‹ Encyclopédie chimique. Tome II.- Métalloïdes. Complément 1ère partieChapitre 91 sur 184 · Challeton de Brughat, De la Tourbe · texte numérisé non relu

Challeton de Brughat, De la Tourbe

à Lyell, chargés en 1844 d’une enquête administrative sur l’explosion de Haswell. On lit en effet dans le Philosophical Magazine de 1845; « En considérant l’étendue du feu au moment de l’explosion, il n’est pas possible d’admettre que le grisou ait été le seul combustible lui ayant fourni aliment, la poussière de charbon soulevée par la violence du courant et de la flamme, et provenant du toit, du sol et des autres parois du chantier, aura dû prendre feu et brûler, si elle a rencontré dans l’air assez d’oxygène pour favoriser la combustion. Or nous avons trouvé que la poussière adhérente aux piliers, aux boisages, et en général à toutes les parois placées en regard du lieu de l’explosion, augmentait graduellement d’épaisseur jusqu’à une certaine distance, à mesure que nous approchons du point où cette explosion avait pris naissance. Cette épaisseur était sur quelques points de un demi-pouce (0'“,0125) et sur d’autres de presque un pouce (0“,025). Bien qu’adhérente, elle était friable comme du coke et en présentait d’ailleurs l’aspect, lorsqu’on l’examinait à la loupe. En l’essayant chimiquement et en la comparant à la houille réduite en poudre, on a trouvé qu’elle avait perdu la majeure partie et quelquefois même la totalité des matières volatiles qu’elle possédait auparavant. 11 y a donc toute raison de croire que la flamme du grisou, par suite du courant qui s’est produit, a provoqué, au moyen de la poussière et de l’air même de la mine, la formation d’une grande quantité de gaz ; là où la poussière n’a pas été carbonisée, c’est que l’air a manqué. »

Depuis, et à l’occasion de nouvelles catastrophes, le rôle des poussières fut soigneusement étudié par un grand nombre de praticiens.

Ces poussières sont, naturellement, très abondantes, elles sont dus au piétinement dans les galeries de roulage, et à l’abatage de la houille dans les tailles, qui sont parfois remplies d’un nuage presque irrespirable. C’est à elles que l’on a rapporté la raalacKe des mineurs appelée mélanose charbonneuse.

La combustion des poussières peut s’observer directement en dehors même des travaux souterrains. C’est ainsi que plusieurs inventeurs ont proposé des machines motrices à poussière de charbon. De même, dans le domaine de la métallurgie, M.M. Wbelpley et Storer en Amérique, ainsi que M. Crampton à 'VVoolwich, appliquent au puddlage de longues flammes de poussière mélangée à l’air du ventilateur dans des proportions déterminées pour correspondre au maximum d’effet calorifique*. M. Petitjean, en projetant sur un feu ardent la poussière du charbon du puits Cinq- Sous, à Montceau-les-Mines, observait un effet analogue à celui de la poudre®. P. Thénard cite un cas d’inflammation provoquée par l’entrée d’un ouvrier avec une lampe à feu mise à l’intérieur d’une tonne destinée à la pulvérisation du charbon. M. Veillon a vu également se produire de petites explosions avec le broyeur du charbon^. P. Thénard a constaté que des eudiomètres, qui résistent à la détonation des gaz de l’eau, étaient brisés par une addition de poussière de charbon.

On sait que des poussières de farine, de garancine, de lycopode, de soufre, etc., présentent les mêmes dangers que les poussières du charbon.

Il est fort probable, ainsi que le fait remarquer M. Galloway, que les poussières ont autant de part que le grisou aux grands accidents des houillères. On ne saurait

t. Annales des mines, 7= série, t. VII, p. 171.

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