Mounthly microscopical journal, 1877, p. 20 et 2I
(jue s’ils n’avaient jamais subi le moindre charriage; ils ne peuvent certainement pas avoir voyagé très loin de leurs roches originelles et certainement pas aussi loin que la Scandinavie l’est de l’Angleterre.
Mais il n’est pas improbable que la péninsule Scandinave s’étendait alors bien plus au sud-ouest qu’à l’époque actuelle et que ses prolongements étaient composés des mêmes roches qui forment aujourd'hui sa masse.
On a voulu tirer de cette remarque des conséquences quant à la géographie de cette région carbonifère.
Dans le sud de l’Irlande, le calcaire carbonifère vers Kilkenny a une épaisseur de 2000 à 3000 pieds et une extrême pureté ; mais quand on le suit au sud-ouest du côté de Waterford et de Cork, il s’amincit et bientôt du schiste prend sa place. Plus loin vers le sud-ouest, dans le comté de Kerry, de grandes masses de grès grossier connu sous le nom de grès de Coomhoola s’associent aux schistes.
Il serait sans doute difficile de trouver un meilleur exemple d’une couche du sol qui en un point est formée de calcaire épais et pur et qui graduellement devient sableuse jusqu’à ce qu’elle contienne une grande proportion de grès.
ALLEMAGNE DU KORD
Prusse. — Le terrain houiller de l’Inde, près Eschweiler, et de la Wurm, près Aix-la-Chapelle, présente deux bassins extrêmement tourmentés, renfermant sur une grande profondeur une réserve importante de combustible, et où sont établies des exploitations dont l’origine remonte à une époque déjà ancienne. Ils sont presque en continuité avec le terrain houiller de la Belgique.
Plus loin vers l’est, et dans la même direction, après avom traversé la vallée du Rhin, on rencontre le large et riche bassin de la Rulu’ ou de Westplialie, qui, bien que déjà exploité près de Dartmund, en 1302, n’a pris une véritable importance que dans ce dernier quart de siècle.
Ce bassin, qui présente des affleurements, comprend, en général, trois étages aux ondulations parallèles, renfermant un grand nombre de couches de houille qui peuvent se grouper en trois séries. La série supérieure fournit de la bonne houille, de qualité dite bitumineuse, la série intermédiaire de la houille demi-bitumineuse. La formation houillère du hassin présente une épaisseur de 2200 mètres, ne renfermant pas moins de 117 couches, qui représentent une masse totale de 88 mètres. Près des trois quarts de ces couches ont une épaisseur qui les rend exploitables ; elles sont aujourd’hui parfaitement reconnues et déterminées par trois ou quatre caractères spéciaux qui persistent dans toute l'étendue du district. Dans ces derniers temps, de nombreux sondages à travers la formation crétacée qui recouvre le terrain houiller dans la région du nord ont démontré dans les couches l’existence de plusieurs plis venant augmenter de plus du double la richesse du bassin; suivant les estimations, cette richesse ne s’élèverait pas à moins de 59 800 000 000 de tonnes de houille.
Un autre bassin de la Prusse, et peut-être le plus riche du continent, est celui de Saarbriick, situé sur la rive gauche du Rhin, au sud de la chaîne du Hunsrück.
Le terrain houiller présente là, ainsi que le charbon qu’il renferme, une épaisseur qu’on ne trouverait pas ailleurs en Europe. Une petite portion de ce terrain, ne contenant que les couches de houille inférieures, se retrouve à l’entrée de la Bavière l’hénane, tandis que l’extrémité du bassin pénètre en France, dans le département frontière de la Moselle, ainsi que l’ont démontré un certain nombre de sondages et de puits entrepris dans cette région. Mesuré extérieurement, le bassin de Saarbrück s’étend sur une longueur d’environ 60 milles (96'‘,54) sur 20 de large (32i‘,15) ; ses assises inférieures, considérées sur la ligne qui s’étend de Bessingen à Tholei, atteignant l’énorme profondeur de 6000 mètres, il en résulte qu’une partie de la houille doit probablement rester à jamais enfouie, sans qu’on puisse l’exploiter.
Les plans et les coupes du terrain houiller, relevés avec le plus grand soin parles officiers des mines, sous la direction de MM. Nôggerath et de Deehen, indiquent que le nombre des couches ayant plus de O"", 15 est de 164, représentant une épaisseur totale de charbon de 101 mètres; sur ce nombre on en a reconnu jusqu’ici 77 exploitables, c’est-à-dire ayant plus de 0“,60, et comprenant une épaisseur totale de 72 mètres. D’après cela, on estime que la quantité de houille exploitable jusqu’à la profondeur de 625 mètres, dans les trois zones de Saarbrück, Saarlouis et Ottweiler, s’élève à 2790 millions de tonnes, chiffre qui représente à peine le dixième de la masse totale de combustible contenu dans les mêmes zones sur toute, la hauteur de la formation.
« A l’exposition universelle de 1862, dit M. W. Smith, ce bassin était admirablement représenté, et l’on n’a pas encore oublié ces magnifiques spécimens des. couches Callenborg, Schwalbach, Beust et Blücher, qui s’élevaient dans toute leur hauteur, 3 mètres, 3™, 61 et 4‘“,20, contre les murs du palais de Cromwel-Road, et montraient des échantillons du charbon dont la Prusse fait aujourd’hui une large exportation en France. Une chose digne de remarque, c’est que, contrairement à ce qui existe en Westphalio et en Belgique, la houille dite bitumineuse ou collante est fournie par les couches inférieures, tandis que plus on remonte dans la série, plus elle devient sèche ou anthraciteuse. »
Deux autres bassins intéressants au point de vue géologique, mais dont la richesse ne saurait être comparée à celle des bassins précédents, sont ceux d’Iffenbüren (district de Tecklenburg en Westphalie) et du Piesberg, près d’Osnabrück. Cinq à sept couches y ont été reconnues et exploitées sur une petite échelle.
On a trouvé en Westphalie, dans les assises de la formation wealdienne du lignite d’excellente qualité, qu’on exploite sous le nom de houille pour les besoins locaux. Ce combustible, qui est tantôt collant et tantôt anthraciteux, forme, dans les districts de Tecklenburg, Mindcn, Osnabrück, etc., des couches dont l’épaisseur varie de 0“,25 à f''',10.
Une autre région houillère de la Prusse, celle de Wettin et Lobejün, près de Halle, mérite une mention comme étant le lien qui rattache les bassins du nordouest à ceux de la Saxe. Bien qu’exploitée depuis longtemps, elle n’a pas une grande importance et figure pour un chiffre très faible dans les rapports sur la production totale.
A l’angle sud-est du territoire de la Prusse, nous rencontrons les bassins reculés de la Silésie, dont l'exploitation, comparativement à celle des autres, est encore peu développée.
Celui de la Basse-Silésie s’étend à travers les cercles.de Landshut, Waldenbürg et Glatry en Bohême, vers le sud-ouest ; celui de la Haute-Silésie occupe une partie des cercles de Ratibor, Rybnick, Pless, etc., et se développe d’un côté dans la Moravie et la Silésie autrichienne, tandis que, de l’autre, il passe par Beullien en s’étendant jusque vers Krakan. Ce dernier bassin, dont l’e-Kploitation ne remonte qu’à l’année 1784, est d’une importance qu’on n’a pas encore suffisamment appréciée.
Considéré dans son épaisseur maxima, entre Zabrze et les affleurements, il offre une masse de charbon qui n’a pas moins de 100 mètres, et qui forme des couches de 0“,7o et plus. Quant à son étendue, les cartes ne sauraient en donner une idée, car elle est difficile à délimiter, en raison du passage du terrain houiller sous les terrains de formation plus récente. Tout ce qu’on peut dire, c’est que si la masse totale de ce terrain semble avoir une épaisseur d’environ 3000 mètres, si une partie de la houille qu’il renferme se trouve probablement à des profondeurs où il n’est pas permis de l’exploiter, il n’en est moins probable. qu’il reste encore une richesse disponible qu’on peut évaluer à plus de 50 000 millions de tonnes.
Ce bassin n’a pas sans doute encore été assez étudié dans toutes ses parties, pour permettre d'aflirmer en toute certitude les évaluations qu’on fait pour l’avenir ; mais les travaux de MM. Oeyenhausen, de Carnall, de Krug de Nidda permettent d’avancer que le district des eaux supérieures de l’Oder fournira de la houille longtemps après qu’on aura brûlé la dernière tonne provenant des contrées de l’ouest de l’Angleterre.
Au point de vue du développement de la production, c’est le bassin de Westplialie qui tient la tête parmi tous ceux de la Prusse; en effet, sa position est éminemment favorable au bon marché des transports, et la vente de ses charbons a été singulièrement activée par le bas prix auquel il est possible de les vendre, et avec lequel ne peut lutter aucun des charbons du continent.
La Prusse, ainsi que le pays de Nassau et plusieurs autres régions de l’Allemagne, fournît du lignite dont la consommation est importante. Les bassins peu profonds qui renferment ce combustible appartiennent aux terrains tertiaires (généralement des grès) ; ils constituent de nombreux dépôts répandus sur .une vaste étendue de pays, et présentent une importance spéciale dans la région basse du Rhin, dans le Westerwald, dans le Wetteran, sur les rives de l’Elbe et dans, le district de la Thuringe.
Haute-Silésie. — Le bassin de la llaute-Silésie, qui se prolonge en dehors de la Prusse, en Pologne et en Autriche, occupe une grande étendue de terrain. Les couches du terrain carbonifère apparaissent quelquefois à la surface en formant des îlots séparés ; d’autres fois elles sont recouvertes par des formations postérieures. D’après les recherches géologiques faites en Pologne aussi bien qu’en Silésie, le terrain houiller se compose, sur toute son étendue, de deux étages ; l’étage inférieur (culot), qui ne contient pas de combustible minéral, du moins en couches exploitables; l’autre, plus récent, est riche en couches de houille et forme, à proprement parler, l’étage productif du terrain houiller. Cet étage peut être divisé luimême en deux parties : une zone supérieure avec des couches puissantes de houille, et une zone inférieure avec des couches plus minces.
Le terrain houiller existe dans la partie centrale de Thuringerwald, où il forme des dépôts, avec couches de houille exploitable, superposés au granit et au micaschiste et traversés par une foule de fdons de porphyre et de trapp. D’après M. Môhl* on y a trouvé de nombreux végétaux tels que Calamites approximatiis, C. cannœformis, Pecopteris arborescens, P. oreopteris, Odontopteris Schlotheimii, Annularia fertilis, Asierophyllites equiseti formis ; ces espèces sont celles de la zone des lougères ou zone supérieure de M. Geinitz. Avant la découverte de ces fossiles au Moselberg, on ne connaissait, de la région, que des plantes permiennes, ce qui avait fait mettre en doute l’existence au terrain houiller dans cette contrée.
Saxe. — Les bassins houillers de la Saxe n’ont qu’une importance locale, et bien que les travaux géologiques auxquels ils ont donné lieu de la part de MM. Naumann, Cotta, Geinitz et von Gutbier appellent sur eux un certain intérêt, néanmoins ils ne paraissent pas destinés à exercer une grande influence sur la production totale européenne.
Celui de Zwickau, dont l’exploitation remonte à une époque très ancienne, et qui s’étend sous le nouveau grès rouge, offre des ressources pour l’avenir. Sur la rive gauche de la Mulde, où il est le mieux développé, il présente neuf couches avec une épaisseur totale de houille de 29 mètres.
Les géologues saxons ont classé les houilles d’après les plantes fossiles qu’elles renferment ; ainsi dans les couches inférieures de la Silésie sont les houilles à lycopodiacées, tandis que celles de Zwickau renferment principalement des houilles à sigillariæ, dites en allemand pech-khole; au-dessus de ces dernières viennent les houilles à calamites, dont un exemple important est fourni par la couche dite Russ-Kohle, qui atteint parfois 6“, 75 ; enfin, en continuant à remonter la série, on trouve successivement la région des houilles à annulariæ, puis celle des houilles à fougères.
11 est encore deux petits bassins qui méritent une mention ; ce sont ceux de Haynichen et de Potschappel, que recommandent surtout leur position près de Dresde et le voisinage des célèbres mines de Freyberg.
La production totale de la Saxe (houille et lignite réunis) a été en 1863 de 3 366 049 tonnes. Sur ce chifl’re il y a 1 951 000 tonnes de houille proprement dite, provenant de 88 puits, employant une population de 12 000 ouvriers.
On peut juger de l’augmentation rapide de la production de la Saxe par le tableau suivant, qui ne concerne que la houille :
1790 . 6 252 tonnes.