STRIES
Quelle que soit la valeur, pour la courbure, de cette explication de la formation ' du cristal par couches successives, il est certain qu’elle s’applique infiniment j mieux aux nombreuses stries qui s’observent presque continuellement à sa sur- I face et qui ont été signalées par tous les auteurs qui se sont occupés du diamant; | c’est encore à l’important mémoire de G. Rose et Sadebeck qu’il faut s’adresser ' pour en trouver la description la plus complète et la plus soignée. j
Ces stries sont souvent fort régulières et forment sur chaque face, en suivant j ses contours plus ou moins parallèlement, des dessins parfois grossiers, mais i parfois aussi très délicats. Ainsi sur l’octaèdre, qui présente le plus souvent ce ! phénomène, elles constituent une série de triangles concentriques, dont les i sommets alignés dessinent des arêtes trioctaédriques qui peuvent donner au ■ cristal, suivant l’épaisseur des couches successives et leur développement, l’apparence soit d’une macle par pénétration dedenx tétraèdres, soit d’un dodécaèdre ] rayé suivant les diagonales des grandes faces (cette espèce est très fréquente au i Brésil),soit d’un trioctaèdre.
Fig. 65.
Parfois aussi l’ensemble de ces stries forme à la surface de l’octaèdre des faces de tétrahexaèdre ou d’hexoctaèdre (fig. 64), rayées parallèlement aux arêtes de combinaison avec le solide primitif, et l’ensemble du cristal se rapprochai de la forme octaédrique courbe ; ou bien, si les courbes sont particulièreraelitî minces, elles changent très peu son apparence et ne font que dessiner à sa
LE DIAMANT
surface des hexagones symétriques concentriques d’une finesse merveilleuse (fig. do).
Les mêmes phénomènes sont beaucoup plus rares, si même ils existent, sur les faces du cube ; mais ils sont tout aussi fréquents pour les cristaux hémiédriques, dans lesquels les gouttières sont habituellement bordées de chaque côtépar des faces striées parallèlement aux arêtes de combinaison avec l’octaèdre.
Quelquefois aussi, mais plus rarement, les stries sont irrégulières et forment des dessins complexes simulant assez bien des cartes géographiques, à peu près de la même manière que sur les cristaux de fer oligiste du Vésuve ; mais un examen plus attentif y fait généralement reconnaître que l’ensemble se compose de diverses parties qui, prises isolément, sont parfaitement régulières et suivent les lois énoncées ci-dessus.