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SAILLIES, IMPRESSIONS ET CAVITÉS

Indépendamment des stries ordinaires que les cristaux naturels présentent si souvent, on trouve à leur surface des saillies ou des impressions qui offrent un tout autre caractère.

Les saillies sont assez rares: je ne parle pas, bien entendu, de celles que j’ai étudiées plus haut et qui proviennent d’un groupement régulier par pénétration ; il s’agit ici de saillies répétées, placées parallèlement les unes aux autres, et ne pouvant être attribuées à aucun titre à une cause de cette nature. Il n’cn a guère été observé jusqu’ici que sur des faces dodécaédriques en forme de petits triangles orientés suivant la petite diagonale du rhombe, ou sur des faces cubiques en forme de quadrilatères orientés suivant les diagonales du carré : encore n’en a-t-on signalé qu’un petit nombre.

Les impressions sont au contraire extrêmement fréquentes.

Fig. 67.

On peut en faire naître artificiellement en brûlant le diamant dans l’air atmosphérique; on les voit alors apparaître sur les faces octaédriques sous forme de petits triangles qui appartiennent, d’après G. Rose, à des trapézoèdres. Ces triangles ont leurs arêtes parallèles aux arêtes de l’octaèdre (fig. 66). Mais

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les cristaux naturels présentent très souvent eux-mêmes des figures analogues. (Planche I, n“‘ 1 à 4).

Les impressions les plus fréquentes se trouvent sur des faces octaédriques; elles sont presque toujours de forme triangulaire, mais orientées exactement à la façon inverse des précédentes, c’est-à-dire avec le sommet des triangles tourné vers la base de la face octaédrique et réciproquement ; elles offrent l’apparence des facettes du trioctaèdre simple ou combiné avec le dodécaèdre (fig. 67), et même de celles de l’hexoctaèdre (fig. 68); sur les faces cubiques, on trouve des impressions qui sont exactement la contre-partie des saillies citées plus haut, c’est-à-dire en forme de quadrilatères orientés suivant les dia¬

gonales (fig. 69) ; elles appartiennent souvent au trapèzoèdrc : d’après von Baumhauer, il faudrait y voir la base de petits cristaux élémentaires octaédriques dont les impressions triangulaires représenteraient au contraire les faces: quelquefois les figures peuvent former des dessins alignés, comme en a signalé G. Rose pour de jolies impressions dodécaédriques représentées par la figure 70.

Quel que soit leur développement à la surface du cristal, ces impressions pourraient bien être formées en plus ou moins grande quantité par des faces vicinales; on sait ce qu’il faut entendre par ce mot : ce sont des faces qui diffèrent très peu des faces importantes, à notation simple. Le phénomène de

LE DIAMAST.

leur production est un des plus importants et jusqu’ici l’un des moins bien expliqués de la cristallographie, et je me contenterai de signaler leur existence sans y insister plus longuement.

Gœppert,dans unlongmémoire bien connu, donne la description détaillée de plusieurs cristaux qu’il a examinés avec soin, et bien que ses conclusions soient sujettes à discussion, comme je le dirai plus tard, les observations qu’il a faites principalement au microscope n’en restent pas moins précieuses.

Il est vrai que les figures décrites et dessinées par lui ne sont pas toutes des impressions, en ce sens qu’elles ne se trouvaient pas toutes à la surface des cristaux et que beaucoup au contraire étaient contenues à l’intérieur : mais les phénomènes sont du même ordre et on peut les confondre dans une même description.

La figure 71 très grossie montre un premier exemple bien net de la manière dont ces impressions triangulaires peuvent être disposées ; en un certain point de ce cristal, Gœppert dit que sa masse paraît composée toute entière d’individus semblables superposés et pour ainsi dire imbriqués.

Fig. 72.

Ln autre diamant taillé d’un carat, représenté en grandeur naturelle et grossi (figure 72), montre des taches noires dans la plus grande desquelles se trouvent des cavités arrondies dont le fond contient plusieurs petits octaèdres, tous enveloppés par un octaèdre plus grand en partie détruit par la taille : sur tin autre point du même cristal on peut observer avec un grossissement encore plus fort d’autres impressions triangulaires en très grand nombre (fig. 73), de

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sorte qu’à l'état brut ce diamant était complètement rempli de petits cristaux.

Je donnerai encore un autre exemple tiré du même mémoire pour bien montrer la curieuse structure de certains diamants examinés au microscope:

lit, indiquant un curieux enchevêtrement de cristaux

LE DIAMANT

à facettes triangulaires microscopiques, formant des groupes divers dans chacun desquels les arêtes sont toutes bien parallèles entre elles.

Von Baumhauer a signalé également des figures d’impression triangulaires ou hexagonales que je ne reproduis pas parce qu’elles sont tout à fait analogues à plusieurs de celles que Je viens de reproduire ; en somme ces figures sont extrêmement communes, et il est difficile, dans une partie de diamants du Cap, de n’en pas trouver de nombreux exemples.

Enfin, je ne veux pas terminer ce qui concerne les impressions sans parler de l’examen attentif que fit Dufrénoy du fameux diamant VEtoile du sud, dans lequel il trouva en a (fig. 150) une cavité octaédrique assez profonde représentant d’après lui l’empreinte laissée par un cristal de diamant qui s’y serait trouvé préalablement implanté: l’intérieur de cette cavité montrait des stries octaédriques très nettes.

Mais souvent les cavités ne s’ouvrent pas à la surface de la pierre et sont complètement enveloppées par le cristal. En effet l’observation déjà citée de Brewster sur l’individu qu’il supposait formé fie plusieurs lamelles hémitropes accolées ayant amené ce célèbre savant à examiner une très grande quantité de diamants, il trouva que la plupart contenaient de petites cavités, quelquefois même en si grand nombre qu’elles empêchaient la lumière de passer au travers et que le cristal en prenait une couleur noire : il en conclut que peu de diamants en sont exempts.

B’autres fois au contraire ces cavités peuvent ne point être absolument microscopiques et se distinguer à la vue simple : Brexvster cite notamment trois petits points noirs, à peine visibles à l’œil, qu’il a trouvés dans le fameux Koh-i-noor, et qui n’étaient autre chose que des cavités irrégulières, puis quelques autres cavités qu’il a trouvées dans deux diamants plus petits accompagnant le précédent. L’existence de ces petites cavités a depuis lors été bien souvent confirmée, et on peut facilement s’en convaincre soi-même par l’examen de quelques diamants.

Quelquefois, mais le fait est beaucoup plus rare, elles sont de dimensioiTS comparables à celles du cristal lui-même : dans ce cas elles peuvent provenir d’une sorte de gêne apportée pour diverses causes à la cristallisation au moment même où elle s’effectuait, comme dans la figure 7o représentant d’après G. Rose un cristal bémimorphe qui offre à l’une des extrémités de l’axe d’hémimorpbisme des faces d’octaèdre aux arêtes entaillées tandis qu’à l’autre extrémité se trouve une concavité quadrilatérale bordée par de petites faces octaédriques. Le cristal aurait été, d’après lui, fixé sur sa base par cette cavité même, et n’aurait pu s’accroître librement dans ce sens.

On pourrait rattacher à la même cause la facette concave dodécaédrique du cristal représenté figure 76, qui le termine brusquement, ou les formes bizarres affectées par certains cristaux hémiédriques de Babia qui se terminent en pointe à une de leurs extrémités ; mais on ne peut que difficilement donner à ces anomalies le nom de cavités.

On a trouvé des spécimens encore plus curieux : Von Baumhauer cite notamment deux échantillons où des trous carrés traversent le cristal de part en

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part ; M. Roulina, à Paris, en possède un exemple semblable (Planche I, n“ 12), et il en a un autre, dans sa collection, qui montre comme un profond trait de

Fig. 75.

Fig.

scie d’un quart de millimètre d’épaisseur (n» 10). Toutes ces particularités de cristallisation sont extrêmement rares.

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