et former ainsi les dépôts d’alluvion mêlés de parties tourbeuses qui forcent la mer à reculer peu à peu.
Les tourbes formées par des matières tourbeuses accumulées par un filet d'eau douce sont d’une étendue très limitée, et on peut y faire rentrer celles que lestorrents brunâtres ou jaunâtres du nord de l’Écosse doivent produire au fond de plusieurs lacs et de plusieurs baies, en y déposant leurs matières végétales et terreuses.
La mer ne cesse de ronger les rivages des Shetland, des Orcades et des Hébrides, et en général toute la côte occidentale; et en même temps qu’elle est occupée à détruire, ses mouvements repoussent, sur quelques points des côtes, les matières d’alluvion qui se trouvent mêlées de coquillages marins : c’est ce qui arrive, par exemple, dans l’île d’.ârran, entre Sliddery et Bennanhead, où ces plages sablonneuses se couvrent de lichens, puis Y Anthémis maritima, le Ligusticum scoticum, la Pulmonaria maritima viennent à s’y attacher, et peu à peu le sable devient un terrain propre à la culture.
Amérique du Nord. — L’Amérique septentrionale renferme des tourbières immenses. Les bords des grands lacs Michigan, Erié, Ontario, les immenses prairies tremblantes des Osages, celles qui se trouvent sur les bords du fleuve d’Hudson, de l’Ohio, du Missouri, de l’Illinois , à leurs embouchures, les marais qu’ils traversent, près de la Nouvelle-Orléans, ainsi que sur les bords des fleuves des côtes de l’est, aux environs de New-York, renferment des gîtes d’une grande profondeur.
Groënland. — Au Groënland, les habitants trouveraient une richesse dans 1 exploitation de la houille ou plus exactement du lignite. Ils en brûlent quelque peu, mais ils se chauffent avec leurs lampes alimentées par l’huile de poisson, qu ils brûlent dans des vases en pierre, ayant de la tourbe sèche pour mèche.