RÉSUMÉ
Telles sont les formes cristallines connues du diamant : on peut, d’une façon générale, les ramener à trois types principaux : le type octaédrique, le type liexoctaédrique et le type cubique.
Le type octaédrique est de beaucoup le plus fréquent, surtout depuis que les gisements de l’Afrique australe, où il est prédominant, ont lancé dans la circulation des quantités relativement énormes de cette précieuse substance; il est très rarement pur et à faces polies et planes : presque toujours courbe et strié, il est en outre généralement combiné au dodécaèdre, au trioctaèdre, à l’hexoctaèdre et au tétrahexaédre, dans des cristaux holoédriques ou hémiédriques maclés par pénétration ; les macles par hémitropie sont plus rares.
Le type liexoctaédrique est moins abondant, et le plus grand nombre des cristaux qui l’affectent provient du Brésil : ils sont habituellement à faces courbes, soit simples, soit combinés avec le dodécaèdre ou le tétrahexaédre ; le Cap en fournit relativement peu, l’Inde également : on y rencontre quelques macles et surtout beaucoup de pierres hémiédriques.
Quant au cube, qui apparaît rarement même dans les troncatures des formes précédentes, il est encore plus rare comme forme dominante, et c’est le Brésil qui fournit presque tous les cristaux de cette espèce : dans ce cas, il est souvent associé à l’octaèdre, au dodécaèdre, au tétrahexaédre et à l’hexoctaèdre : presque tous les échantillons sont de forme holoédrique ; quelquefois cependant on rencontre sur les faces de petits pointements qui doivent se rattacher, ainsi que je l’ai dit plus haut, aux macles par pénétration.
L’explication de ces diverses formes, malgré sa complication apparente, est
LE DIAMAKT.
très simple, ainsi qu’on l’a vu, au point de vue géométrique; mais elle admet implicitement, surtout pour les macles par pénétration, la nature hémièdrique du diamant.
Or, riiémiédrie n'est pas seulement une abstraction géométrique : elle est en réalité une propriété physique des cristaux, et elle suppose que dans la molécule cristalline certains éléments de symétrie du réseau font défaut, ou, en d’autres termes, que la molécule et le réseau n’ont pas la même forme : c’est ainsi que dans un minéral du système cubique la molécule pourrait affecter la forme tétraédrique. Celte supposition rend assez bien compte de certains phénomènes qui sans elle seraient inexplicables, notamment de la différence d’aspect de certaines faces et de leur influence diverse sur les phénomènes thermiques ou électriques.
On admet même quelquefois que les formes véritablement hémiédriques sont toujours accompagnées de phénomènes de ce genre : dans la boracite et la blende, par exemple, les faces du tétraèdre qui se trouvent à une des e.\trèmités de l’axe ternaire sont polies et luisantes tandis que celles de l’autre extrémité sont mates ; de même les faces polies pourront être tronquées par des trioctaèdres ou des hexoctaèdres d’une certaine formule tandis que les faces mates le seront par d’autres, accusant ainsi une différence complète dans le développement des formes aux deux extrémités, différence assez analogue à celle des cristaux hémimorphes du type cité plus haut.
On peut faire remarquer encore que, dans la boracite, les phénomènes thermiques et électriques ne sont pas les mêmes aux deux bouts de l’axe ternaire, pas plus qu'ils ne le sont, pour la tourmaline, aux deux extrémités de l’axe principal, etc.
Rien de pareil n’existe dans le diamant : non seulement les tétraèdres purs manquent complètement et les tétraèdres combinés sont extrêmement rares, mais on ne trouve jamais de différence régulière et caractérisée dans les diverses faces. Aussi Sadebeck n’admet-il pas l’hémiédrie dans le diamant.
Mais aux rares exemples de cristaux tétraédriques simples viennent se joindre, il ne faut pas l’oublier, les nombreuses macles par pénétration, dont l’hypothèse de riiémiédrie rend si parfaitement compte que quelques crislallographes, avec un esprit de généralisation peut-être excessif, ont expliqué de la même manière la formation de tous les octaèdres rayés dans lesquels ils ne voient que des faces tétraédriques croisées et conjuguées. G. Rose et Sadeheck attribuent au contraire ces formes à l’accroissement par couches successives d’un noyau simple, octaédrique le plus souvent; je reviendrai plus loin sur leur système, qui rend assez bien compte de certaines particularités de la structure cristalline du diamant; mais cette théorie de l’accroissement par couches successives n’est pas du tout exclusive de l’hémiédrie, et si elle offre plus de vraisemblance pour le diamant à cause de la courbure de ses faces et des stries qui les recouvrent presque toujours, elle n’en est pas moins applicable au développement de tous les cristaux.
^ En résumé, bien qu’aucune différence dans la nature des faces cristallines Hait été observée dans les nombreux diamants bruts examinés jusqu’ici, il n’en paraît pas moins vrai que des formes tétraédriques existent soit dans des indi-
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vidus simples, soit dans des cristaux composés, et par conséquent il est assez naturel d’admettre la nature hémiédrique du diamant.