MINES DE PANNA
Le groupe des mines du nord est tout entier compris dans le Bundelkhand et connu généralement sous le nom de mines de Panna ; mais il faut distinguer les mines situées près de Panna de celles qui se trouvent dans les autres parties de la province, et dont les principales sont celles de Kamariya, Brijpur, Majgoha, Udesna, Sakeriya, Baghin, Myra, Etwa, Bargari, Saya Luchmanpur, etc.
Le gîte proprement dit du diamant, qui est un conglomérat, appartient au groupe situé à la base de la division de Rewah, dans la formation Wyndhienne supérieure, et il est désigné sous le nom de schistes de Panna. Il se rencontre en îlots non recouverts et partiellement dénudés, restes de l’ancien dépôt qui recouvrait tout le plateau. Ces mines ne paraissent pas avoir fourni de gros diamants ; mais la qualité en est bonne : leurs formes dominantes sont de simples octaèdres ou des dodécaèdres.
Panna. — Les mines qui se trouvent au nord-est de Panna ont été fréquemment visitées et décrites dans le courant de ce siècle; je vais donner tout au long la description qu’en a laissée Jacquemont, dont le remarquable talent d’observation rend les renseignements très précieux :
« La carte topographique du district des mines de diamant, par le capitaine Franklin, me dispensa, dit le célèbre naturaliste, d’en demander le chemin-
Je marchai au nord-est au travers de terres vagues et de bois misérables. Le grès se montre partout à la surface. C’est dans les fissures de ces couches que la végétation cherche un peu de terre desséchée.
Ces grès, en bancs solides et horizontaux, offrent sur une médiocre surface un grand nombre de variétés. L’oxyde de fer se joue au milieu de quelques-unes, en veines épaisses contournées bizarrement. Une structure concentrique résulte souvent de ces accidents. Ailleurs, il n’a pas pénétré la roche, qui reste d’un blanc uniforme ou d’une couleur grisâtre ou jaunâtre très claire ; il ne forme que des filons dans les fissures qui divisent ses couches. Cependant la plus commune de ces variétés, d’une teinte toujours fort claire, est mouchetée de brun ou de violet par de petits amas de ce minéral. A la loupe, ces taches brunes paraissent des sortes de géodes remplies plus ou moins complètement d’une infiltration ferrugineuse concrélionnée.
Aucune couche d’argile ne les accompagne. Là où la terre végétale manque absolument, la surface des couches, leurs enfoncements surtout, sont recouverls d’un gravier grésiforme et ferrugineux épars sur elles comme le kankar, et qui me semble êlre un débris des petits pilons qui empâtent les masses divisées d’un grand nombre de bancs. Ce gravier, ferrugineux sans être dur, se polit et s’arrondit avec une régularité remarquable. Les natifs l'appellent lalkakrou (gravier rouge).
Ce gravier se rassemble, comme le kankar, dans le lit des ruisseaux, où les eaux l’entraînent.
.Ailleurs, dans des lieux bas ou sur les pentes inférieures des monticules qui animent la surface du plateau de Panna, le lalkakrou est mêlé de terre végétale argileuse, de fragments d’argile ferrugineuse, et le sol rougeâtre et graveleux qui résulte de cette association est parsemé de grands blocs anguleux de grès blanc moucheté : beaucoup de ces blocs sont enterrés dans sa profondeur.
C’est là le gîte superficiel des diamants enveloppés d’argile ferrugineuse : ils sont mêlés aussi dans ce sol de transport.
L’exploitation de ces gîtes est des plus simples. On pioche ce sol graveleux et rougeâtre, là surtout où des blocs de grès y sont enterrés : on extrait la terre caillouteuse qui entoure ces blocs, on la touille comme du mortier, après lavoir délayée avec de l’eau en une boue liquide. On lave cette boue pour en séparer les parties les plus fines et les plus légères, l’argile, le fer terreux et la poussière de mica. On achève le lavage dans des paniers de bambou très serrés, et quand l’eau passe claire au travers, on jette le gravier ainsi nettoyé sur une aire unie où il sèche au soleil : il passe trois fois par les mains des chercheurs avant d’être rejeté.
Les natifs appellent Djila ces exploitations superficielles; elles sont très nombreuses : chacune est libre d’en ouvrir sans payer de redevance ou prime pour les diamants qu’il y peut trouver, et d’ailleurs c’est unj travail à la portée dos plus pauvres; il n’exige aucuns frais; dans la terre qu’on a extraite et lavée aujourd’hui on peut trouver un diamant demain, c’est tout à fait une loterie; olle ruine ceux qui y jouent, on ne trouve généralement que de fort petits diamants dans ces mines superficielles...
l’ouillé de la même manière, il se peut qu’en beaucoup d’autres parties du
plateau le sol, composé comme ici de lalkakrou et de débris de grès et d’argile, montre des diamants. Cependant leur présence dans ce sol de transport s’explique ici par une cause prochaine qui n’a pas encore été observée ailleurs, si ce n’est à quelques milles plus loin, au nord-est, où il existe un lambeau de brèche adamantifère bien plus considérable que celui de Panna.
L’espace où sont ouvertes les excavations profondes appelées Gahiva est beaucoup moins étendu que la surface où l’on exploite les djilas. C’est une petite tache de moins d’un mille de diamètre, à un mille et demi au nord-est de Panna.
Le sol y est ondulé, et les bancs de grès environnants sont cachés sous ces ondulations, formées de lalkakrou mêlé d’argile et semées de blocs épars. Je n'aperçois aucun trait dans la configuration du terrain qui indique que des couches nouvelles reposent au-dessous de la surface.
Les mines consistent toutes en un puits de 15 à 20 mètres de diamètre, et dont la profondeur varie do 10 à 15 mètres, selon l’épaisseur des couches qui recouvrent le conglomérat adamantifère.
Je suis descendu dans un grand nombre et j’ai dessiné leurs coupes (fig. 87).
Le sol végétal, formé, comme je l’ai dit, de gravier ferrugineux, de sable quartzeux et d’argile rougeâti’e, à la profondeur d’un mètre ou deux, est devenu plus homogène dans sa composition : ce n’est plus qu’une argile rouge terreuse, nullement endurcie. Le lalkakrou a graduellement disparu.
• Des blocs de grès arrondis, de la grosseur de la tête, ou doubles, ou triples de ce volume, se montrent bientôt enterrés dans la terre rouge, non disperses sans ordre au milieu d'elle, mais rassemblés, comme les silex dans la craie, en amas aplatis, en forme de couches courtes et interrompues. La terre rouge les empâte comme un mortier friable et remplit leurs intervalles sans adhérer à leur surface.
Ces blocs de grès sont généralement durs, et ceux qui dominent sont blancs ou très peu colorés, à grain très fin, mouchetés de brun ou de violet.
Dans l’énorme quantité de ces blocs déblayés de la profondeur du sol par les travaux des mines, j’ai vainement eberchè un fragment de roche calcaire.
Au milieu de la terre rougeâtre qui enveloppe ces blocs de grès et au-dessous de ceux-ci généralement, se trouvent, disposées comme eux des masses d’argile bigarrée de vert et de brun, fine, onctueuse, feuilletée, mais en tout sens : débris évidents de couches argileuses préexistantes, déposés là coninie les amas de blocs arénacés qui les recouvrent et alternent quelquefois avec eux.
Ces débris se sont recomposés en masses compactes et assez continues, leurs parties les plus broyées cimentant leurs fragments moins divisés. Ces amas fragmentaires d’argile bigarrée sont regardés comme un indice presque certain de l’existence de la couche adamantifère au-dessous.
Ils ne s’étendent pas horizontalement, non plus que les amas de blocs de grès; les uns et les autres forment des zones sinueuses et festonnées en grand) dont la convexité est toujours tournée en haut.
Souvent ces argiles bigarrées, fragmentaires, recouvrent immédiatement les lits de blocs de grès qui se répètent au-dessous d’elles, mais elles n’y pénètrent
LE DIAMA^'T.
pas; c’est toujours la terre rougeâtre décrite plus haut qui remplit leurs intervalles.
Après diverses alternances de ce genre, dont le terme inférieur est toujours un lit de blocs de grès, viennent des couches régulièrement stratifiées, ruhan-
Fig. 87. — Coupe d’une mine de diamants près Panna, d’après Jacquemont.
A.A'. — Couche de brèclie siliceuse qui sert de gangue au diamant.
BB'. — Couche de grès verdâtre jaspé, à grain trés-Iin, à cassure esquilleuse, de 0,‘”2à0,“5 d’épaisseur.
CC'. — Argile scliisteuse micacée bigarrée à épaisseur de 5, 4 ou S”.
DD'. — Couche de grès argileux, tabulaire ou schisteux, verdâtre ou violacé, de 0,”’2 à 0,"’5 d’épaisseur.
EE'. — Argile semblable à CC', mais moins cohérente.
FF'. — Blocs roulés de la grosseur de la tête, de grès blanc ou rougeâtre, empâtés dans une argile terreuse grossière, ferrugineuse.
tîiH. — Argiles comme C et E, participant à l’inclinaison des couches sous-jacentes et paraissant stratifiées avec elles.
J. — -Argile terreuse, semblable à celle qui enveloppe FF' et se mêlant à la surface du sol avec la terre végétale.
bées, d'argile bigarrée de vert et de brun violet, identique à celle dont on a Au les débris rassemblés au-dessus en amas flexueux.
Celte masse d’argile schisteuse, la plus superficielle des couches en place qui recouvrent la roche adamantifère, a généralement une épaisseur de 4 à 5 mètres. Sa surface est quelquefois unie et horizontale, mais elle est le plus souvent ondulée d’une manière bizarre. Sa masse offre ainsi généralement la
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forme festonnée des amas fragmentaires déposés au-dessus d’elle, et moulés sur elle.
La stratification festonnée de cette masse d'argile schisteuse est produite, le plus souvent, par une disposition semblable des couches pierreuses solides qui la supportent: mais quelquefois les strates sous-jacentes sont disposées horizontalement ; la partie inférieure de la masse argileuse déposée sur eux participe à leur stratification horizontale; puis vers sa partie moyenne, elle s’affaisse tout à coup sur elle-même, ses strates s’amincissent graduellement autour d’une ligne verticale qui représente l’axe d’un cône renversé, creusé dans sa masse; creusé, non, car tous ses strates, amincis et contournés, se terminent complètement; aucun d’eux n’est entamé, mais formé originellement à l’époque du dépôt. Disposition bizarre dont je n’entrevois aucune explication satisfaisante.
Quoi qu’il en soit des accidents de la stratification, cette argile, dans sa nature, se rapproche beaucoup de celle qui accompagne, en enduits épais, certaines couches de grès vert, à grain très fin, à cassure esqiiilleuse, que j’ai observées vers la partie moyenne des collines fle la seconde rangée, au passage de Kuttrah. Molle, onctueuse, micacée comme cette dernière, elle a exactement la même coloration. Nulle part, dans l’épaisseur de la formation des grès, si ce n’est au voisinage de ces couches de grès vert, je n’ai vu ces argiles : celles dont les couches se montrent si fréquemment à découvert sur le second plateau sont entièrement différentes.
Quelques-unes de leurs zones sont ici plus compactes, d’autres plus tendres et plus schisteuses. Généralement elles sont plus compactes dans leurs bassins inférieurs, et là elles enferment quelques lits très minces de grès argileux, schisteux, à peine plus durs qu'elles-mêmes; ces minces rubans arénacés se distinguent d’abord mal, par leur aspect et leur nature, des strates argileux auxquels ils sont subordonnés. L’argile reparaît au-dessous avec ses caractères.
Cependant, tout à fait à sa partie inférieure, se montre un banc de grès dont l’épaisseur varie, dans des excavations presque contiguës, de0"',2 à 0“,4, et qui, variable aussi dans sa dureté, me paraît cependant un terme constant dans la succession des roches qui recouvrent le conglomérat adamantifère.
Le grain de ce grès est terreux et verdâtre, comme l’argile à laquelle il doit sans doute ces apparences. Elle donne aussi à ses parties les plus compactes une disposition à se décomposer en masses rhomboïdales. 11 est moucheté de brun violet, et ces taches, pénétrant quelquefois toute la masse, lui donnent une couleur rouge sur laquelle elles se relèvent en noir : quelquefois même elles la pénètrent tout entière, l’imbibent, et lui donnent une couleur rouge presque uniforme.
Compact dans son intérieur, ce banc de grès se divise, près de l’une et de l’autre de ses surfaces, en feuillets schisteux légèrement micacés.
Je n’ai vu aucune couche analogue affleurer les pentes des deux étages de collines du premier et du second plateau au-dessus de Mirzapour et de Kuttrah- .Vu-dessous d’elle, quand elle est peu développée, reparaît l’argile schisteuse avec ses caractères; puis une autre couche bien plus compacte, totaleine“t
LE DIAMAST.
différente, conslanlc peut-être dans son existence, mais si variable dans son développement que souvent elle paraît manquer tout à fait.
C'est un banc de grès verdâtre, excessivement dur, à grain très fin, brillant comme du quartz grenu, semblable à celui qui affleure la pente moyenne des collines au-dessus de Kuttrah, jaspé comme lui de veines parallèles alternativement plus claires et plus colorées, à cassure esquilleuse. Il renferme, mais rarement, de petites masses argileuses, blanchâtres, arrondies, qui y paraissent empâtées; d’autres aplaties, encore plus rarement, qui n’emplissent pas exactement des cavités dont sa masse est parsemée. Ce n’est, pour ainsi dire, qu’un enduit argileux et nacré dont elles sont recouvertes. De très petits amas de fer oxydulé y forment çà et là des taches brillantes.
La présence de cette couche de grès vert, qui peut du reste manquer tout à fait, et son épaisseur, sont considérées comme des indices favorables de la richesse de la mine placée au-dessous.
Quand cette couche de grès vert n’a point d’existence séparée, elle me semble constamment représentée, dans la couche même du conglomérat où se trouvent les diamants, par l’abondance du ciment siliceux, brillant, verdâtre quelquefois, qui, empâtant toujours diverses parties de ce conglomérat, domine alors, presque sans mélange de fragments hétérogènes, dans la partie supérieure de la masse.
La gangue du diamant qui repose sous ces grès est un conglomérat fort hétérogène d’aspect et de composition; elle forme une couche de 0,"'5 ou 0"',4 jusqu’à 1 mètre et •1"',5 d’épaisseur (5 mètres près de Bridgepour, dit le capitaine Franklin), festonnée quelquefois comme les bancs de grès et d’argile qui la recouvrent.
Le ciment qui en lie les parties est siliceux, ferrugineux ou argileux. Cellesci sont des fragments d’argile bigarrée arrondis, de menus galets de jaspe rouge, de quartz lydien, de quartz laiteux, de grès vert, éclatant quelquefois, à peine cimenté par une argile ferrugineuse et qui tantôt semble se fondre dans le ciment siliceux du conglomérat. Ces fragments de grès vert varient dans leur couleur d’une nuance claire argentée au vert bouteille. Leur abondance est un indice de la richesse de la mine. De gros grains de quartz vitreux, éclatants, semblables à ceux qui se montrent fréquemment dans les porphyres du grès rouge, abondent dans les variétés foncées de ce grès vert, et sont également disséminés dans la pâte siliceuse ou ferrugineuse qui enveloppe tous ces débris, et il est difficile souvent de. distinguer le ciment des noyaux divers qu’il unit, quand il est de même nature qu’eux.
Les petites cavités qui ont commencé à se montrer dans la couche de grès 'ert, remplies entièrement ou partiellement d’argile, sont plus communes dans les parties siliceuses (la pâte?) de la brèche adamantifère. Elles sont pareillement tapissées ou remplies d’argile.
La communauté de ce caractère et la nature cristalline de la pâte siliceuse du conglomérat me font regarder comme pi’obable que cette couche de grès Wrt est plutôt du quartz grenu qu’une roche arénacée.
Le conglomérat renferme aussi des fragments de grès blanc, aplatis et émoussés sur leurs angles, mais jamais arrondis comme les jaspes et les lydiennes.
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Les diamants se trouvent empâtés dans le ciment argileux et ferrugineux; c’est là du moins ce que j’ai recueilli des natifs, car je n’ai pu réussir à m’en procurer un seul dans sa gangue. Il est singulier que le capitaine Franklin se taise absolument sur la manière dont ils sont enchâssés dans le conglomérat; je soupçonne qu’il n’aura pas mieux réussi que moi à les y voir, et je m'en étonne à cause du séjour qu’il a fait dans ce district. »
l.es diamants de Panna, ajoute plus loin Jacquemont, sont de forme et de couleur très diverses. Ceux d’une eau parfaitement incolore et transparente sont extrêmement rares. Les meilleurs ont généralement une légère teinte verdâtre. De toutes les formes bien déterminées qu’ils présentent, l'octaèdre primitif est la plus fréquente. Des variétés enfumées par transparence, noires comme du jaspe par réflexion, offrent en général des formes composées.
Kamarhja. — M. llacket donne sur les mines situées dans le voisinage de ce village les renseignements suivants :
La couche diamantifère, que l'on appelle kakru dans le pays, consiste en un conglomérat gréseux fait de cailloux de ^ à f pouce de diamètre, englobés dans une pâte beaucoup plus fine qui renferme aussi des boules d’argile. Le grès inférieur de Rewah s’étend sur une distance considérable au front de l’escarpement, et lu fosse était juste au bord nord de cette terrasse, à quelque 20 pieds au-dessous du sommet; elle-même avait environ 10 pieds de profondeur. A la partie supérieure de la couche diamantifère il y avait un pied d’épaisseur de grès dur et 7 pieds de la même roche mélangée avec des schistes. Un peu plus loin vers le sud-ouest, sur cette terrasse, était une vieille fosse profonde de .70 à 40 pieds, mais dont le fond était rempli d’eau, de sorte qu’on ne pouvait voir ces assises reposer immédiatement sur la couche diamantifère; il y avait cependant bien -15 à 20 pieds de schistes entre elle et le grès inférieur de Rewah; dans toutes les autres zones examinées il devait bien y avoir également 15 à 20 pieds de srhistes intermédiaires, et comme, les schistes de Panna sont ici très minces, cette position n’est pas beaucoup au-dessus des Kainurs (groupe le plus bas de la formation Wyndhienne supérieure).
A quelques centaines de yards vers le nord-est, une autre petite colline a été fouillée en tous sens par les chercheurs de diamants; à Bahupur il y a de vieilles fosses eu très grand nombre et quelques-unes assez bien conservées pour se prêter à l’examen. Elles ont environ 15 pieds de profondeur et laissent voir à la partie supérieure une sorte de grès en lits minces mais pas de schistes.
Un lit de grès fin brun, renfermant des fragments d’une roche siliceuse verte et des morceaux de schiste rouge et vert, se voyait de Bumbhen à Kissengurk; il n’est pas impossible que ce soit la continuation de la couche diamantifère ; il est vrai que les indigènes ne le travaillent pas, mais ce n’est pas une preuve que les couches ne continuent pas dans cette direction. Ainsi, il n’y a pas de fosses à Bangla, quoique les collines des environs, même du côté du nord, aient été très travaillées; il est cependant presque certain qu’à Bangla même le couche diamantifère existe encore à l’état vierge.
Birjpur (ou Brijpiir, Bridgepur). — Ces mines diffèrent notablement des précédentes : d’après M. Medlicott, Ja position et la forme du kakrou se modi-
LK DIAMANT
fieraient à l’ouest de Birjpur et prendraient l’apparence d’un lit de 2 pieds d’épaisseur d’un conglomérat gréseux reposant sur des lits épais de grés pur ; toutes les mines de cette localité sont des mines de surface.
Majgoha ou Majgama. — C’est le point le plus à l’ouest où l’on rencontre les diamants dans celte région, et leur gisement a un caractère assez particulier. Le capitaine Franklin décritces mines comme se trouvant dans un grand bassin analogue à un cône renversé, large d’une centaine de mètres et profond d’autant. Les deux tiers de ce bassin sont remplis d’une boue verte contenant une matière calcaire avec un manteau épais de tuf calcaire. Les diamants se trouvent dans la boue verte, et les natifs, qui ne peuvent guère, à cause de leur outillage imparfait, aller à plus de 50 pieds de profondeur, disent que les diamants deviennent de plus en plus abondants au fur et à mesure qu’on descend.
M. Medlicolt affirme également que ce remplissage a certainement un faciès spécial ; la structure aurait l’apparence d'un feuilleté grossier, d’un réseau de fibres de spatb calcaire enfermant des lames et de petites boules d’argile verte.
Il Dans la seule ouverture que j’ai vue, dit-il, les mineurs enlevaient l’argile jaune des crevasses que contenait cette roche; mais ils me dirent qu’à une plus grande profondeur il y avait des lits alternatifs de boue grise mélangée ou non de spatb calcaire dans lesquels on trouvait des diamants. »
11 est certainement regrettable de n’avoir pas de renseignements plus précis et plus scientifiques sur ces gisements, qui font involontairement penser à ceux de l’Afrique australe.
üdesna. — La matrice y consiste en cailloux et blocs recouverts d’une épaisseur irrégulière d'argile jaune, contenant du kunkur (?) et de la latérite ; on n’a pas besoin de la broyer, car elle se délite d elle-même dans l'eau.
Sakeritja. — M. Medlicotl dit de cette localité qu’il y a comme dans la précédente une épaisseur variable d’argile, le tiers du milieu étant du kunkur et l’inférieur de la latérite. Sous cette argile se trouve un mélange de gravier, de cailloux et de blocs arrivant jusqu’à de grandes dimensions, entre lesquels se trouve le meilleur minerai, consistant en une argile douce, onctueuse, mélangée de gravier de quartz, qu’on va rechercher par des puits profonds mais toujours situés près de la rivière. 11 y a aussi dans le voisinage, près de l’affleurement des grès de Rewah, des lavages de graviers superficiels.
Baghinou Baghe. — C’est encore au compte rendu de M. Medlicott que j’emprunte sur ces mines les renseignements suivants : A la partie supérieure de la gorge de la rivière de Daghin il y a deux chutes de 200 pieds chacune, et l’on trouve des travaux tout le long de rivière, depuis ce point jusqu’à Kalinjar. Ils consistent à enlever une douzaine de pieds de sable argileux noir brun pour arriver au lit de cailloux à la base duquel on trouve les diamants.
B’autres mines sont situées dans les environs, à Myra ou Maira, Etwa, Borgori, etc.
Sahia Lachmanpur. — Cette localité est située à 14 milles de Panna et non plus dans les États du Maharajah, mais dans le district de Banda, province du nord-ouest, appartenant aux Anglais. On y trouve les diamants sur le sommet <1 une colline appelée Bindachul, et le huitième seulement en revient au gouvernement. M. Bail fait remarquer que les mines du sud ne produisant pas au
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moment où il parle, ce huitième est le seul et unique revenu que retirent des mines de diamant les finances de l'Inde britannique.
En somme, les mines de Panna sont actuellement, de toutes les mines si délaissées de l’Inde, les plus importantes de beaucoup comme production; malheureusement les taxes fort lourdes perçues par le Rajah pour droit d’exploitation restreignent beaucoup leur développement; la régie générale est de n’accorder ce droit que moyennant le payement d’une taxe de 2o pour 100 sur les produits extraits, lorsque les diamants pèsent moins de 6 ratis ; tandis que les diamants d’un poids supérieur l'eviennent de droit au Rajah.
Malgré cet impôt considérable, les trois quarts de la population de Panna et des villages adjacents gagnent leur vie à cette occupation en travaillant pour eux-mêmes ou pour le compte des autres; il est vrai qu’ils se rattrapent sur le vol, organisé sur une vaste échelle par l’intermédiaire de courtiers qui avancent aux mineurs l’argent nécessaire pour les faire vivre, eux et leurs familles, à la condition qu’ils leur remettent leurs diamants dont ils font ensuite le commerce clandestin avec Mirzapur, Bénarès et Allahabad.
Les mines de Panna n’ont jamais, paraît-il, fourni de diamants de grosse taille ; mais il n’est pas douteux que la quantité n’en ait été très forte. Au temps d’Akbar, elles rapportaient, dit-on, huit lakhs de roupies (2 millions de francs), et constituaient une source considérable de revenu pour les souverains indigènes du Bunclelkand. En 1750, pendant le règne du Rajah Chuttersal, les droits levés à Panna et les profits directs retirés des mines s’élevèrent à 4 lacs de roupies (I million de francs). Franklin estime le revenu, de son temps, à environ 120 000 roupies, soit 250 000 francs, dont le rajah de Panna touchable quart, le reste revenant aux rajahs de Banda, Chirkhari et Jaitpur ou aux mineurs. M. Rousselet l’évaluait, en 1867, de 1 500 000 francs à 2 millions; mais M. Bail trouve cette évaluation exagérée.