‹ Encyclopédie chimique. Tome II.- Métalloïdes. Complément 1ère partieChapitre 35 sur 184 · Craie (épaisseur inconnue · texte numérisé non relu

Craie (épaisseur inconnue

Aisne. — Les lignites du département de l’Aisne se trouvent dans les vallées de la Marne, de l’Aisne, de la Lette, de l’Oise et leurs dernières traces sont à 8 kilomètres à l’ouest de Saint-Quentin. D’Archiac* a signalé 75 exploitations de lignites ou cendrières, dont 47 avaient lieu à ciel ouvert et immédiatement sous le diluvium ou dépôt de cailloux roulés des vallées. Parfois le lignite est recouvert par des

1. Mémoires de la Société géologique de France, t. V, p. 280.

bancs de grès très fossilifères comme à ürcel et qui renierment toute une faune où dominent Cyrena cuneiformis (Férussac), Cardium porulomm (Lamarck), Gérithes, Nucules et Pétoncles.

Dans la commune de Bourg, arrondissement de Laon, se trouve par exemple une mine de lignite, en deux gîtes qui ont ensemble une épaisseur de 1"‘,55 et qu’on exploite à ciel ouvert ; il est consommé dans l’usine vitriolique de Bourg.

Au centre de la forêt de Laon on trouve un petit lambeau de formation lacustre dont la stratification est très bouleversée, et les couches relevées presque verticalement sur le flanc nord, du vallon, comme les calcaires de la craie qui les supportent. On y trouve une couche d’argile schisteuse, noire, contenant de petites couches de lignite. Ce combustible a été l’objet de recherches actives à la fin du siècle dernier et ces recherches ont été reprises postérieurement. La couche d’argile charbonneuse paraît assez régulière et l’on y a trouvé, à diverses hauteurs, de petites couches ou du moins des amas de lignite; celui-ci est quelquefois pur et de bonne qualité, mais le plus souvent ce n’est qu’une argile imprégnée de charbon et de bitume, dans la proportion de 30 ou 40 pour 100.

Yonne. — A Dixmont, le lignite se présente sous les trois formes de bois bruni, de jayet et de terre d’ombre. Sous la terre végétale et sous les sables quartzeux

Fig. 24. — Gîte de lignites de Dixmont (Yonne). — Q. Quaternaire. — S. Sable blanc avec filets ligniteux l. — L. Lignite.

qu’elle recouvre, on rencontre une accumulation de combustible dont les dimensions ne sont pas connues, mais qu’on a pu retrouver à plus de 10 kilomètres de distance et percer verticalement sur une cinquantaine de mètres (fig. 24).

J’ai visité un front d’exploitation qui a 15 mètres de hauteur verticale et j’ai

COMBÜSTI&LES MNÉRAUX. 95

parcouru une galerie horizontale de 40 mètres de long*. La paroi de la carrière présente un aspect tout à fait étrange ; car le bois fossile ne paraît y observer aucune disposition régulière. C’est un enchevêtrement indescriptible de gros troncs d’arbres ayant souvent 40 centimètres de diamètre et 3 mètres de long, jetés pêle-mêle, tordus les uns par les autres et souvent brisés, de façon à exposer de face au regard le faisceau de leurs fibres disjointes.

Ce gisement est connu depuis fort longtemps, car avant 1789, les moines habitant l’abbaye de l’Enfourchure de Grammont avaient commencé des recherches dans un but industriel. Neuf années plus tard, une grande tranchée fut ouverte dans le dépôt, par des spéculateurs qui procédèrent à une extraction considérable. De 1856 à 1848, des tentatives furent renouvelées. Dans un ouvrage publié en 1855®, M. V. Raulin décrit l’état des lieux : « Alors, dit-il, on montait du fond de la vallée, d’envii-on 10 mètres, par un chemin creusé dans les éboulis de sable argileux jaune à silex et entamant la craie au sommet ; on continuait horizontalement et on apercevait à gauche, c'est-à-dire à l’ouest, la masse de lignite. Pour y arriver on passait d’abord sur des sables gris et un petit amas de lignite, puis on rencontrait de nouveaux sables quartzeux et siliceux très blancs, tantôt purs et tantôt argileux sans traces de bois ; au-dessus se trouvait le lignite dont la ligne de jonction paraissait inclinée de 43 degrés. 11 était mis à découvert sur 12 mètres de hauteur et ne présentait aucune alternance de sable. , C’est une masse brune, friable, humide, plus ou moins terreuse, dont la richesse en charbon, toujours très grande, varie cependant d’un point à l’autre. » Rien d’essentiel n’est changé aujourd’hui à cette disposition.

Ardèche. — Les couches de lignite de la craie chloritée renferment dans plusieurs localités, entre autres à Saint-Julien de Peyrolas, à Counam, au Pin et à Sogriès, commune de Vaguas (Ardèche), etc., une substance noire, fibreuse, légère, très friable et tachant les doigts, qui a la plus grande analogie avec le charbon résultant de la calcination de certains bois à tissu lâche et poreux, comme ceux du saule et du fusain. La ressemblance est si frappante qu’on pourrait croire, en voyant ces produits carbonisés détachés de leur gangue, qu’ils ont été récemment obtenus. Ces débris charbonneux sont disséminés sous forme de petits fragments anguleux dans le lignite compact, ou dans les schistes bitumineux qui l’accompagnent et au milieu desquels ils constituent même quelquefois des zones en forme de brèche, comme pourraient le faire les fragments brisés qu’on trouve sur les anciennes charbonnières.

Savoie. — Aux environs de Chambéry, se trouvent des couches de lignites exploitées à Sonnaz et à la Motte. Ces lignites ressemblent pour l’aspect à ceux de la Tour-du-Pin ; mais ils en sont bien distincts au point de vue géologique. Les végétaux et les mollusques terrestres ou fluviales qu’ils, renferment, paraissent appartenir à des espèces qui vivent encore dans le pays; on y trouve aussi des élytres d’insectes, qm se rapportent toutes à des genres indigènes, mais qui, ce¬

t. Stanislas Meunier. Im Nature, t. II de 1882, p. 573.

Page 1