‹ Encyclopédie chimique. Tome II.- Métalloïdes. Complément 1ère partieChapitre 63 sur 184 · Abhandlung der Steinkohlerij p. 68 et · texte numérisé non relu

Abhandlung der Steinkohlerij p. 68 et

^lemoirs O f the geologcal Survey^ 1846, vol. I, p. 153.

sont couchés, étendus parallèlement aux plans des lits. Les tiges aplaties et les feuilles superposées s’y croisent dans tous les sens comme les empreintes, au toit immédiat des couches de houille.

On s’est demandé si les empreintes vues dans la houille n’y ont pas été introduites accidentellement et si elles n’entreraient que pour une partie infime dans sa composition. Dans certaines houilles, on peut remarquer au contraire qu’elles forment la masse prépondérante du charbon, ce qu’on voit nettement lorsque cette houille devient un peu schisteuse.

Ainsi ce sont les écorces et les feuilles qui forment en plus ou moins grande partie la houille normale que déprécient les débris ligneux presque toujours putréfiés, et il n’y a pas lieu dé s’en étonner, un grand nombre de végétaux houillers ayant poussé principalement en écorce.

Les écorces de Lepidodendron, de Sigillaria, de Calamites et de Calamodendron, simples et régulièrement aplaties, produisent une houille admirablement stratifiée que lamellent aussi bien les Tulcacoptères que les feuilles de Cordaïtes. Sous ce rapport, les houilles du Lower-Coal-measures du Lancashire sont, de tous les charbons, ceux qui réalisent le mieux la parfaite stratification par des écorces.

Dans les houilles de Cordaïtes du centre de la France, les écorces rameuses, souvent ployées, ondulent la stratification ; mais, non plus que les rares traces ligneuses toujours couchées qu’on rencontre dans quelques houilles, ces écorces n’altèrent la stratification générale de la houille ; tout .à côté, au-dessus et audessous, il y a du charbon parfaitement rubané; les écorces, les branches et les rameaux entremêlés aux feuilles sont superposés ou séparés par de légères interpositions de houille amorphe; au Clos-Maquet, à Saint-Chamond, une houille pareille à fortes lames verticales ondulées, est mélangée de schistes charbonneux pleins de feuilles et de menus détritus végétaux.

Seule, la houille des amas de Bézenet, de Montchanin, de la Taupe (Brassac), du Mouriné au sommet de la butte d’Avaize, de la Barge à Firming, est assez mal stratifiée ; des parties sont contusionnées par suite d’un tassement irrégulier occasionné par des nœuds de Psaronius, mais tous les débris végétaux y sont couchés les uns sur les autres parallèlement à la stratification générale qu’accusent des lits et les veines entremêlés ou encaissants de charbon feuilleté par des empreintes parallèles.

Les écorces et les feuilles se présentent et sont dispersés dans la houille normale comme les empreintes dans les schistes.

Pour M. Grand’Eury, comme pour MM. Gœppert et Geinitz, les feuilles et les écorces entrant dans la composition de la houille sont les mêmes que celles des schistes associés.

« Je crois de plus, dit-il, qu’ils s’y présentent de la même manière et qu’ils ont été accumulés par les eaux à peu près dans l’état d’aplatissement où se trouvent les écorces; car si ces dernières se fussent déposées non comprimées, on les verrait, aujourd hui que le tassement les aurait aplaties, présenter des plis et autres signes de torture, qu’elles n’offrent pas du tout ; en outre, les feuilles qui leur sont associées ne donneraient pas à l’ensemble cette structure fissile qui caractérise certaines parties de houille aussi bien que les schistes charbonneux. »

En effet, au Grêt de Roeh, on voit des empreintes ordinaires, plus ou moins

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abondantes dans des schistes noirs, arriver à former successivement, mais non simultanément, d’un lit à l’autre, des schistes charbonneux, de la houille crue et enfin des veines de bonne houille. A la Terrasse, les empreintes qui forment une couche à la Parchère, sont, les unes isolées dans des schistes, les autres agglomérées en veines de houille composées, quelques-unes, visiblement, de l’épaisseur ajoutée d’écorces et de feuilles de cordaites et de bois aplati, ces derniers faisant à peine saillie au-dessus et au-dessous. Les veines de houille résultent visiblement de la condensation des empreintes, répandues à profusion dans les schistes adjacents. Au reste, nous aurons l’occasion de décrire plus loin de nombreux passages de la houille ou schiste charbonneux.

D’un autre côté, les différents organes des plantes sont aussi souvent séparés que mélangés dans la houille, et peut-être même plus que dans les schistes charbonneux déposés, eux au moins, par des eaux courantes; c’est ce que l’on constate à Sarrebruck comme à Saint-Etienne. Les feuilles et les écorces de Cordaites sont souvent associées, mais il y a des planches de houille entièrement composées de feuilles seules, et la houille de Cordaites renferme souvent un peu de fusain. 11 y a, au contraire en llaute-Silésie, des couches de houille terne presque exclusivement formées de fusain. Alors que dans les schistes charbonneux, les frondes de fougères gisent à côté de leurs stipes, ces frondes ne s’aperçoivent pour ainsi dire, au milieu de la houille, que dans les veines terreuses ; il y a même des houilles qui se montrent entièrement formées de Stipitopteris et A' Aulacopteris, sans pinnules discernables ; on ne dit pas qu’il n’y en a point, mais on croit pouvoir avancer que le triage par les eaux a souvent séparé les frondes des Névroptéridées de leurs stipes, pendant la formation de beaucoup de houilles, sans doute parce qu’une longue macération les avait plus complètement dissociées; le fait est que les débris végétaux sont plus menus et plus délayés dans la houille que dans les roches adjacentes.

La matière végétale formant la houille est la même qui noircit les schistes et les rend plus ou moins charbonneux.

On peut croire non seulement, avec M. Goeppert, que la couleur noirâtre des schistes houillers est exclusivement due à des restes de plantes extrêmement ténus, tels que des cellules isolées, des spores, etc., mais encore à de la matière végétale apportée sous forme d’humus, comme en témoignent encore certaines argiles schisteuses noir jaunâtre. 11 existe des terres ligniteuses imprégnées d’humus, qui rendent bien compte de la dissolution et de la division dans lesquelles ont été mélangées les substances végétales des schistes noirs. Les plus foncés d’entre ceux-ci peuvent provenir de vase de marais, ceux privés de débris végétaux discernables, de vase d’étang noircie par une quasi-dissolution de matière végétale. Une eau blonde comme celle qui sort des tourbières ou des marais a suffi pour donner au limon durci la couleur sombre des schistes gris-brun.

Avec MM. Dawson et Bishhof, M. Grand’Eury croit que les matières noircissant les schistes ont été transportées, mélangées au besoin et déposées ensemble dans les aires du dépôt. On ne peut les attribuer à une distillation lente de la houille, bien que ce soit près de cette dernière que gisent le plus souvent les schistes les plus charbonneux, parce que, indépendamment des parcelles et des particules végétales qu’elles renferment dans toute la masse, ils sont uniformément pénétrés de substances charbonneuses ; ils alternent d’ailleurs avec des lits ou des veines de roches

grises ou blanches, et des barres de schistes jaunes stralilieat souvent la houille.

Jusqu’à un certain point, et quant à leur origine, les schistes noirs, par leui's matières organiques, représentent la houille, a laquelle on les voit souvent passer; les splint-coal terreux de l’Oural, compacts, à particules végétales très délayées et renfermant beaucoup de macrospores, rejoignent ces deux roches.

La houille amorphe est comme origine l’équivalent des schistes bitumineux.

De même que le boghead, les schistes bitumineux accompagnent souvent la houille à longue flamme et alternent avec les roches houillères. Ils sont non moins souvent en rapport avec les combustibles récents, par exemple à Steyerdorf, à côté du stipite, à Sarladais (Dordogne), près d’un lignite wealdien, à Manosque, au-dessus d’une série de lignites tertiaires. Ces combustibles leur sont équivalents. En effet, le lignite maigre schisteux de Manosque rappelle physiquement le schiste bitumineux. La houille de Buxières (Allier), à part des filets brillants, a le feuilleté du schiste bitumineux, la matière charbonneuse y est seulement plus concentrée; elle renferme des Stigmaria et passe à la houille. Un schiste très bitumineux du toit de la grande couche de Commentry est intermédiaire entre la houille mate de cet endroit et les schistes bitumineux d’Autun; il se rapproche de la houille de Bert, qui renferme aussi des écailles de poisson.

Ce n’est donc pas sans raison que Dufrénoy et Élie de Beaumont ont considéré les couches de schiste bitumineux comme représentant des couches de houille. Aux environs d’Autun, ils alternent avec des schistes non bitumineux ; les lits constitutifs des couches sont séparés par des colles ou des veines d’argile tout comme les lits de houille.

Il n’y a de végétaux en place dans la houille que des rhizomes interstratifiés de stigmaria.

Selon M. Grand’Eury, les écorces ne se trouvent pas dans la houille, disposées comme si les organes des plantes étaient tombés en ruine sur place, et ce que M. Dawson appelle la lamination du charbon n’est pas produit, comme il le veut, par la superposition de générations successives de troncs mous désorganisés, de feuilles tombées, de plantes herbacées et de racines, que la plus petite inondation ou même seulement les eaux de pluie auraient répandues en minces couches, parce que dans ce cas la houille serait traversée perpendiculairement ou au moins obliquement à la stratification, par des racines et des souches diverses.

Aucune des racines pivotantes qu’on observe au toit ou au mur de quelques couches n’a pénétré dans celles-ci, dans le charbon même.

Mais il y a beaucoup de Stigmaria aplatis et couchés dans les couches de charbon ; de très petits lits de houille en paraissent entièrement formés, ou plutôt ne montrent que cette forme végétale dans les nombreux joints de stratification qui séparent la houille amorphe.

A cet égard, voici les observations que M. Grand’Eury a faites récemment en Pologne et en Westphalie :

En Westphalie, à Concordia, la houille, stratifiée par des filets nerveux comme celle de Saint-Etienne, présente de minces nerfs où courent des Stigmaria pourvus de radicelles; dans la couche Zollvercin, veines ternes avec Stigmaria', dans

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