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MACLES PAR PÉNÉTRATIO.N

11 existe un autre mode de groupement des cristaux dans lequel deux individus, boloédriques ou bémiédriques, se pénètrent réciproquement en conservant un noyau commun. Ce phénomène, très fréquent notamment dans la pyrite, le cuivre gris, le spath fluor, etc., donne lieu aux macles par pénétration, qu’on ne doit pas confondre avec les pré(;édentes, quoiqu’il puisse cependant s’expliquer, comme les phénomènes d’hémifropie, par une rotation autour de l’un des axes de symétrie du cristal.

Si l’on suppose, par exemple, un tétraèdre tournant autour d’un axe binaire de 90“ (flg. 49), ou un cube tournant autour d’un de ses axes ternaires de 60“ (fig. 50), l’association de ces positions, supposées coexistantes, donnera lieu à une macle par pénétration.

Ces sortes de macles sont fort rares pour le diamant, au moins en ce qui concerne ses formes boloédriques : on en trouve quelques exemples dans les cristaux cubiques du Brésil, avec l'un des individus prédominants tandis que l’autre n’apparaît que par de petits pointements sur les faces du premier (fig. 51). Dans ce cas, le cube est souvent tronqué par des faces de tètrahexaèdre qui forment des biseaux plus ou moins larges sur les arêtes. Sadebeck remarque à ce sujet qu’aux extrémités de l’axe d’hémitropie les faces

tétrahexaédriques de l’un des individus tombent dans un même plan avec celles

de l’autre ce qui prouve que ces létrahexaèdres sont de la formule b^; sans

cela, en effet, les six arêtes partant de l’extrémité de l’axe seraient alternativement formées par des angles aigus et obtus.

Le même auteur cite un curieux exemple qui figure, dit-il, dans la collection Seligmann, et qu’on peut rapprocher, au point de vue théoi’ique, de la fig. 50 : c’est celui qui est représenté fig. 52 et 55, projeté sur des plans parallèle et perpendiculaire à l’axe de rotation, et dans lequel les faces du cube sont tronquées par celles de l’octaèdre et de l’iiexoctaèdre. Dans ce dernier cristal comme dans le premier, la moitié inférieure est symétrique de la moitié supérieure par rapport au plan horizontal, et il n’y a que deux positions distinctes du cube, savoir : la position initiale et la position obtenue après rotation de 60" autour de l’axe ternaire, puisque une rotation de 120“ le ramène en coïncidence. L’une est hachée sur la figure, l’autre ne l’est pas.

Toutefois, il faut noter que l’orientation non hachée envahit la calotte supérieure de l’hémisphère, avec surélévation en quelque sorte de cette calotte par rapport à celle des trois secteurs latéraux ; il en résulte, sur l’intersejction de la portion surélevée et de l’autre, des angles rentrants qui feraient penser à des macles (3, 4, 5, 6). En réalité, il n’en est rien, les faces 1 et 2 étant respectivement parallèles à 5 et 6, 3 et 4 à 7 et 8.

LE DIAMAST.

On remarquera en outre que, dans le cristal haché, il s’est produit vers le haut des faces octaédriques[a‘ qui forment angle rentrant avec les faces cubi-

Fig. 52. Fig. 53.

ques P de la porli'on du cristal non haché qui occupe la calotte. Ces faces hachées sont parallèles à la face a* qui termine la calotte, c’est-à-dire qu’elles sont perpendiculaires à l’axe commun de la macle, vertical dans la figure 52.

Si les foi’mes holoédriques donnent lieu à un petit nombre de macles de l’espèce qui nous occupe, en revanche les macles de cristaux hémiédriques sont assez fréquentes. La plus simple serait due à la macle de deux tétraèdres ordinaires (fig. 49); mais on n’en cite pas d’exemples. Les deux tétraèdres maclés ont toujours leurs sommets tronqués par les conjugués (fig. 54). Si ces tronca-

teurs acquièrent, comme c’est généralement le cas, une grande importance, le cristal prend l’aspect d’un octaèdre à arêtes creuses ou à gouttières qui se rapproche d’autant plus de l’octaèdre simple que les gouttières deviennent plus petites (fig. 55).

Les cristaux naturels montrent rarement ces gouttières purement octaédriques, et on peut presque toujours y reconnaître plus ou moins facilement des biseaux formés par des faces he.xoctaédriques (fig. 56) qui adoucissent les angles saillants et se confondent souvent un peu les unes avec les autres.

Enfin, G. Rose a trouvé sur un cristal du Brésil les faces du trapézoèdre associées à celles de l’hexoctaèdre, comme cela est représenté dans la fig. 57.

Dans les diamants de l’Afrique australe, ces sortes de cristaux sont fort rares : les octaèdres et les hexoctaèdres portent souvent, il est vrai, de nombreuses stries parallèles, mais non pas de véritables gouttières, ou du moins s’ils en possèdent, elles sont tellement irrégulières que leur explication par le phénomène des macles serait un peu forcée.

Fig. 58. Fig. 59.

Le tétraèdre, s’il est de beaucoup la forme la plus fréquente rencontrée dans les cristaux maclés par pénétration, n’est cependant point la seule ; Ch.E. Weiss cite encore deux individus dont la forme théorique est celle de deux hexalétraèdres (ou hemi-hexoctaèdres) maclés (fig. 58 et 59), et Sadebeck un cristal du musée de Berlin dans lequel le noyau est un hexoctaèdre sur lequel, dans chaque octant, sont posés des angles di’hexatétraèdre (fig. 60) : tous trois proviennent du Brésil, et leurs similaires sont d’une extrême rareté.

Je citerai enfin, en finissant, les groupements de cristaux qu’on observe, fort rarement il est vrai, et dans lesquels chaque individu, adhérent à un ou plusieurs autres, conserve cependant son individualité propre et peut être supposé accolé, avec ou sans pénétration partielle, à ses voisins immédiats ; la plupart

LE DIAMANT

sont assez confus, mais il en existe quelques-uns de fort nets dans les collections.

Fig. CO.

Le plus anciennement signalé est probablement celui dont parlent MM. Pelouze et Fremy dans leur Traité de chimie : c’est un groupe singulier de trois dodécaèdres juxtaposés en forme de trèfle qui se trouve au Muséum (fig. 61) :

depuis, Sartorius de Waltersliausen en a signalé un autre beaucoup plus curieux, car il se compose d'un groupement remarquable de cristaux hémiédriques. Ce cristal est quintuple (fig. 62), en ce sens qu’il est formé par cinq tétraèdres égaux accolés, avec une arête commune et un plan de symétrie commun.

Les arêtes de chacun d’eux sont distribuées de la façon suivante ; l’une d’elles larme l’axe commun d’accolement, l’arête opposée forme la cinquième partie

42 EKCYCLOI’ÉÜIE CHIMIQUE.

du contour total du cristal, les quatre autres, confondues deux à deux avec celles des deux tétraèdres voisins, forment les arêtes des pyramides supérieure et inférieure.

L’angle du tétraèdre étant de 70'>5Ü', l’ensemble des cinq individus doit donner un angle total de WbT X 5 soit au lieu de 360». Il est curieux de

noter que le cristal présente en effet (voir le pointillé de la figure) une fente formée par deux faces tétraédriques qui se rencontrent sous un angle mesuré par Sadebeck et trouvé par lui égal à 7»22'43". Comme cette fente était partiellement remplie en vertu de la tendance qu’ont toujours les cristaux à combler leurs vides, et que la mesure de cet angle a dû par suite être assez délicate, il est permis de croire que la différence entre l’angle observé et l’angle véritable de 7“20' qui ressort de la théorie doit être attribuée à une erreur d’observation.

Quant aux groupements confus et enchevêtrés de plusieurs cristaux incomplets et diversement orientés, ils sont assurément plus rares pour le diamant que pour beaucoup d’autres espèces minérales, mais on en rencontre cependant assez fréquemment.

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